Thomas Coutrot

  • La moitié des Français expriment un mal-être au travail. Une organisation néo-taylorienne soumise au rendement financier est en train de détruire notre monde commun. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant : celui qui mobilise notre corps, notre intelligence, notre créativité, notre empathie et fait de nous, dans l'épreuve de la confrontation au réel, des êtres humains.

    Contre les « réformes » néolibérales du travail, on a raison de lutter. Mais pour défendre les conquêtes du salariat et prendre soin du monde, il nous faut repenser le travail. Nous avons besoin d'un souffle nouveau, d'un « avenir désirable ». La liberté, l'autonomie, la démocratie au travail, doivent être replacées au coeur de toute politique d'émancipation.

    /> La gauche politique et syndicale a trop longtemps privilégié le pouvoir d'achat au pouvoir d'agir dans le travail. Paradoxalement, les innovations dans ce domaine sont d'abord venues des managers : « l'entreprise libérée » inspire des initiatives patronales souvent futiles et parfois stimulantes. Des consultants créatifs proposent des modèles « d'entreprise autogouvernée » plus audacieux que les rêves autogestionnaires les plus fous. Mais surtout, des expériences multiples fleurissent un peu partout inspirées du travail collaboratif, du care, de la construction du commun, qui sont autant d'écoles d'une démocratie refondée.

    Et si on libérait le travail, vraiment ? C'est possible : ce livre en fait la démonstration !

  • La démocratie est profon dément malade.
    Partout les déci- deurs politiques gouvernent
    sous la férule des marchés financiers. La concentration des richesses,
    des pouvoirs économiques et médiatiques bat des records historiques.
    Le néolibéralisme sape les fondements de la démocratie.
    « On ne pourra sauver la démocratie qu'en organisant son irruption dans
    l'économie », affirme Démocratie contre capitalisme. Est-ce possible ? De
    multiples initiatives citoyennes le montrent déjà. Boycott et harcèlement
    des transnationales, consommation responsable, commerce équitable,
    coopératives, économie solidaire, prouvent chaque jour que l'économie
    peut aussi être humaine. De façon encore balbutiante, le mouvement
    altermondialiste conteste ainsi directement la rationalité économique du
    capitalisme.

  • A l'orée d'une campagne électorale qui aurait pu (sait-on jamais ?) être un moment de confrontation démocratique entre divers pro- jets politiques et économiques possibles pour notre pays, un pamphlet d'une rare violence a été promu à grand fracas par les médias conservateurs pour tenter de clore le débat. Début septembre 2016, Challenges, Le Point, L'Express, Les Echos, L'Opinion, BFM Business, ont réservé une place de choix à un pamphlet injurieux intitulé « Le négationnisme économique et comment s'en débarrasser », écrit par deux économistes jusqu'alors totalement inconnus du public, Pierre Cahuc et André Zylberberg. L'extraordinaire couverture média- tique réservée à ce crachat révèle le singulier désarroi intellectuel des « élites » économiques.
    Pilonnage médiatique, échec politique Car le pilonnage médiatique s'est poursuivi pendant plusieurs semaines sur les antennes des radios et à la télévision, où les pamphlé- taires ont multiplié sujets et interviews. Mais qui sont au juste ces « négationnistes » cloués au pilori ? Des Faurissons de l'économie, dont les théories délirantes prétendraient justifier l'expulsion des immigrés (le « grand remplacement ») ou l'éradication des banquiers (tous juifs, bien entendu) ? Evidemment non : tout juste une poignée d'économistes (post-) keynésiens, marxistes ou institutionnalistes, critiques de l'austérité, de la dérégulation et du creusement organisé des inégalités. Une poignée d'économistes hostiles à ces politiques néolibérales menées depuis plus de trente ans et qui ont conduit la France et l'Europe dans une impasse extrêmement dangereuse. Une poignée d'économistes qui refusent l'enrôlement de l'économie au service du « tout marché » et des puissances d'argent. Une poignée d'économistes organisés au sein des Économistes Atterrés ou de l'Association française d'économie politique (AFEP), et dont le crime est de proposer, sur la base de leurs travaux de recherche, des alternatives à ces politiques néolibérales et inégalitaires dont tout obser- vateur raisonnable - y compris désormais une large part des économistes du FMI ou de l'OCDE ! - reconnaît qu'elles ont gravement contribué à déstabiliser nos sociétés.

