Felin

  • En 1940, la France capitule.
    En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement défense de la France. Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera. déporté en 1944 à Buchenwald. Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S.
    Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté face à l'adversité.

  • Best-seller de la littérature prolétarienne initialement publié en feuilleton dans L'Humanité en 1928, Je Brûle Paris raconte l'histoire de Pierre, mis au chômage, prenant sa revanche sur la capitale française pour les humiliations qu'il y a vécues. Après avoir volé des bactéries de la peste noire, il les utilise pour infecter le réseau hydraulique. Le 14 juillet, jour de Fête nationale, les premières victimes de l'épidémie sont emmenées dans les hôpitaux. La ville, mise en quarantaine, se divise en républiques nationalistes - les Chinois, les Juifs, les ouvriers de Belleville, les Russes blancs de Passy, la concession anglo-américaine, la république bleue des flics - qui se déclarent la guerre et se dressent les unes contre les autres.

    Jasienski, jeune poète révolutionnaire d'avant-garde, qui avait quitté la Pologne peu hospitalière pour les « rouges », avait 27 ans quand il écrivit ce livre à Paris. Son Je brûle Paris constituait une riposte au Je brûle Moscou de Paul Morand : cette courte nouvelle figurait dans son Europe galante et décrivait la capitale soviétique comme infestée par des juifs passablement sales et couverts de puces. C'était une délicieuse petite infamie qui montrait la Mecque de la Révolution sous l'aspect repoussant d'un bolchevique au nez crochu.

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  • Comment explorer plus de 22 siècles de l'histoire du vin en France !? Éric Glatre a sélectionné pour nous 36 des dates qui ont façonné les vignobles français tels que nous les connaissons aujourd'hui.

    De l'invention du tonneau à celle du bouchon de champagne, des premières lois des burgondes aux classements Grands crus, du travail des moines du moyen-âge aux prémices du marketing. La grande histoire des vins de France regorge de ces petites histoires qui sont le reflet de la diversité et de la richesse de nos vignobles.

  • "Ce livre raconte, à travers ses liens et ses rencontres, le destin d'une génération d'étudiants devenus résistants. C'est le récit vivant, à la fois plein de poésie et d'humour, y compris un peu d'autodérision, de tous les milieux intellectuels parisiens qu'il fréquentait, et, enfin, il s'arrête au moment décisif de sa rupture avec le communisme. Ce livre est la confession d'un enfant du XXe siècle, d'une très grande beauté d'écriture, alerte, évocatrice, gouailleuse parfois.
    Rolland avait écrit des romans, la plupart nourris de son expérience résistante, mais le roman véritable, celui de sa vie et de son destin, est ce livre même". Extrait de la préface d'Edgar Morin Jacques-Francis Rolland (1922-2008) est un écrivain, journaliste et résistant français. Après la Libération, il devient reporter pour le quotidien Ce soir puis collabore avec l'hebdomadaire Action. En 1952, il publie La Chute de Barcelone et devient ensuite directeur littéraire du magazine France Observateur.
    Entre-temps, en 1956, il quitte le PCF. Parmi ses oeuvres principales, Le Grand Pan est mort (1956), Le Grand capitaine (1976), Le Tango chinois (1970). Un dimanche inoubliable près des casernes (1984, Grand Prix du roman de l'Académie française), enfin Boris Savinkov, l'homme qui défi à Lénine (1990).

  • En 10 ans, Inter-France va devenir la plus importante agence d'information au service de la presse de province. Des centaines de titres, de ceux qui irriguent les terroirs et sont parcourus, chaque jour, par des millions de lecteurs attentifs y puisent le coeur de leur information.
    D'abord ouvertement nationaliste avant de devenir franchement hitlérienne, c'est un formidable outil de propagande nazie et les Allemands ne s'y sont pas trompés en lui accordant, à elle seule, le droit d'irriguer la France entière de ses dépêches.
    Gérard Bonet analyse la trajectoire fulgurante d'une composante essentielle et pourtant quasiment inconnue de la collaboration française, dans une somme colossale qui marquera à n'en pas douter les recherches sur l'histoire de la presse en France.
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  • Le récit que fait François-Louis Closon de ses années dans la Résistance est un classique pour qui s'intéresse à l'histoire de la France des années noires. Avec Le Temps des passions, il donne son témoignage sur la vie ardente et précaire de ceux qui menèrent la lutte contre l'occupant. Il apporte la contradiction aux détracteurs de Jean Moulin et dessine avec force et clarté les grands moments d'un combat qui donnèrent à la France délivrée son nouveau visage et d'autres héros, doués de détermination dans l'adversité et d'une égale modestie dans le souvenir de ces heures douloureuses et décisives.
    François-Louis Closon (1910-1998) est un résistant français, Compagnon de la Libération et haut fonctionnaire. Ce très proche de Jean Moulin en achèvera la mission en unifiant la Résistance française et les partis politiques combattants au sein des Comités de libération. A la libération, il crée et devient le directeur de l'INSEE.

