Barry Gifford

  • Sailor et Lula

    Barry Gifford

    Sailor, vingt-trois ans, vient de purger deux ans dans un pénitencier pour meurtre au deuxième degré. Lula, vingt ans, l'attend à la sortie. Mais la mère de Lula, Marietta, a interdit a sa fille de revoir Sailor. Les deux jeunes gens prennent alors la route. Marietta lance a leurs trousses un étrange détective privé, Johnnie Farragut. La cavale de Sailor et Lula à travers le sud des États-Unis fera dire à la jeune fille que le monde a vraiment le coeur sauvage. Barry Gifford est un styliste à la manière de McGuane, avec le coeur de Raymond Carver. (Jim Harrison) Comme Jim Harrison, Thomas McGuane ou Richard Ford, Gifford a le sens des dialogues. Des phrases cinglantes qui vous jettent à la figure la rumeur du monde, sa détresse et ses joies fugitives. Les personnages de Gifford ne possèdent rien. Rien sauf le blues. (Bernard Geniès, Le Nouvel Observateur) «Sailor et Lula», porté à l'écran par David Lynch, a remporté la Palme d'Or au Festival de Cannes 1990.

  • Barry Gifford est un auteur connu en France de tous les amateurs de romans noirs.
    Sa notoriété est plus grande encore depuis que certains de ses héros sont devenus des personnages de cinéma, à l'instar de Sailor, Lula ou Perdita Durango. Ces chroniques de cinéma, pour la plupart écrites pour un magazine de San Francisco, Mystery Scene, sont autant de récits noirs d'une Amérique qu'il connaît bien, et qui est aussi celle de ses propres fictions. A tel point que son écriture glisse parfois sans transition de l'anecdote biographique à la scène de film, à tel point que les copains de son quartier de Chicago, les " affranchis ", peuvent à tout instant se transformer en gangsters d'Anthony Mann.
    Non décidément, le regard de Barry Gifford n'est pas celui d'un critique de cinéma, même s'il avoue d'emblée une dette imaginaire envers les Cahiers du cinéma des années 50 ; c'est davantage celui d'un spectateur intuitif qui repère la quintessence du film noir dans toutes ces histoires que raconte le cinéma. Sous sa plume, c'est toute la violence des villes américaines qui surgit, habitées de méchants inhumains, de héros tentés par le diable et rattrapés in extremis par la morale, de filles vénales, de femmes fatales, de flics corrompus, de rebelles impuissants, de ratés au coeur sensible, incarnés par les figures des plus grands acteurs américains, Humphrey Bogart (Les Passagers de la nuit), Robert Mitchum (Pendez-moi haut et court), James Cagney (Les Anges aux figures sales), Kirk Douglas (Le Champion), Edward G.
    Robinson (La Rue rouge), Ida Lupino (La Femme aux cigarettes), Barbara Stanwyck (Assurance sur la mort), Gene Tierney (Laura). Ce ne sont pas les chefs-d'oeuvre que Barry Gifford recherche au fil de ses articles, mais les films qui montrent les multiples épisodes de l'affrontement entre le bien et le mal, dont une force supérieure, un jour, a décidé que le lieu serait l'Amérique, et Hollywood le témoin.

  • "Il faut qu'on ait un plan avant demain matin. On a besoin d'une aventure, mon chou, pour révéler notre moi profond.

    - Beany, tu es complètement givrée."

    Il y a près de vingt ans, Barry Gifford révolutionnait le roman noir américain avec un livre devenu mythique, Sailor et Lula, dont David Lynch tira une mémorable adaptation. Aujourd'hui, Lula est une vieille dame. Elle décide de rendre visite à son fils Pace, qui demeure à la Nouvelle-Orléans, mais elle ne veut pas partir seule. Elle prend donc la route avec Beany, son amie de toujours. Commence alors une folle équipée, marquée par la passion, l'aventure, le drame.

