Dervy

  • Pour la première fois, un dignitaire maçonnique témoigne de son parcours personnel, de façon franche et directe, des raisons de son engagement maçonnique et du rôle que joue la franc-maçonnerie dans la société.

    Il présente les actions que mène son obédience pour animer le débat public et son dialogue avec les politiques.

  • Le présent ouvrage, qui réunit parmi les meilleurs connaisseurs des débuts de l'histoire de la franc-maçonnerie en France, se donne pour objectif de faire connaître et d'analyser, autant que le permettent les sources, le processus qui voit une jeune sociabilité britannique, riche cependant d'une préhistoire de deux siècles au moins, se transporter sur le continent - pour le cas qui nous concerne, ici, en France - et s'y acclimater. La structure maçonnique (la loge), ses mythes fondateurs et le rituel qui leur est attaché, résistent au voyage de France mais ils sont par la suite, et très tôt, relus et déclinés dans des voies nouvelles.

  • D'Adam, premier franc-maçon selon James Anderson, à lord Byron, figure de la maçonnerie libérale au xixe siècle, des opératifs aux carbonari, cet ouvrage propose un triple voyage dans l'histoire de l'Ordre. Après une plongée dans la mémoire des francsmaçons et dans leurs écrits fondateurs à la recherche des origines de l'Art Royal, le lecteur est invité à pénétrer dans l'enceinte du temple où se retrouvent les « amis choisis » qui se reconnaissent comme pairs pour comprendre comment, en quelques décennies, la franc-maçonnerie a renouvelé profondément la sociabilité pour s'imposer durablement dans l'espace public. Dans un troisième temps, la profession de foi cosmopolite des frères au siècle des Lumières et la diffusion fulgurante de la franc-maçonnerie à travers toute l'Europe et dans le monde colonial, des Antilles à Canton, invitent à revisiter le projet d'une République universelle des francs-maçons. Comment résiste-t-il aux chocs des révolutions européennes et américaines, aux nationalismes et aux coups de boutoir des thèses conspirationnistes ? Les attaques actuelles de la sphère complotiste contre les francsmaçons, accusés d'être les fossoyeurs des identités nationales et les valets d'une globalisation apatride, prennent ici un relief tout particulier.

  • Les temples maçonniques sont un des patrimoines les moins connus de notre pays. Pourtant, il y en a des centaines ! La rencontre de la recherche documentaire et de l'excellence photographique, de l'expérience et de la passion a permis, au prix de trois années de travail, de donner corps à cet ouvrage méthodique et historique solide, soigneusement illustré, qui fera date.

    Depuis trois siècles, le temple maçonnique est un local sans équivalent, abri fraternel, espace ritualisé autant que de débat, carrefour, laboratoire... Et cette alchimie en fait un lieu étrange, à la fois intime et chambre d'écho du monde.

  • De longs et pénibles efforts ont été nécessaires pour que les femmes franchissent enfin la porte du temple. La plupart des loges dans le monde sont encore réservées aux frères. C'est bien d'une longue marche qu'il s'agit. Les femmes ont eu des compagnons de route, les frères qui se sont engagés contre leur exclusion.

    On trouvera dans ce livre quelques coups de projecteurs sur les grandes étapes de cette marche :
    Les loges d'adoption françaises au siècle des Lumières et leur version américaine au siècle suivant, les débuts de la franc-maçonnerie mixte en France, en Grande Bretagne et aux États-Unis, les premières obédiences féminines en France et en Angleterre, l'évolution décisive du Grand Orient de France qui accueille désormais des soeurs. En annexe figure la retranscription intégrale du rituel « L'Amazo[nner] ie anglaise ou Ordre des Amazon[n]es ».

    Depuis le début du xxe siècle les franc-maçonnes ont eu le choix entre voie féminine et mixité. Quels sont les arguments des soeurs et des frères en faveur des obédiences mono genres ? Pourquoi un si grand nombre de frères rejettent ils encore aujourd'hui la mixité, en France mais surtout en Grande-Bretagne et aux États-Unis ? Comment concevoir une véritable mixité ? La féminisation des titres pourrait garantir le respect mutuel des frères et des soeurs. Loin de gommer les différences, la mixité devrait les accepter. « Si tu diffères de moi, mon frère », ma soeur, « loin de me léser, tu m'enrichis... ».
    La démarche de l'auteure est comparative : quelles réponses la franc-maçonnerie française et la francmaçonnerie anglo-saxonne ont-elles apportées aux femmes ? Elle pose la question et tente d'y répondre : n'y aurait-il pas un lien entre la liberté absolue de conscience, la laïcité et l'émancipation des femmes ?

