Gallimard

  • « Je n'ai pas eu droit à la justice, mon père non plus, ni mon grand-père. Je ne m'excuserai jamais d'être un être humain. Je ne céderai pas. Si je suis un clodo, laissez-moi être un clodo. C'est mon choix. Et ne vous avisez pas de me traiter de clodo noir. »

    Voici l'histoire : un enfant, né dans une cabane, au coeur d'une forêt perdue, grandit dans la misère. Il ramasse du coton, cire les chaussures, commet à seize ans une attaque à main armée, et se fait ouvrir à trente, honoré et respecté, les portes de la Maison-Blanche. Il invente le funk, révolutionne la soul, dynamite le rhythm and blues et le gospel, traverse le XXe siècle avec sa voix brûlante, et ses pas de danse élastiques, et vend des millions de disques dans le monde. Quand il meurt, un 25 décembre, sa dépouille, exposée au théâtre mythique de l'Apollo à New York, est saluée par des milliers de fans. Son nom, James Brown (1933-2006), alias The Godfather of Soul, alias Mr. Dynamite, alias The hardest working man in show business.

  • Debussy

    Ariane Charton

    « Les musiciens ont le privilège de capter toute la poésie de la nuit et du jour, de la terre et du ciel, d'en reconstituer l'atmosphère et d'en rythmer l'immense palpitation.
    » Indiscipliné, depuis le Conservatoire, et méprisant les succès faciles, Claude Debussy (1862-1918) dut toute sa vie faire face à de sévères critiques. Avec le Prélude à l'Après-midi d'un faune, Pelléas et Mélisande, La Mer ou encore ses Préludes pour piano, sachant se libérer des traditions romantiques et wagnériennes, il a révolutionné la musique française. Admirateur des Impressionnistes, de Verlaine et de Mallarmé, il s'est nourri d'art et de littérature mais aussi des musiques orientales et espagnoles.
    Il a recherché des harmonies et des rythmes nouveaux dans lesquelles les notes expriment sensations et images. En proie durant toute son existence à des difficultés matérielles et à des accès de spleen, il reste un compositeur à part, perfectionniste et intransigeant. Il mourut au son des canons allemands bombardant Paris.

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  • « Lorsque Usen créa les Apaches, il leur donna un pays qui se situe à l'ouest. Cela eut lieu au début de la Création : car Usen créa simultanément le peuple apache et son pays. Quand viendra le jour où les Apaches seront séparés de leur terre, ils tomberont malades et mourront. Combien de temps s'écoulera-t-il avant qu'on dise qu'il n'y a plus d'Apaches ? »

    Né sur les rives de la Gila River, dans l'actuel Nouveau-Mexique, au sein de la tribu des Apaches chiricahuas, Geronimo (vers 1823-1909) n'a jamais été chef. Guerrier belliqueux, stratège hors pair, ce fut avant tout un chamane influent et redouté. Après avoir rompu l'accord de paix négocié par Cochise, il s'enfuit à plusieurs reprises de la réserve où il était assigné et organisa des raids meurtriers au Mexique, en Arizona et au Nouveau-Mexique. Dernier guerrier apache à se rendre en septembre 1886, face à une armée de neuf mille soldats, il fut déporté avec les siens en Floride puis en Oklahoma. Converti au christianisme, devenu fermier, il mourut d'une pneumonie à Fort Sill.

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  • "Je détruirai l'ordre établi, qui sépare le plaisir du travail, qui fait du travail un fardeau et du plaisir un vice, qui rend un homme misérable par indigence et l'autre par surabondance."

  • Enfant terrible du romantisme, Alfred de Musset (1810-1857) fut considéré de son vivant comme un météore qui n'avait jamais donné la pleine mesure de son talent.
    On ne voulait voir en lui qu'un auteur de comédies charmantes, de contes légers et de poèmes lyriques. La Confession d'un enfant du siècle fut publié dans une sorte d'indifférence : il ne chercha jamais à dissiper ces malentendus. Observateur désabusé d'une époque qui l'ennuie, il est pourtant celui qui dit le mieux le désenchantement de sa génération. Trop souvent réduit à sa réputation d'écrivain sentimental et à sa liaison avec George Sand, Musset est notre contemporain : parce qu'il place sa vie et son oeuvre sous le signe de la modernité et de la liberté individuelle.

  • Calvin

    Jean-Luc Mouton

    Humaniste, fin lettré, juriste et théologien, Jean Calvin (1509-1564) est l'un des pères de la Réforme protestante. Venu après Luther, c'est dans une langue admirable qu'il développe et systématise les principes d'une foi évangélique libérée des superstitions et des carcans issus du Moyen Age. Travailleur forcené, malgré une santé défaillante, réfugié à Genève où il tente d'organiser une République nouvelle, il éblouit par ses ardeurs intellectuelles mais n'en suscite pas moins polémiques et haines inexpugnables. Caricaturé et largement ignoré, Calvin mérite beaucoup plus que la réputation de rigueur qui lui est faite. Etre complexe, à la fois rationnel et passionné, il est bien ce " prophète " jeté dans le monde moderne, chargé de ramener ses contemporains, lettrés et illettrés, à la " pureté " de l'Evangile.