    Voici revenus l'inimitable musique de Barry Gifford et ses personnages aux noms improbables, marchant vers leur destin singulier. Comme suspendus entre rêve et réalité. Tour à tour burlesque, nostalgique et poignant, L'Imagination du coeur clôt le cycle de Sailor et Lula.

  • Consuelo Whynot, 16 ans, lèche nonchalamment son esquimau à la cerise sauvage en regardant les pompiers et la police de la route extraire les corps des épaves d'un train et d'un semi-remorque.
    Prise en stop par un certain Wesley Nisbet, elle va retrouver la femme de ses rêves, venus Tishomingo, qui l'a initiée à l'art amoureux à l'âge de neuf ans. Sur la route, elle rencontrera Sailor et Lula qui profitent de leurs vacances pour se rendre à Graceland, le mausolée d'Elvis. Rude journée pour l'homme-léopard Philip Real, surnommé " L'homme-léopard " par les gens de cinéma parce qu'il a écrit et réalisé des films d'horreur pendant deux décennies, se rend à la Nouvelle-Orléans, à la recherche d'extérieurs, avec son assistant Pace Ripley.
    Pace veut lui présenter ses parents, Sailor et Lula, mais Lula est prise en otage et kidnappée par un couple de braqueurs devant la porte de l'hôtel. Le Baiser de Consuelo et Rude Journée pour L'homme-léopard concluent la saga sauvage de Sailor et Lula, les Roméo et Juliette du vingtième siècle.

  • Sinaloa story

    Barry Gifford

    En visitant un bordel/drive-in, DelRay Mudo, un mécanicien au chômage, tombe amoureux d'une prostituée mexicaine, Ava Varazo.
    Elle trouve ainsi l'opportunité de changer de vie et ils partent tous les deux pour Sinaloa, au Texas, un état " où rien de bon n'arrive jamais ". D'une beauté étourdissante, mais aussi extrêmement dangereuse, Ava entraîne DelRay dans un plan macabre : tuer Indio Desacato - dealer, maquereau, racketteur de son état - totalement fou d'Ava et qui veut faire d'elle la reine de son " harem ". Au départ, tout se déroule comme prévu.
    Mais à qui profite réellement ce plan ?

  • « J'adore L'enfer dans un linceul, c'est une nouvelle merveilleuse et délectable, un mélange de Bunuel et de cocteau. »
    Pedro Almodavar

    Gifford excelle à explorer l'imaginaire améric ain, avec ses thèmes prémonitoires : la fragilité de l'identité américaine, le pouvoir de la coïncidence et l'illusion sécuritaire.
    Contrairement à l'univers cauchemardesque, satirique et déstabilisant de ses romans des années 90, L'enfer dans un linceul suit la veine introspective et tendre de ses deux derniers livres The Phantom father et Wyoming tous les deux primés Outre-Atlantique.
    L'histoire se passe dans un petit village du sud de l'Italie, entre une demeure familiale et l'église du village. Les enfants de Béatrice, une femme d'une soixantaine d'années sont réunis autour de son cercueil. Son mari reste « l'absent », « le monstre ». Béatrice se manifeste alors tout naturellement accompagnant de ses commentaires les propos que tiennent ses filles, son fils et son « gendre ». On découvre à travers ses échanges la complexité des liens unissant les membres de cette famille depuis longtemps gangrenée
    par des rapports incestueux. Rapidement, car tout se dévoile très vite dans ce récit dégraissé, violent, cynique, on en vient à l'essentiel :les particularités sexuelles du mari de Béatrice, la hantise d'une de leurs filles, cara, qui vit avec un américain venu lui aussi veiller la morte.
    Ce texte est un conte funèbre, d'une cruauté sans merci, d'une écriture sèche, redoutablement efficace. A tout instant, on pense au film qui pourrait se dégager de ce livre.

