Jean-Marc Petillot

  • Le Maître a passé plus de temps en loge que les Apprentis ou les Compagnons. Il répète souvent les mêmes choses, parce que les choses n'ont pas changé selon ses espoirs. Mais quand l'harmonie vient à naître et surtout à perdurer, le Maître en ressent fortement les causes dans la satisfaction du partage. Ce qui lui était strictement personnel se révèle conforme à une acceptation collective.
    La comparaison du Maître avec le temple n'a rien de fortuit.
    On rappelle avec persistance la qualité de certaines pierres qui étaient si bien préparées qu'on n'entendait aucun bruit en les joignant pour élever des murs.
    Dans notre temple virtuel, une de ces pierres, jugée parfaite, est une partie qui reflète le tout.

  • Les personnages de ce recueil sont tous réels. Comme nous, ils ont fait leur temps, en leur temps, remplissant le mien de leur présence, pour toujours indissociables d'émotions passées ou futures.
    En plein soleil ou au coeur d'errances nocturnes, ils sont revenus, témoins par l'image, l'écrit ou d'autres formes du souvenir.
    Je n'ai fait que croiser la plupart d'entre eux, mais ils m'ont laissé à jamais leur empreinte. La fillette africaine, le flamboyant clochard ou l'aimable dément, en me confiant un peu de leur existence, ont marqué la mienne, sans effraction.
    Un soir, il y a bien longtemps, dans la brousse camerounaise, je projetai un film pour une population regroupée dans une léproserie. À la fin de la séance, un homme vint vers moi et me tendit les bras pour une accolade. Je saisis dans mes mains les moignons de ce qui lui restait de doigts et nous nous tînmes ainsi tandis qu'il me regardait longuement. Puis il me dit : « Merci ! ».
    Je pris d'abord sa gratitude pour une adresse à la présence exceptionnelle du cinéma, réaction fréquente dans ces occasions. Mais plus tard, la raison de son élan s'imposa de façon évidente : elle tenait au fait que je l'avais considéré comme un être humain.
    Nous étions au coeur d'une grande forêt, dans l'obscurité d'un crépuscule tropical. Du bout de ses poignets, le lépreux avait poussé le volet qui masquait la plus secrète des lueurs, accordant nos regards sur une aube à venir.
    Depuis, au cours ou au sortir de mes nuits, j'ai rencontré des gardiens du seuil ou des sentinelles à l'extérieur des murs. Dissimulés ou révélés, dans les lignes ou entre les lignes, leurs propos ont persisté en de belles résonances. Et parce qu'ils les avaient ouvertes, ces êtres m'ont guidé au-delà des portes du jour.

  • Le Rite, en franc-maçonnerie, désigne tout à la fois un certain esprit, un certain vocabulaire mis en oeuvre dans l'exécution rituelle, mais aussi l'échelle et la nature spécifique des grades qui composent un système maçonnique donné.
    Cet ouvrage nous invite à comprendre l'originalité dune maçonnerie aujourd'hui très vivante en France, celle du Rite Écossais Rectifié. Maçonnerie de forte inspiration chrétienne mais sans dogmatisme, le Rite Écossais Rectifié, qui a été fixé entre 1778 et 1782, a largement réinterprété le symbolisme maçonnique classique en insistant sur la perspective spirituelle qui désigne à tout initié l'objectif de sa propre réconciliation avec sa "vraie" nature, avec la "vraie lumière".

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