Laurent Bastard

  • C'est au cours du XIXe siècle que le Compagnonnage subit de profondes transformations. Issu de l'Ancien Régime, il s'efforce tant bien que mal de perpétuer des usages, des rites, des symboles ou un vocabulaire au sein d'un monde ouvrier qui les rejette et qui subit la révolution industrielle. Les compagnons font alors imprimer leurs chansons, leurs idées et leurs mémoires.
    Ils découvrent aussi le pouvoir de l'image. Dès le début du XIXe siècle, ils acquièrent de belles compositions à l'aquarelle auprès de peintres spécialisés. Ces souvenirs orneront leur foyer quand ils auront achevé leur tour de France.
    À ces images quelque peu stéréotypées succèdent les lithographies. Une singulière alchimie de symboles reflète les grands courants du Compagnonnage de cette époque : la fascination pour l'ésotérisme, la franc-maçonnerie comme modèle, l'attrait pour les légendes, mais aussi la mutualité, la réconciliation des Devoirs, la recherche d'une identité corporative. L'imagination des compagnons éditeurs de lithographies se conjugue avec des emprunts de toutes sortes pour constituer un genre à part.
    C'est à ce monde méconnu que Laurent Bastard nous introduit en présentant une quinzaine d'images superbes issues de différents corps de métiers (boulangers, charpentiers, bourreliers, tisseurs...) ou de courants de pensée particuliers (l'ésotérisme, la fraternité, la Sainte-Baume, les trois fondateurs, l'union des corps d'états...).

  • Qui dit « Compagnons » pense aussitôt « Chefs-d'oeuvre ».
    Mais savons-nous au juste ce qu'est un chef-d'oeuvre ? Et que signifie-t-il pour un compagnon ? En reproduisant jusque dans leurs plus infimes détails plusieurs dizaines de chefs-d'oeuvre, travaux de réception et « violons d'Ingres » anciens et contemporains, dont beaucoup n'avaient jamais été révélés au public, ce livre dévoile leurs admirables secrets. Qu'il s'agisse de la pierre, du fer, du bois, du cuir, le matériau le plus rude devient infiniment plastique dans les mains du Compagnon, se plie à sa volonté patiente : l'acier devient dentelle, le béton armé, fluidité, le bois brut, marqueterie délicate... Autant de témoignages surprenants d'une virtuosité technique toujours vivace, toujours actuelle. toujours admirable !

  • Depuis des siècles, le Compagnonnage s'est solidement implanté en Val de Loire.
    D'Orléans à Nantes, le fleuve royal constitue une voie de passage obligée pour tous les " Passants " qui sont sur le tour de France. Pourquoi le Compagnonnage est-il si présent en Sologne, en Touraine, en Anjou et en Pays Nantais ? Sans doute, les chantiers des nombreux châteaux, manoirs et églises ont dû attirer très tôt les Compagnons du bâtiment pour les construire et, de nos jours, les restaurer.
    La pierre est belle et abondante en Val de Loire, l'ardoise angevine est réputée : autant d'attraits pour les tailleurs de pierre et les couvreurs. Et puis les soieries de Tours et les vignobles ont attiré les tisseurs et les tonneliers, tandis que les tanneurs fabriquaient des cuirs renommés et que s cordiers fournissaient les mariniers de la Loire. Le Val de Loire est une terre d'accueil, qui fut et demeure, propice à l'essor des métiers.
    De même que la Loire confère une unité a des terroirs distants de plusieurs centaines de kilomètres, de même, en dépit de leur diversité, les compagnonnages ont puisé sur ses rives la force de s'enraciner, de croître, de se séparer et de se réunir pour enfin parvenir jusqu'à nous. C'est à cette promenade au fil de la Loire et au cours des siècles, avec des " hommes de caractère ", les Compagnons du tour de France, que ce livre vous convie.

  • Qui dit compagnons pense aussitôt chef-d'oeuvre.
    Mais savons-nous au juste ce qu'est un chef-d'oeuvre ? et que signifie-t-il pour un compagnon ? en reproduisant, jusque dans leurs détails, plusieurs dizaines de chefs-d'oeuvre, travaux de réception et " violons d'ingres " anciens et contemporains, dont beaucoup n'avaient jamais été révélés, ce livre dévoile un peu de leurs passionnants secrets. qu'il s'agisse de la pierre, du métal, du bois ou du cuir, le matériau le plus rude devient infiniment plastique dans les mains du compagnon, se plie à sa volonté patiente : le fer se change en dentelle, la pierre en sculpture, le bois brut en marqueterie délicate.
    Autant de témoignages surprenants d'une virtuosité technique toujours vivace, vibrante et actuelle.

  • Jephan de Villiers et sa civilisation imaginaire sont un signe pour notre temps. Présence de l'arbre, de l'eau, travail sur la mémoire. Prescience presque prophétique, dès l'émergence de son oeuvre, d'une menace pesant sur la nature. Création d'un peuple d'âmes-oiseaux au regard lucide et inquiet à la fois, émouvantes vigies faites de bois et d'écorce, de châtaignes d'eau, d'oeufs de raies ou de rejets de l'océan. Créatures habitées. « OEufs de mémoire » parcourus de signes énigmatiques. Pages couvertes d'une écriture libre et instinctive.
    Guetteur de mondes oubliés, Jephan de Villiers arpente forêt et rivages, dans une solitude voulue et tranquille. Arpenter. Glaner. Déposer dans l'atelier. Laisser le temps faire son oeuvre méditative, laisser les éléments sauvages vous choisir ou se choisir entre eux. Apprivoiser, assembler, construire.
    Toute une vie livrée au geste, aux rencontres, à la patience. À ce qui est donné lorsque le regard se fait attentif à ce qui a été mais aussi à ce qui vient. Car ce travail se révèle, aujourd'hui plus que jamais, d'une actualité émouvante.
    Le livre se veut le reflet de ce parcours aussi tranquille que déterminé, d'une cohérence rare.

    JEPHAN DE VILLIERS:
    C'est vers l'âge de quatorze ans que Jephan de Villiers commence à réaliser d'immenses villages de terre, d'écorces et de feuilles dans le jardin de sa grand-mère au Chesnay près de Versailles. Il aime le cirque, le théâtre et le mime. Son travail de sculpteur et de poète ne s'arrêtera jamais. Dans les années soixante, il découvre l'atelier reconstitué de Constantin Brancusi. Naissance des Structures Aquatiales à Paris en 1966. Un an plus tard, il s'installe à Londres et y expose régulièrement son travail. En 1976, il découvre la forêt de Soignes près de Bruxelles. Le Voyage en Arbonie commence. Depuis 2000, il vit et travaille en Charente Maritime non loin de la Gironde. Il nous invite à quitter notre quotidien pour nous plonger dans une civilisation imaginaire qui semble être d'un passé où l'homme et la nature ne faisaient qu'un. De très nombreuses expositions lui sont consacrées. Ses sculptures sont présentes dans des lieux publics ouverts, dans des musées et dans de nombreuses collections privées. « Des Fragments de mémoires » ont été exposés à travers le monde.

    Auteurs: Roger Pierre Turine, Caroline Lamarche, Laurent Danchin, Bernard Noël, Joël Bastard, Marc Petit, Chantal Detcherry, Emmanuel Driant, Michel Butor, Arnaud Matagne, Jean-Dominique Burton

empty