  • - Est-ce qu'il neige dans le Wyoming ? - Oh oui ! Il y neige des tonnes.
    Il peut même y faire très froid. - Toy aurait aimé. - J'en suis certaine. - Maman, tu nous emmènes là-bas ? - Tu veux dire maintenant ? - Oui, maintenant. C'est loin ? - Très loin. Nous sommes presque en Géorgie. - Bon. Mais on pourra y aller un jour, au Wyoming? - Bien sûr, Roy, c'est promis. - On ne dira rien à personne, hein, maman ? - Non, chéri, personne ne saura où nous serons. - Et on aura un chien.
    - Pourquoi pas. - A partir de maintenant, chaque fois que ça ira mal, je penserai au Wyoming. Je m'imaginerai en train de courir avec mon chien. - C'est une bonne idée, bébé. Tout le monde a besoin du Wyoming.

  • Deux lesbiennes de choc se donnent pour mission de rééduquer au moins un homme sur cette planète avant l'effondrement de la civilisation.
    Un frère et une soeur évangélistes dirigent des églises rivales et s'affrontent dans la bataille de l'avortement. une adolescente de quatorze ans, marible lesson, correspond avec jésus et entreprend de sauver son père, mais découvre sa vraie mission quand un assassin séduisant tente de la violer. a travers plusieurs histoires, barry gifford fait une nouvelle plongée sauvage dans le sud profond, là oú se déchaînent plus que jamais les démons de l'amérique : le fanatisme religieux, le dérèglement sexuel, la discrimination raciale, le sida, la pédophilie et la pauvreté.
    Un univers oú les vertueux se lèvent et ne se contentent pas de marcher, et oú le désespoir est le seul crime impardonnable.

  • Je connais quantité d'anecdotes [.] tout aussi tragiques - portraits dévastateurs d'êtres abîmés, d'existences gâchées. J'ai toujours su écouter. L'hôtel Los Regalos de los Dios constituant une sorte de refuge pour le voyageur égaré, qui se découvre souvent des envies d'aveux, il s'est révélé une véritable mine de récits - de malheur, pour la plupart. En voici parmi les plus frappants que j'ai pu entendre, mémoriser, puis coucher sur le papier, dit Barry Gifford, l'un des meilleurs conteurs de nos temps.
    Dans Veracruz sous les étoiles, c'est un danseur de corde, entraîné « depuis l'âge de trois ans », qui présente et conclut cette série de récits situés dans les pays les plus divers - Nouvelle-Zélande, USA, France, Argentine, Honduras, Cuba. Ils mettent en scène une femme à barbe ou un unijambiste malheureux en amour (incestueux) qui se suicide : « Au lieu de danser sur la corde, il finit par danser au bout de la corde. » Des esquisses nerveuses, d'une poésie et d'une puissance d'évocation singulières. La « corde », c'est la vie que l'on explore pas à pas. Un art tragi-comique qui a été comparé à celui du classique humaniste, Le Pont du roi Saint Louis, par Thornton Wilder. Du pur Gifford.

  • Une éducation américaine

    Barry Gifford

    • 13e note
    • 4 Septembre 2010

    Une éducation américaine, c'est d'abord l'histoire de Roy, enfant de parents divorcés, qui s'entend mal avec ses beauxpères successifs et mène, très jeune, une double existence :
    Celle d'un écolier sage et celle d'un jeune adulte travaillant le samedi pour gagner un peu d'argent de poche et aider sa mère.
    Une éducation américaine, c'est aussi le destin d'un orphelin de père qui puise, dans l'amitié des garçons et dans le flirt avec les filles, la force de survivre au coeur d'un environnement violent et dangereux. Parcourant les quartiers déshérités et impitoyables du Chicago des années 50/60, à pied, à vélo, en métro ou en voiture, Roy multiplie les rencontres les plus étranges. Inlassablement, il pose des questions à ses proches : il veut comprendre pourquoi le monde est régi selon des lois absurdes. Il grandit en s'interrogeant sur la politique, la mafia, la mort.
    Une éducation américaine, c'est enfin le portrait de Chicago, ville fantasmatique où tout peut arriver.
    Dans ce livre de 68 récits organisés en deux parties (Souvenirs d'un naufrage et Histoires tristes sur la mort des rois), Gifford réinvente une langue et une époque perdues :
    Celles d'une Amérique dont il ne faut rien espérer, « ce pays [qui] ne connaît pas l'amour » selon le photographe Alfred Stieglitz. Et ce « pays » manque autant à Barry Gifford que les jardins disparus de Cordoue manquaient au Prince Faisal. Car Gifford écrit ainsi : la nostalgie au bout du stylo.