  • II y aura soixante-dix ans, le 5 avril 1951, que les époux Rosenberg furent condamnés à mort pour des faits d'espionnage qu'ils n'ont pas commis. Exécutés 2 ans plus tard, parce que juifs et communistes en pleine guerre froide.
    Au-delà des jugements sur leur innocence ou leur culpabilité, leur geste de liberté face à l'accusation ne doit pas être considéré comme un épiphénomène de l'Histoire, mais bien comme un acte de résistance contre la « chasse aux sorcières ».
    Tout cela nous rappelle avec force qu'aucune fin ne peut justifier l'injustifiable : l'atteinte aux libertés individuelles.

  • Les Arago sont probablement la plus grande "dynastie républicaine" du XIXe siècle. Tout le monde connait François Arago, des livres ont été écrits sur Etienne, sur Jacques mais personne n'avait encore écrit le livre sur l'un des plus illustres personnages de la famille : Emmanuel.
    Véritable personnalité politique de son temps, député et sénateur pendant plus d'un demi-siècle, il marque de son empreinte l'histoire de la politique française à une époque où celle-ci, passionnée et régulièrement bouleversée, est un véritable roman.

  • Le soldat inconnu est, en France, avec le bleuet, le casque Adrian et nos 36 000 monuments aux morts, l'un des symboles emblématiques de la Première Guerre mondiale et de l'armistice du 11 novembre 1918. Il en est même le symbole universel pour avoir été « adopté » dans de nombreux pays.

    Cependant, le Soldat inconnu n'est pas arrivé sans mal sous l'Arc de Triomphe. Loin de rassembler, ce combattant français anonyme a suscité, d'emblée, de nombreuses polémiques, devenant un point de crispation et de cristallisation des querelles idéologiques et politiques franco-françaises.

    C'est à la découverte de cette histoire méconnue que le lecteur est convié.

  • Les émeutes étudiantes du Quartier latin, en Juillet 1893, sont aujourd'hui à peu près totalement disparues des mémoires. Les premiers jours de ce mois, à la suite d'une « bavure » policière, la communauté étudiante de Paris, alors peu nombreuse mais très solidaire, volontiers brutale et frondeuse, s'insurgea, érigea des barricades, pratiqua une véritable guérilla urbaine contre les forces de l'ordre.
    Fidèle à leurs traditions, les étudiants formaient une communauté fière de son originalité, souvent turbulente et il ne s'écoulait guère de mois sans qu'aient lieu des charivaris bruyants, des bagarres et des échauffourées qui pouvaient dégénérer et prendre la figure de véritables émeutes. La plus violente fut celle qui enflamma le Quartier latin, les premiers jours de juillet 1893.
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  • Reçu premier à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé de philosophie en 1927, Jean Cavaillès fut l'un des intellectuels les plus brillants de sa génération. Gaston Bachelard, avec qui il noua une forte amitié, notait : «Jean Cavaillès avait une volonté de héros.» Lié dès le début au mouvement de résistance Libération, animé entre autres par Emmanuel d'Astier de La Vigerie, Jean Cavaillès fut arrêté par les Allemands en août 1943, puis condamné à mort et exécuté cinq mois plus tard. Gabrielle Ferrières retrace dans ce livre émouvant la vie d'un philosophe, inséparable de celle de l'homme d'action et de convictions.
    Le texte est suivi d'une étude de l'oeuvre de Jean Cavaillès par Gaston Bachelard.