  • Le Rite Ecossais Ancien et Accepté, le plus pratiqué par les francs-maçons à travers le monde, est riche de 33 degrés dont chacun possède son titre, sa définition, son objet et des racines qui renvoient à une culture millénaire étonnamment variée.
    S'agit-il d'un ensemble cohérent et autonome ou d'une construction hétéroclite arbitrairement montée au cours du XVIIIe siècle ? Comment ne pas remarquer que ce rite a mis près d'un siècle à prendre sa forme actuelle et que, depuis près de deux cents ans, il a su la conserver ?
    L'histoire dite objective avoue son insuffisance à répondre et ne saurait décrire la portée de ce rite raffiné. Seul l'approfondissement de sa richesse, degré par degré, et l'interrogation de ses structures ésotériques le permettent grâce à l'utilisation des diverses formes de l'« art de la mémoire ».
    C'est la démarche à laquelle s'est livré Georges Lerbet, fort d'un demisiècle de pratique maçonnique. La forme qu'il a choisie pour ce livre engage le lecteur dans un parcours herméneutique au bout duquel il trouvera - peut-être - une image stabilisée d'un enchaînement plausible des différents degrés.

  • Au début du XXe siècle, la francmaçonnerie demeurait un phénomène presque exclusivement occidental, blanc et masculin. Selon l'annuaire du BIRM de 1913, la franc-maçonnerie mondiale comptait environ 23 812 loges et 2 095 000 frères.
    Les États-Unis étaient devenus la première puissance maçonnique, en 1913, elle regroupait environ 1 500 000 maçons « blancs » répartis dans 14 460 loges et 30 000 « noirs » regroupés dans 1 300 ateliers, le Royaume-Uni et l'Empire britannique regroupaient 480000 maçons et 6000 loges. L'Europe continentale 180 000 maçons et l'Amérique latine 55000.
    La franc maçonnerie sous-estima le risque de guerre sans doute parce qu'elle ne voulait pas croire à une guerre possible entre « civilisés ». Comme de nombreux groupes et/ou individus, elle ne vit guère la brutale accélération de l'enchainement fatal et jusqu'au bout, elle espéra dans le bon sens humain.
    À partir de 1917, au moins chez les futurs vainqueurs, l'espoir renaîtra dans l'espérance qu'un monde meilleur sortirait de la guerre. D'une façon ou d'une autre, les maçons du monde servirent leurs pays respectif comme si la franc-maçonnerie imposait des devoirs particuliers patriotiques aux « Enfants de la Veuve.

    Première fois qu'un historien des idées et des mentalités fait de la francmaçonnerie un fait social et culturel global à analyser comme un autre phénomène par les méthodes croisées des sciences humaines.

  • Marcel Sembat ? S'il a tant de plaques de rues et tant d'établissements scolaires à son nom, c'est qu'il fut un homme marquant de son époque, à cheval sur deux siècles : orateur étincelant dans les réunions socialistes et les assemblées maçonniques, polémiste redouté dans ses articles. Député de Paris de 1893 à son décès, ministre pendant la Première Guerre mondiale. Intellectuel en quête d'un savoir encyclopédique, il a refusé la quiétude de son cabinet et s'est lancé avec passion dans la vie de la Cité, tout en recherchant le meilleur dans la culture, la peinture, les sciences, la philosophie, la lecture, la francmaçonnerie, tenant pendant des décennies un journal intime, son jardin secret. Il vécut aussi dans l'amour avec son épouse, la peintre Georgette Agutte, qui se suicidera douze heures après sa mort, en septembre 1922.