  • Rudy Winston, le père de Barry Gifford, tenait à Chicago un drugstore ouvert toute la nuit, où l'on vendait de l'alcool.
    Le samedi après-midi, son fils Barry venait regarder les danseuses du club Alabam qui répétaient dans l'immeuble voisin. Il prenait parfois son petit-déjeuner au comptoir du drugstore, trempant ses beignets dans la même tasse de café que le singe du joueur d'orgue de Barbarie. Certains jours, Barry accompagnait son père en Illinois et l'attendait dans un quelconque dîner tandis qu'il se rendait à de mystérieux rendez-vous.
    Dans les années trente et quarante, toutes les personnalités en vue de Chicago, La Nouvelle-Orléans, ou La Havane connaissaient Rudy Winston. Celui qui le connaissait le moins était son propre fils. Barry n'avait que douze ans lorsque son père mourut. Adolescent, il entendit un jour un ami lui demander : " C'est vrai que ton père était un tueur ? ". C'est à cette question qu'essaie de répondre Barry Gifford aujourd'hui, dans ce livre qui se nourrit de souvenirs épars et nous permet de comprendre pourquoi ce père fantôme a eu tant d'influence sur la vie de son fils.

  • Port tropique

    Barry Gifford

    • Rivages
    • 1 Avril 1989

    Port Tropique : une petite ville d'Amérique Centrale, un lieu de rencontre pour les aventuriers et les trafiquants d'armes, un endroit idéal pour préparer une révolution.
    Franz Hall, déchiré entre ses rêves et la réalité, évolue dans un cauchemar tropical baignant dans une atmosphère de sexe et de meurtre.

  • La cavalerie charge

    Barry Gifford

    Poèmes, notes sur le cinéma et la littérature : La cavalerie charge est un recueil sage et intime qui fait étinceler diverses facettes du talent de Barry Gifford. Sa culture cinématographique et littéraire s'exprime au fil des pages. De Marcel Proust (à qui il rend hommage dans ses «Lettres à Marcel Proust») à Francis Ford Coppola, Gifford évoque ses nombreuses influences. Ce recueil est agrémenté de dessins : des portraits de ses «héros», Nelson Algren, Albert Camus, Jack Kerouac, Jim Thompson, Muddy Waters ou Robert Mitchum.

  • Quelques années après la mort de Jack Kerouac, Barry Gifford et Lawrence Lee sont partis « sur la route » pour refaire pas à pas l'itinéraire de leur héros, du Canada à New York et de San Francisco à Big Sur.
    Amis, amants, épouses, maîtresses, poètes, voyous, célèbres ou inconnus - ils ont retrouvé et interrogé tous les protagonistes de cette odyssée spirituelle qui a secoué l'Amérique des années 1950 et 1960. Les noms de quelques-uns d'entre eux sont aujourd'hui légendaires : Allen Ginsberg, Carolyn Cassady, William Burroughs, Joyce Glassman, Gregory Corso...
    Les amis de Kerouac étaient aussi les personnages de ses livres. À la fois directs et hauts en couleur, leurs témoignages - en permettant de revisiter l'oeuvre de l'intérieur - font de ces Vies parallèles de Jack Kerouac, bien plus qu'une biographie, un véritable « portrait de groupe » et le livre définitif sur l'histoire de la Beat Generation et de celui qui en fut l'inspirateur et le porte-parole.

    Barry Gifford offre aujourd'hui une nouvelle édition de ce classique, qui reparaît à l'occasion du 50e anniversaire de la mort de Jack Kerouac, en 1969.

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