  • Dans cet ouvrage, publié à Londres en décembre 1942 et jamais réédité depuis 1945, l'auteure retrace en détail son propre parcours depuis les jours dramatiques de juin 1940 jusqu'à son arrivée en Angleterre et son engagement dans la France libre, un peu plus d'un an et demi plus tard, à la toute fin de l'année 1941.
    Conçu et rédigé dans le feu de l'action ou presque, c'est-à-dire sans attendre l'après-guerre, le livre possède d'abord la fraicheur d'un témoignage livré à vif. Récit précurseur, il figure au rang des tous premiers témoignages à paraître sur l'effondrement de la France et ses conséquences immédiates.
    D'une richesse rare, les pages de ce livre constituent bien une source de première main sur une période certes brève mais à la densité événementielle horsnorme

  • Gilles Martinet disait de ce livre que c'était « l'un des meilleurs qu'on ait pu écrire sur la Résistance ».
    Et il faut bien dire que cette aventure incertaine, celle de la Résistance telle qu'elle fut vraiment, au plus haut niveau, est racontée ici par l'un de ses artisans les plus importants. Claude Bourdet est cofondateur avec Henri Frenay du réseau Combat, il crée et développe le service du Noyautage des administrations publiques et devient membre du Comité directeur des Mouvements unis de Résistance. Enfin, aux côtés de Jean Moulin, il en est membre du Conseil National de la Résistance dès mai 1943 avant d'être arrêté et déporté à Buchenwald.
    Ces mémoires sont une véritable référence pour qui veut comprendre ce que fut vraiment, de l'intérieur, la Résistance française.

  • La lettre d'un homme décrivant à sa femme ce qu'il reste de leur maison après qu'elle fut rasée par l'artillerie allemande ; La canne sculptée par le Poilu Claude Burloux dans la boue d'une tranchée ; Le combat de la veuve Maupas pour la réhabilitation de son mari ou encore la présence de la délégation des gueules cassées à Versailles en 1919 sont autant de « petits sujets sur la violence du fait guerrier ».
    Stéphane Audoin-Rouzeau aime cette micro-histoire, Le temps court (le plus court possible parfois), l'incident (souvent minuscule), l'objet isolé ou l'image unique, et finalement l'acteur social dans sa singularité irréductible.
    Le texte est accompagné d'un cahier en couleurs illustrant les sujets du livre.

  • Aude Yung-de Prévaux n'a appris qu'à 23 ans qu'elle avait été adoptée. Lorsque la vérité éclate enfin, elle est accompagnée de grosses malles de voyage remplies de photos et de lettres d'amour enflammées.
    Ses parents étaient des héros de la Résistance, passionnés, amoureux-fous. Lui officier de Marine, elle mannequin polonaise, il préparèrent le débarquement en Provence au sein du réseau F2.
    Arrêtés et torturés pendant des semaines, ils ne diront rien. ils sont exécutés alors qu'il n'a encore que 2 mois.
    Elle entreprend de reconstituer leur histoire.

  • Une guerre civile par procuration. Les intellectuels français et la guerre d'Espagne (1936-1939) entend restituer, si ce n'est de façon exhaustive, du moins de manière précise et détaillée, la relation entre les écrivains français engagés et la guerre civile espagnole.
    Cet essai vient combler une importante et paradoxale lacune historiographique. La guerre d'Espagne fascine les lecteurs et les universitaires, et les intellectuels français atteignent sans doute leur plus haut degré de notoriété dans les années 1930 notamment pour leur engagement dans les conflits contemporains ; or, l'idée de les confronter est inédite.
    Comment se sont comportés les intellectuels français pendant la guerre d'Espagne ? En France ou sur place, qu'ils soient journalistes, penseurs ou écrivains, d'un côté ou de l'autre de l'échiquier politique, par leur plume ou leurs actions, Pierre-Frédéric Charpentier tourne les projecteurs sur leur vision du conflit. Ce dernier est le sujet d'un vif débat intellectuel au cours des années 1936 à 1939 dont les conséquences leur ont été parfois fatales.
    Cet essai est enrichi d'un riche appareil critique (chronologies, courtes synthèses sur le devenir d'une sélection des principaux auteurs évoqués dans l'ouvrage, index des noms propres, des publications et des oeuvres, bibliographie sélective détaillée), lui permettant de prétendre à devenir une référence historiographique.