  • De Gaulle

    Eric Roussel

    Entré dans la légende le 18 juin 1940 en appelant les Français à dire non à la fatalité, Charles de Gaulle (1890-1970) est un des géants de notre Histoire. Fondateur de la Ve République, il a laissé au pays des institutions toujours en place et marqué notre politique étrangère d'actes fondamentaux. Voici l'épopée vraie de cet homme exceptionnel, le type même de ces grands personnages à présent disparus, totalement dévoués à la grandeur de la Nation et fervents défenseurs de la raison d'Etat.

  • « Je n'ai jamais eu aucune ambition de devenir ou d'être une star de cinéma, mais la fascination que ce processus créatif opérait sur moi me donna l'envie de travailler et de travailler très dur pour plaire à Mr. von Sternberg. Ma légende m'a bien servie, et j'ose dire qu'elle a bien servi tous les autres cinéastes qui ont pris la suite après qu'il eut décidé que je devais continuer seule. »
    Parmi les stars de cinéma, Marlene Dietrich (1901-1992) se singularise en ce qu'elle a intimement collaboré avec un metteur en scène de génie à l'élaboration de sa propre légende. Les sept chefs-d'oeuvre qu'elle tourna en cinq ans avec Josef von Sternberg constituent le fondement de sa gloire et restent la raison essentielle de la fascination qu'elle continue d'exercer. Sa personnalité puissante et entière s'affirma cependant dans d'autres domaines cruciaux de l'histoire du XXe siècle, comme la lutte contre le nazisme ou la libération des moeurs.

  • Moïse

    Charles Szlakmann

    Taiseux, mais enseignant infatigable ; d'un commerce rugueux, mais toujours prêt à la discussion ; chef malgré lui, bègue, Moïse (1393-1273 av. J.-C.) n'en finit pas de défier les millénaires. Ainsi, l'homme qui s'est dressé contre le tyran, à la tête d'une poignée d'esclaves, suscite-t-il, aujourd'hui encore, la polémique et reste pour beaucoup source d'inspiration. Figure politique, il est devenu l'icône des mouvements de libération démocratiques, de Benjamin Franklin à Martin Luther King sans oublier les auteurs de la Déclaration des droits de l'homme. Charles Szlakmann, spécialiste de l'histoire du peuple hébreu et de la religion juive, nous dresse de celui dont Flavius Josèphe disait qu'il était " persuadé d'être inspiré par Dieu " un portrait sans concession : saisi dans son épaisseur humaine, avec ses colères, ses doutes, son pessimisme, sa droiture absolue, son inextinguible soif de justice, - et qui doit tout aux quatre femmes de sa vie...

  • " Regardez-y de près, et vous verrez que la liberté est un mot vide de sens ;
    Qu'il n'y a point, et qu'il ne peut y avoir d'êtres libres ; que nous ne sommes que ce qui convient à l'ordre général, à l'organisation, à l'éducation, et à la chaîne des événements. " Philosophe matérialiste, penseur politique audacieux, champion de la lutte contre l'obscurantisme et l'intolérance, romancier, théoricien du théâtre et du conte, codirecteur de l'Encyclopédie, Diderot (1713-1784) est l'une des figures les plus originales et les plus vigoureuses du XVIIIe siècle. Souvent précurseur de la pensée scientifique moderne dans la Lettre sur les aveugles ou le Rêve de d'Alembert, auteur de La Religieuse, " la plus effrayante satire des couvents ", et d'un roman unique en son genre, Jacques le Fataliste, initiateur de la critique d'art, penseur en quête d'une morale laïque, il est bien le génie universel ou le " pantophile " que saluait Voltaire.

  • « J'ai une tendance naturelle à m'inventer une jeunesse, un rapport avec la famille, un rapport avec la vie. J'ai l'impression d'avoir toujours inventé. Pour moi, les choses qui ne sont pas arrivées mais que j'ai inventées sont beaucoup plus vraies. » Enfant, il découvrit à Rimini les marionnettes, le cirque ambulant et les films américains. Adolescent, il connut les étés de vagabondage, le fascisme, et entama une carrière de dessinateur humoristique. Jeune homme, il partit pour Rome, la ville muse, et y rencontra Giulietta-Gelsomina, sa future femme, son clown. Adulte, il devint journaliste puis vécut enfin sa vie rêvée à Cinecittà. Triomphes à Venise, Palme d'or à Cannes, oscars à Hollywood, ce grand enfant du XXe siècle, qui avait beaucoup rêvé, aimé, donné en essayant de duper la mort, avait un nom, que ce livre tente de restituer dans toute sa truculence et sa complexité : Federico Fellini (1920-1993).

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