  • Cet ouvrage collectif propose un panorama maçonnique de l'Amérique latine et de la Caraïbe, embrassant donc un immense espace toujours considéré comme recelant de considérables potentialités. Le contexte historique, socioculturel, économique et politique est à chaque fois rappelé dans des encadrés pour mieux souligner l'originalité de chaque pays. Nous y retrouvons une mythologie teintée d'idéalisme, franc-maçonnerie et enjeux de pouvoir. Occasion de rappeler à quel point s'entremêleront les idéaux des Lumières et les ambitions d'émancipation. Tel un fil rouge, nous y retrouvons souvent la référence à la Révolution française. Plusieurs grandes figures légendaires en furent les acteurs : Francisco de Miranda, Simon Bolívar, Bernardo O'Higgins, Francisco de San Martin, José Martí, Benito Juárez et Joseph Garibaldi.
    Autant de héros d'une conquête de nouveaux espaces de liberté chèrement acquis. Des avancées souvent remises en cause aussi depuis la dislocation des empires coloniaux espagnol et portugais qui avaient résulté, le 7 juin 1494, du Traité de Tordesillas.
    En l'absence d'une historiographie complète, il existait certes des articles et ouvrages épars mais aucun d'entre eux n'embrassait, dans une cohérence géopolitique, l'ensemble de l'Amérique latine et de la Caraïbe. Ce livre est donc un puzzle reconstitué par des auteurs faisant autorité. Ils sont tous spécialistes de la région, universitaires, historiens, chercheurs, diplomates et présentent une grande variété d'informations scrupuleusement recoupées.
    Leurs analyses et grilles de lecture proposent pour la première fois de découvrir la complexité et les points d'équilibre de l'Ordre maçonnique dans cette partie du monde. Cette somme de connaissances devrait donc aider à une meilleure compréhension de ces pays.

  • La période où les francs-maçons ont été les plus influents dans la mise en place et l'ancrage de la IIIe République est aussi celle de la conquête de l'Empire, servie par une administration coloniale largement aux mains de francs-maçons. L'Afrique occidentale française et le Sénégal sont, à cet égard, d'un intérêt particulier. Sont à l'oeuvre des personnalités exceptionnelles comme William Ponty, Jules Carde ou Marcel de Coppet. Gouverneurs généraux nommés par Paris, ces francs-maçons s'engagent avec conviction dans la « mission civilisatrice » et de développement qui leur est confiée. Pragmatiques, ils adaptent les instructions de Paris à la situation locale et trouvent un accommodement avec le pouvoir religieux musulman et les confréries, tout en gardant à distance celui, également puissant, des catholiques. Ils encouragent l'émergence d'une élite politique et associent à leur administration ceux qui, après la Seconde Guerre mondiale, seront au pouvoir. Nombreux à rejoindre le général de Gaulle ou à être exilés par Vichy en 1940, ils accompagneront les premiers pas des Sénégalais vers l'indépendance. « L'Étoile Occidentale », loge maçonnique dakaroise active et réactive, fut au coeur de cette histoire mouvementée.

  • Entre la bataille de la Marne et les événements de 1968, soit plus d'un demi-siècle, la franc-maçonnerie française a partagé tous les soubresauts du pays : deux guerres, la crise de 1929, les années 30, trois Républiques.

    Bien implantée dans la nation, surtout à gauche, mais divisée entre deux grandes obédiences à la fois proches et concurrentes et plusieurs autres alors de moindre importance, elle a servi les idéaux de la République, fait avancer des réformes politiques, économiques et sociales.

    Partie prenante de l'union sacrée en 1914, elle a soutenu la SDN, qu'elle aurait voulu transformer, ainsi qu'ultérieurement l'ONU, en un gouvernement démocratique mondial ; elle a appuyé le Cartel des Gauches et le Front Populaire, subi les assauts d'une extrême droite haineuse, accueilli des réfugiés notamment russes, allemands et espagnols.
    Persécutée par Vichy et les nazis, elle est présente dans tous les mouvements de résistance en France et outre-mer, s'est reconstruite, non sans difficultés, sous la vie République, s'est épanouie sous la Ve, a été sensible à la nécessité d'une décolonisation qu'elle espérait voir s'accomplir dans un cadre plus pacifique possible.

    Elle s'est interrogée sur sa situation au sein de la maçonnerie universelle, ses rites, sa philosophie ou sa spiritualité, sa finalité. Sa vie intérieure n'a pas été un long fleuve tranquille. André Combes convie le lecteur à un voyage au coeur de cette institution, avec ses combats, ses interrogations, ses utopies, son évolution si peu connue y compris par ses membres et si éloignée des clichés habituels.