  • La guerre de l'indépendance de la Grèce, qui s'étend sur une dizaine d'années, constitue avec l'expédition d'Espagne menée par le duc d'Angoulême en 1823, l'un des deux actes déterminants de la politique étrangère de la Restauration.
    Long, acharné, confus le plus souvent car étant de type guérillas et razzias, c'est un conflit atroce pendant lequel les belligérants multiplient les exactions sur les combattants et les populations civiles, femmes et enfants compris.
    Si la situation géographique de la Grèce attise la convoitise des « Puissances » de la fameuse question d'Orient, ce sont bien les opinions publiques européennes - entre poussée du romantisme et résurgence du christianisme - qui forceront leurs gouvernements à intervenir en faveur du peuple grec.

  • La Télévision gaulliste et la révolution cubaine éclaire d'un jour nouveau les relations franco-cubaines pendant la décennie que dura la présidence du Général de Gaulle (1959-1969) qui correspond précisément aux dix premières années du régime castriste.
    Il porte en particulier un regard inédit sur l'histoire de la télévision, nouveau vecteur de connaissance pour les Français mais également outil de propagande pour le pouvoir qui le mit largement à profi t afi n de servir ses intérêts.
    Contre toute attente, dans une période historique extrêmement dense, de la Crise de missiles à la Conférence tricontinentale et de la Guerre d'Algérie à Mai 68, le traitement de la révolution cubaine par la télévision française fut bien un moyen pour le général d'imposer ses choix en matière de politique intérieure et extérieure.
    En croisant les archives de l'INA et du Quai d'Orsay, Alexis Catuhe décrypte les mécanismes et les objectifs de l'information télévisuelle dont les médias actuels sont encore grandement inspirés. Il démontre que la télévision fut, et peut-être reste, un formidable outil de propagande au service du pouvoir.

  • À son apogée, au XVIe siècle, l'Empire ottoman s'étendait sur trois continents. Puis il amorça son déclin. Les sultans ne pouvaient moderniser l'empire en préservant les règles théologiques sur lesquelles il reposait. L'Empire ottoman subit les pressions divergentes des puissances européennes puis, au XIXe siècle, miné par l'éveil des nationalismes, l'empire commença à se démembrer et perdit ses possessions européennes et africaines. En rêvant de reconstituer un ensemble turc asiatique, les Jeunes-Turcs précipitèrent son effondrement qui se produisit après la Première Guerre mondiale. La révolution kémaliste préserva l'empire d'une désintégration. Sur ses ruines, Mustafa Kemal édifia une République turque laïque et moderne.


  • moins nombreux qu'en france, écrasés par un règne de terreur absolu, des hommes et des femmes de tous les âges se sont levés contre la folle entreprise de leur dirigeants.
    simples soldats et officiers, ouvriers et écrivains, prêtres et pasteurs, ils furent des dizaines de milliers à refuser la désastreuse dictature. c'est aussi grâce à leur sacrifice qu'une autre allemagne a pu renaître à la démocratie dans le concert des nations européennes.

  • Modernité hermaphrodite aborde près de deux siècles de l'histoire de ceux qu'on appelait jusqu'au début des années 2000 les hermaphrodites, qui, pour beaucoup, aujourd'hui préfèrent adopter la dénomination d'intersexes. Il commence au moment où pendant la seconde moitié du xviiie siècle les savants, anatomistes, philosophes, mythologues, artistes, littérateurs et érudits éclairés leur ont accordé un intérêt méthodique et symbolique particulier, et se termine au début du xxe siècle lorsqu'on a commencé à vouloir faire disparaître leurs anatomies sous les scalpels des chirurgiens. L'attention toute particulière qu'accorde Johann Winckelmann, père de l'histoire de l'art, aux hermaphrodites en fait le symbole du beau idéal, transcendant l'anatomie de deux sexes au travers d'un individu, jusqu'au xxe siècle où les mutilations quasi systématiques de ce qui représente, dès la naissance, un tabou médical et social deviennent la norme. Magali Le Mens met en lumière les paradoxes et le conséquences de la confusion entre une population bien réelle et tout l'imaginaire qu'elle véhicule.
    Ce volume enrichi de 110 illustrations en couleur vient combler un manque dans l'histoire des personnes intersexuées. Jusqu'à présent, les ouvrages existants se concentraient uniquement sur l'aspect médical et biologique de leur histoire. Magali Le Mens propose de redonner une présence à cette population oubliée qui nous permettra de mieux aborder encore l'histoire binaire de la différence des sexes, pour mieux la dépasser.

