Jeunesse

  • Mark Twain (1835-1910) a fait rire le monde entier par ses aphorismes et ses contes depuis La Célèbre Grenouille sauteuse de Calaveras County, dont il trouve l'anecdote dans un camp de chercheurs d'or de Californie en 1865. Il y aurait quelque paresse intellectuelle à se contenter de la célébrité que lui ont value ses contes et d'oublier les romans, fruits d'une expérience acquise au cours d'une existence tumultueuse et variée : apprenti typographe, journaliste, pilote pendant quatre ans sur le Mississipi, éphémère officier de l'armée sudite, pionnier du Far-West, chercheur d'or, directeur de journal, imprimeur, éditeur, voyageur, polémiste, moraliste. Si l'on retrouve l'humour sarcastique de La Célèbre Grenouille sauteuse dans les romans Wilson Tête-de-Mou et Les Jumeaux extraordinaires (1894), ou l'aplomb de l'Américain qui ne s'en laisse pas conter dans Un Yankee à la cour du roi Arthur (1887), on découvre un conteur tendre et presque féérique dans Le Prince et le Pauvre (1881). Mais c'est le cycle des aventures de Tom Sawyer (1876-1896), l'enfant indiscipliné et aventureux, et de son ami Huckleberry Finn, petit clodo sympathique, qui a consacré Mark Twain comme le père fondateur du roman américain moderne.

  • Quatre siècles ont passé, et les aventures de don Quichotte nous saisissent comme au premier jour. Quatre siècles d'admiration par les plus vastes comme par les plus humbles esprits, par les savants comme par les enfants. Quatre siècles d'adaptations richement illustrées,ou bien portées à la scène, à l'écran, mises en musique ou en bande dessinée... Quatre siècles de traductions dans presque toutes les langues : rien qu'en français, on en compte une douzaine, soit une par génération en moyenne. Quatre siècles de commentaires dont la liste ? si tant est qu'il soit jamais possible de l'établir ? donne le vertige ; pas un champ d'analyse qui n'ait été requis : littéraire, esthétique, philosophique, moral, théologique, médical, psychanalytique, esthétique, linguistique, sociologique, historique et sans doute archéologique... Quatre siècles d'influence plus ou moins secrète, plus ou moins assumée, sur nos entreprises utopiques, fantasques ou tout simplement folles ; en témoigne la substantivation que son patronyme a connue presque dès sa parution avec ses variantes passées dans le langage courant : donquichottisme, donquichottesque. Francis de Miomandre (1880-1959) est le seul véritable écrivain qui, à ce jour, ait traduit intégralement Don Quichotte. Comme les traductions de Goethe par Nerval ou de Poe par Baudelaire, sa traduction constitue elle aussi un chef-d'oeuvre. Elle a une valeur éprenne, en ce qu'elle résiste et résistera toujours aux dernières modes langagières, aux dernières avancées linguistiques, historiques ou sociologiques, et surtout en ce qu'elles font accéder à un bonheur de lecture dont on ne se lassera jamais...

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