  • Conscients du nombre et de la qualité des histoires de la franc-maçonnerie précédemment parues, l'auteur relève le défi d'une oeuvre plus vaste (4 volumes) et plus ambitieuse, couvrant toute l'Europe pendant les trois derniers siècles. Ce second volume couvrira le XIXème siècle.
    L'Europe, parce que la franc-maçonnerie est née en même temps que le siècle des Lumières. Elle fut la forme de sociabilité idéale qui unit le vieux continent d'Edimbourg à Saint-Pétersbourg, des Pays-Bas à la Sicile, tant la circulation des hommes, de leurs pensées et de leurs écrits était intense.
    Dans chaque ville de quelque importance, la loge était le havre où l'on trouvait accueil, échanges et débats de toute nature.
    Née en partie en Ecosse et en Irlande, organisée et structurée en Angleterre, la franc-maçonnerie, trop vite qualifiée de spéculative franchit presque aussitôt la Manche où excommunications, condamnations et divulgations se multiplièrent, assurant de manière paradoxale son essor.

  • Mais qu'y a-t-il donc sur ces faïences qui les rendent dignes d'intérêt au point d'en faire un livre et que musées et collectionneurs se les arrachent ? Le fameux secret maçonnique ?
    Exactement. Sur chacune d'entre elles se trouve une figure représentant un grade maçonnique mystérieux que seuls connaissaient les initiés, ou une devise faisant allusion à l'initiation des pratiquants. La devise, comme le reste, devait rester secrète : aussi était-elle tronquée, les derniers mots étant remplacés pas trois points disposés en triangle.

  • Le Rite Français est celui que pratiquent 85% des loges du Grand Orient de France. De présence ancienne également en Belgique, ses qualités l'ont fait adopter plus tard en Amérique latine, dans les Caraïbes, en Afrique et dans l'océan Indien. Et, en France, par plusieurs obédiences françaises, féminines, mixtes ou masculines. Au Grand Orient de France, son Grand Chapitre Général compte 5000 membres en 200 chapitres où se pratiquent ses grades de sagesse (hauts grades). Pourtant, ce qui fait sa richesse et sa singularité : ses traditions, sa cohérence rituelle, son engagement philosophique, son élévation, reste méconnu. Son histoire est aussi passionnante que tumultueuse. Venu à nous en droite ligne des usages premiers de la Maçonnerie, il connaîtra, après un XVIIIe siècle foisonnant, une première codification débouchant sur un manuel, Le Régulateur du Maçon, toujours en usage. Par la suite, les pressions du pouvoir politique, le déisme ambiant ou des modes comme l'égyptomanie ou le positivisme mais surtout la gestation puis la consolidation de la République, amèneront des modifications et évolutions dont le XXe siècle fera une synthèse apaisée. C'est à travers un parcours méthodique, faisant une large place au contexte national ainsi qu'aux hommes qui ont marqué de leur empreinte cette construction désormais triséculaire, que Ludovic Marcos redonne à notre rite national sa mémoire et sa fierté. Professeur agrégé d'histoire, l'auteur est un praticien expérimenté et reconnu du Rite Français et jouit à cet égard d'une autorité nationale et internationale. Il exerce en outre, depuis quinze ans, les fonctions de Conservateur du Musée de la Franc-maçonnerie : c'est ainsi qu'il peut offrir aux lecteurs de cet ouvrage, à l'appui de sa démonstration historique, un impressionnant aperçu des trésors accumulés depuis des décennies, la plupart inédits ou peu montrés.

  • L'originalité de la franc-maçonnerie française est d'accueillir les femmes dans les loges, peu de temps après sa création au début du XVIIIème siècle, et cela malgré l'interdiction des textes fondateurs.
    Les auteurs nous montrent comment, dès le premier tiers du XVIIIe siècle, les françaises ont réussi à s'introduire dans la maçonnerie par l'intermédiaire des loges d'adoption. Nous découvrirons ici les raisons de la création de ces loges, de leurs particularités et pourquoi malgré les réactions passionnées qu'elle suscite, la présence des femmes dans les loges perdure sous différentes formes tout au long du XIXème siècle. Elle prend même une ampleur considérable, aboutissant à la création de loges mixtes et à l'engagement d'une minorité de francs-maçons dans les luttes féminines au XXème siècle.