    Ouvrir le débat, c'est la condition d'une science et d'une démocratie vivantes L'impasse des réformes « modernisatrices » des marchés du travail oblige à rouvrir le débat sur les politiques macroéconomiques, sur les politiques d'emploi et sur la RTT

  • Il est en tout cas nécessaire, au vu de la crise globale - sociale, écologique et démocratique - dans laquelle s'enfoncent nos sociétés.
    Mais quel monde ? Et comment y arriver ? Rien ne sert de déplorer un passé mythifié ou de construire des châteaux en Espagne. En partant des expériences et des échecs du passé, il faut s'appuyer sur ce qui bouillonne aujourd'hui dans les mouvements sociaux pour ouvrir un horizon crédible à la transformation sociale. Comment maîtriser la finance et l'économie ? Redéfinir le rapport entre les hommes et la nature ? Redonner un sens au travail ? Démocratiser l'Etat et l'économie ? Civiliser la mondialisation ? Construire et gouverner les biens communs de l'humanité par une démocratie active ? Thomas Coutrot propose ici des jalons concrets, ancrés dans le réel mais aussi nourris de la créativité utopique sans laquelle l'émancipation humaine serait proprement impensable.

  • Après Le piège de la dette publique et Le mépris du monde, voici le troisième opus de la collection Attac La France est la championne du monde des prélèvements obligatoires ! Le poids des charges fiscales plombe notre compétitivité ! Les impôts découragent les initiatives et font fuir les plus riches !.....Qui n'a jamais entendu ces assertions du discours dominant martelées comme des évidences ? Et pourtant et c'est ce que démontre ce livre, ces assertions (15 répertoriées par les auteurs) ne sont en réalité que des idées fausses.
    Pour que chaque citoyen, en ce temps d'élections ou la thématique de la fiscalité sera très importante (rappelons qu'elle est sans conteste la réforme phare préconisée par François Hollande), soit en mesure de se faire une juste opinion, ce livre déconstruit ces idées toujours vivaces en apportant des éléments factuels souvent peu connus .
    Comme dans le manifeste des atterrés à la fin de chaque idée fausse figure des propositions pour penser autrement la fiscalité.
    Parmi les 15 idées fausses, citons : La France est la championne du monde des prélèvements obligatoires !
    Moins de prélèvements c'est plus de croissance économique !
    La fiscalité doit être neutre !
    Le niveau de la fiscalité français fait fuir les riches !
    Contre la concurrence fiscale il faut baisser les impôts et les charges !
    Les paradis fiscaux c'est fini !
    La fraude fiscale est moins grave que la fraude sociale !
    Supprimer des postes de fonctionnaires est indispensable pour assainir les comptes publics !
    Une fiscalité internationale est impossible !

  • Les débats, les questions et les démarches du commerce équitable sont exposés au travers de ses acteurs : commerce de proximité, grandes et moyennes surfaces, vente par Internet, éducation à la consommation, etc. Le succès du commerce équitable donne chaque jour la preuve qu'une autre économie est possible.

  • Ce manifeste commis par 4 des économistes français les plus éminents est essentiel. Il part du fait incontestable que la crise financière et économique n'a en rien remis en cause les dogmes libéraux qui inspirent nos économies depuis plus de 20 ans. Au contraire - et l'incompréhension le dispute à la colère- les politiques qui ont conduit à l'explosion des inégalités sont utilisées comme des remèdes! Pourquoi et comment il est urgent de changer ? D'abord démonter les fausses évidences , par exemple les idées infiniment ressassées et fausses par les élites politiques et la plupart des journalistes selon lesquelles les marchés seraient bons juges de la santé économique d'un pays ; l'envolée des dettes seraient le résultat d'un excès de dépenses ; l'Europe défendrait le modéle social européen ; l'euro serait un bouclier contre la crise ; la dette publique reporterait le prix de nos excès sur nos petits enfants ; réduire les déficits serait le meilleur moyen de retrouver la croissance..... Ensuite proposer au regard de chaque fausse évidences plusieurs mesures vitales pour refonder nos sociétés. Ce manifeste mis sur internet le 20 septembre pour mobiliser les économistes reponsables notamment, a déjà reçu un très large soutien.

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