  • Lorsque la première édition du texte d'Adélaïde Haurval paraît en 2006, il est le premier, depuis les années 1960 (Les Médecins maudits, Christian Berdanac) à témoigner des expérimentations nazies sur les prisonniers des camps de concentration. Douze ans plus tard, la recherche s'est emparée du sujet, puis les médias et le grand public autour du très populaire Hippocrate aux enfers de Michel Cymes (Stock, 2015). Republier ce témoignage aujourd'hui lui permettra de rencontrer un nouveau public, peut-être au-delà de la cible habituelle de la collection.
    Pour le docteur Adélaïde Hautval, fille d'un pasteur alsacien, ce qu'elle appelait les « valeurs premières » devait demeurer, quelles que soient les circonstances. Elle eut à les défendre au péril de sa vie lorsqu'elle fut déportée à Auschwitz en janvier 1943, avec deux-cent-cinquante Françaises, arrêtées dans la Résistance.
    Affectée comme médecin au Block des expériences médicales sur la stérilisation, elle réussit d'abord à ne faire que soulager les jeunes martyrisées, observant scientifiquement les horreurs perpétrées par les médecins SS. Mais quand elle reçut l'ordre de prêter la main aux actes criminels, elle refusa. Elle s'était préparée à cet éventuel refus et à la mort qui s'ensuivrait. Elle fut sauvée de l'exécution par une détenue politique allemande, chef de l'infirmerie. En 1946, elle jeta sur le papier plusieurs épisodes de ce qu'elle avait vécu, mêlés de courtes réflexions sur les drames profonds qui se posaient aux déportés pour maintenir le cap de « l'inviolabilité et de la primauté de la personne humaine ».

  • « Plus de cent ans que ça dure et que le tango à Paris n'est pas près d'être le dernier. [. .. ) Indémodable tango, infatigable face à face entre Paris et Buenos Aires qui compose avec le langage du Rio de la Plata et celui du lexique parisien (le lunfardo et Pargot), une poésie lettrée et populaire. Le tango et Paris : une passion avec ses aDersretours, ses ivresses et ses déceptions, ses complicités aussi : la rencontre entre deux cultures métissées douées d'une attirance fusionneUe. [. .. ))) France culture.
    "Buenos Aires est l'épouse, Paris la maîtresse", disent les Argentins, depuis des générations. Une histoire d'amour s'est nouée entre ces deux villes un jour de 1906, grâce au tango. Cette musique, née dans les faubourgs de Buenos Aires à la fin du XIXème siècle et grandie dans ses maisons closes, atterrit à Paris comme une météorite. Son arrivée engendra cette mystérieuse complicité entre les deux cités jamais démentie depuis, et dans laquelle les poètes populaires argentins n'ont cessé de puiser leur inspiration.
    Depuis lors, plus de quatre cents tangos évoquant Paris, ses quartiers, ses paysages, ses figures légendaires et ses mythes littéraires ont été écrits par des troubadours de Buenos Aires. La langue française et l'argot parisien ont pénétré les vers du "port européen le plus austral", avec la force du mot irremplaçable. Le lien entre les deux villes fut scellé par le créateur du tango chanté, Carlos Gardel. Né à Toulouse, il est devenu le porteno par excellence. Astor Piazzola, à partir de 1955, allait confirmer cette fusion.
    Paris et Buenos Aires, le tango et Paris: une passion, avec ses allers-retours, ses ivresses et ses déceptions. C'est une histoire dans l'Histoire, scandée par les guerres, les coups d'Etat, les migrations entre les deux continents. C'est l'histoire d'un art, écrite sur un fond de bandonéon. Elle a commencé il y a un siècle. Elle dure encore. La thèse défendue par l'auteur est que c'est l'illusion complaisante d'une « philosophie chrétienne », soit de la soumission de la raison et de la nature à la foi, qui aurait permis la fabrication de cette légende des « racines » chrétiennes de l'Europe. Le fait de faire remonter « ce qu'on appelle Europe» aux doctrines de l'Eglise, c'est faire comme si les conciles avaient fondé l'Europe.

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