  • L'auteur dans une première partie propose une large vision historique de la franc-maçonnerie dans l'ensemble du monde musulman, du Maroc à l'Indonésie en y intégrant les régions subsahariennes en insistant sur le difficile passage d'une franc maçonnerie coloniale à une franc maçonnerie pluriconfessionnelle où les principes du vivre-ensemble maçonnique sont mis en action mais où ils trouvent dans certains cas, leurs limites et signent l'échec du fraternalisme maçonnique comme au Liban ou en Palestine.
    La seconde partie de l'ouvrage aborde des questions précises d'ordre anthropologique, en relation avec les tentatives d'élaboration d'une franc-maçonnerie musulmane, ou plus exactement avec celles qui visent à harmoniser les pratiques de l'ordre avec les cultures sunnite, ch'ite, ismaélienne des pays d'islam. En effet, comment l'initié imprégné de telle tradition trouve-t-il sa voie dans une structure riche en rituel et en symboles d'essence judéo chrétienne où rien ne lui rappelle sa culture ?

  • Si la franc-maçonnerie fait l'objet de recherches historiques reconnues depuis une cinquantaine d'années, les hauts grades sont encore entourés d'un grand mystère. À quelques exceptions près, les loges maçonniques disparurent pendant la Révolution française. Il en fut de même pour les hauts grades. Alexandre Roëttiers de Montaleau redonna vie à la fois au Grand Orient de France et à son Grand Chapitre Général en 1796.
    Cependant les ateliers de Rite français périclitèrent au XIXe siècle au profit du REAA apparu en 1804.
    L'histoire des Ordres de Sagesse du Rite Français n'a pas encore été écrite. C'est l'objet du présent livre. Les auteurs remontent à leur origine, les Lumières, avant d'expliquer leur résurgence en 1999 et de se concentrer sur les principaux enjeux. Les archives mais également la récolte de témoignages leur ont permis de retracer l'histoire de cette reconstruction.

  • François Cavaignac entreprend dans une démarche laïque et rationnelle de revisiter les mythes de la franc-maçonnerie. Bien que le mythe soit à l'opposé de la raison il convient pleinement du rôle qu'il joue dans l'univers maçonnique.
    À partir d'une relecture des Old Charges, des Constitutions d'Anderson, du Discours de Ramsay et des rituels, essentiellement ceux du Rite Écossais Ancien Accepté, il propose d'explorer ce domaine mythique en évitant la religiosité traditionnelle qui, selon lui, obscurcit l'analyse. Qui se souvient que le Regius est placé sous l'invocation d'Euclide, rationaliste s'il en fût ?
    Comment advint-il que Noé soit mis à l'écart au profit d'un personnage composite créé pour la circonstance comme Hiram ? L'auteur rappelle également le rôle dans les mythes de la franc-maçonnerie des deux colonnes antédiluviennes, absentes de la Bible. Il remémore la transformation du mythe de la Tour de Babel, devenu le symbole de la diversité enrichissante après avoir été durant des siècles le signe de la vengeance divine. Enfin il procède à la contextualisation du mythe salomonien dans sa version complète : Salomon, constructeur du Temple mais aussi assassin de son frère, dispendieux et renégat.

  • L'auteur, en historien reconnu du fait maçonnique qu'il est, nous présente un aperçu de la situation actuelle de la franc-maçonnerie dans les 47 États membres du Conseil de l'Europe avec force érudition, un sens aigu des nuances et de la précision (s'agissant du thème épineux de la régularité et de la reconnaissance et de l'invocation au Grand Architecte de l'Univers entre autres), tout en adossant son propos, chaque fois que de besoin, sur les textes constituants des principales obédiences nationales, pointant par endroit, leurs réécritures successives et leurs mises en oeuvre pragmatiques voire fl uctuantes (notamment en matière de reconnaissance !), sans oublier de rappeler de façon ponctuelle la façon dont le fait maçonnique est perçu dans les diverses sociétés européennes où il se déploie.

    Avec ce quatrième tome de la série L'Europe sous l'acacia, intitulé Le XXIe siècle. Chant du cygne, dilution, nouvelles frontières ou fécondes métamorphoses ?, Yves Hivert-Messeca en vient se faisant à s'interroger en creux sur le devenir même de la franc-maçonnerie en tant qu'institution pluriséculaire, fabrique de sens et d'utopies et forme de sociabilité fraternelle, là même où elle a vu le jour au XVIIIe siècle.

  • En 1742, Maurepas, le ministre de la Marine, apprend que plusieurs officiers sont associés dans l'ordre des francs-maçons et qu'ils ont même établi des?loges dans Brest. Il leur interdit d'y adhérer. Peine perdue?: de nombreux marins du Roi et gens de l'arsenal de Brest, attirés par cette nouvelle société fraternelle, se font initier et fondent la loge L'Heureuse Rencontre en 1745. C'est le début d'une longue histoire...

  • La Commune ne sera officiellement célébrée par le Grand Orient qu'en 1971 à l'occasion du centenaire.
    Plusieurs milliers de Maçons et de Maçonnes (notamment de la loge Louise Michel) se rendirent au Père-Lachaise.
    Il y eût bien deux courants maçonniques en 1871. Le premier est d'emblée ou progressivement favorable à la Commune ; le second reste jusqu'au bout conciliateur et déplore l'échec des négociations et la poursuite de luttes fratricides sous l'oeil des Prussiens. Les maçons proversaillais sont restés silencieux. Après la défaite, alors que la presse s'en prend aux « incendiaires » et aux fusilleurs d'otages, la maçonnerie se fait prudente et ses dirigeants désavouent solennellement les « frères » qui se sont compromis dans l'insurrection. Bien qu'accusés d'avoir été des « fanatiques », ils ne subissent pas de sanctions.
    La maçonnerie des années 1880 veut, semble-t-il, occulter ce que furent ces « discordes civiles » afin de mobiliser tous les « frères » pour la défense de la République puis pour la bataille scolaire. Les communards ont cependant été bien accueillis à leur retour dans leurs loges. Le souvenir de la Commune, devenu mythique, ne sera glorifié que dans les années 1900, en particulier par ses « anciens combattants » ; puis en 1971.

  • La galaxie maçonnique américaine est puissante et très mal connue.
    Certains la disent moribonde, mais qu en est-il au juste ? À quelles sources puise ce Titan de l Ordre initiatique et qu en ont fait les Américains depuis bientôt trois siècles ? Moins discrète qu ailleurs, quels rapports la franc-maçonnerie américaine entretient-elle aujourd hui avec les centres de pouvoirs civils, politiques, financiers, diplomatiques et religieux ?
    Quel fut son rôle dans la naissance de cette jeune nation qu Alexis de Tocqueville a aidé à décrypter ?
    Telles sont les questions auxquelles l auteur répond en donnant des clefs de lecture. En se libérant des visions caricaturales et des préjugés, Alain de Keghel nous livre un tableau sans complaisance, inspiré du souci d en finir avec les malentendus. Ce travail de recherche puise avec rigueur aux sources très sûres, y compris les plus récentes.
    Cet ouvrage sera une référence pour tous ceux qui envisagent l analyse lucide de la franc-maçonnerie contemporaine en se détachant des idées reçues. Il permettra aussi d explorer avec audace et réalisme des perspectives d avenir.

  • Le XXe siècle que scrute ce tome 3 fut pour les franc-maçonneries européennes «le temps du martyre». Partout en Europe, les francs-maçons connurent la persécution, la délation, parfois la mise à mort de leurs frères ou de leurs élus, le saccage, le pillage ou la destruction de leurs temples et de leurs emblèmes. Pourtant, le siècle avait commencé paisiblement. En 1914, la franc-maçonnerie prospérait dans toute l'Europe sauf en Autriche. La Grande Guerre provoqua la chute de plusieurs régimes autoritaires. Les Américains répandaient en Europe un esprit de liberté et d'espoir. Espoir fugace. Des dictatures cruelles s'imposèrent avec la terreur comme méthode de gouvernement, la toute-puissance d'un parti unique et la haine de la démocratie. L'antimaçonnisme alla de pair avec l'antisémitisme, voire l'anticommunisme. Face à ces offensives mortifères quasi généralisées, la franc-maçonnerie se défendit mal. Il faudra attendre les lendemains de la seconde guerre mondiale et même, en Europe de l'Est, la chute du mur de Berlin en 1989, pour que, de nouveau, partout sur le vieux Continent, des loges se créent, des obédiences se constituent.

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