Langue française

  • "Par MEDIA CRISIS (CRISE DES MEDIAS), j'entends l'irresponsabilité croissante
    des mass media audiovisuels (MMAV) et leur impact dévastateur sur l'homme,
    la société et l'environnement.
    Je parle de la léthargie généralisée du public face à des MMAV agissant
    délibérément comme des vecteurs d'idéologies violentes, manipulatrices et
    autoritaires ; je me réfère également à la méconnaissance chronique et
    largement répandue des effets que ces mass media audiovisuels produisent sur chacun de nous.
    Je parle du refus quasi-unanime, dans les milieux professionnels concernés,
    d'engager le moindre débat critique touchant à leur métier. Je parle aussi
    de la répression féroce exercée au sein des MMAV pour maintenir les
    professionnels dans le rang et réduire au silence toute forme d'expression
    contradictoire.
    Enfin, je parle de l'obstruction pratiquée par les systèmes éducatifs du
    monde entier pour empêcher les jeunes d'accéder aux formes critiques d'
    enseignement des médias et tout ce qui pourrait les inciter à remettre en
    cause le rôle et les pratiques des MMAV."
    Peter Watkins

  • Avec Dante, dressé face à l Enfer, faut-il dire : « Vous qui entrez dans ce monde-ci, laissez toute espérance » ? Notre monde, frontières abolies dans le bruit et la fureur, s impose à nous en gigantesque omnisphère, qui ingère tout, exténue tout repère - se règle et se dérègle au rythme d un temps qui brûle les étapes, largue l homme claudiquant à la traîne. En dépit d inventions majeures, l homme d aujourd hui subit toujours affres et convulsions, legs d un sanglant XXe siècle. Roger Dadoun en prend acte, avec passion et lucidité, pour analyser les agressions et limites - violences, harcèlements, incertitude, souffrances, « vie et mort » - auxquelles chacun se trouve confronté dans son existence quotidienne. Contre terreurs et menaces, il ménage une place, insolite et superbe, à des notions devenues obsolètes telles que sérénité, utopie, tendresse. Il emprunte à Pelloutier, fondateur des Bourses du Travail, ce projet véritablement vital, éthique et politique à la fois : être « les amants passionnés de la culture de soi-même ».

  • Dans les milieux littéraires, intellectuels et politiques africains, Mongo Beti (1932-2001) est entré dans l'histoire tant son écriture et ses opinions ont suscité et suscitent encore débats et controverses. Reconnu dès 1954 comme l'un des écrivains de langue française les plus importants, il fut cependant censuré à la fois en France et dans de nombreux pays africains pour ses dénonciations de toutes les formes de colonisation, du néocolonialisme, des dictatures et de la Françafrique.
    Polémiste redoutable, pamphlétaire infatigable, romancier renommé et travailleur acharné, il fut pendant plus de 30 ans un écrivain exilé. Par crainte légitime des pièges et persécutions dont il pouvait être l'objet, il avait instauré une distance entre lui et quiconque cherchait à l'approcher, ce qui n'a pas facilité le travail des chercheurs autour de son oeuvre.
    « Mongo Beti parle », recueil de discussions et d'entretiens avec Ambroise Kom, est le testament d'un intellectuel hors norme qui, par son engagement total en faveur de la liberté en Afrique en général et au Cameroun en particulier, a inspiré plusieurs générations de leaders. C'est aussi un ouvrage de réflexions d'un libre penseur, avec ses ambiguïtés, ses paradoxes mais également son attachement viscéral à l'Afrique, au Cameroun et à son coin de pays natal.

  • Argent-Dieu-TV - triangle symbolique et concret pour une télévision d'épate et d'avilissement qui exploite et rabat le miracle du ciel sur la terre : ouvrir une boîte (Pont d or), tourner une roue (Fortune), dire un mot un chiffre un nom (Sésame), et voici que tombe sur têtes en extase devant un public de croyants-voyants exultants la manne des euros. Main basse sur toutes émissions « people » ou autres, les « producteurs-animateurs-présentateurs », « icônes » des temps modernes, font toujours plus fort dans le vulgaire, l'hilare et le vorace. Journalistes et chroniqueurs, petits malins à haut caquet, courent après tout ce qui renomme et rapporte. Le bouvard-et-pécuchet pullule, l'ignare se pavane, la frime triomphe. Le monopole de l'imaginaire, lié au détournement des savoirs et au trafic d informations, est chasse gardée pour l'obscène alliance entre patrons de chaînes (Fric), politiciens (Pouvoir), barons de production (Carrière), et cercles tournants de petits maîtres serviles agglutinés autour de « têtes » et « stars » préfabriquées. Le « peuple des télécommandés », ébaubi, gobe pour la gloriole éphémère et les durables profits cumulés des maîtres en décervelage et forgerie de l'image.

  • De même que la médecine de Mengele à Auschwitz était adaptée à la doctrine hitlérienne, ou que le lyssenskisme était la seule réalité scientifique compatible avec le stalinisme, la science « postindustrielle » produit une avancée conforme à la politique actuelle avec l'invention et la dissémination des organismes génétiquement modifiés.
    Selon la propagande institutionnalisée, au même titre que l'atome qui, après Hiroshima, offrait la promesse d'une production d'énergie illimitée, les OGM permettront l'éradication de la faim dans le monde et de grandes avancées thérapeutiques.
    Mais les OGM ne sont pas seulement porteurs d'un gène étranger introduit en eux par des scientifiques au service de multinationales et d'États. Les OGM sont surtout porteurs d'une politique et constituent une avancée vers un HGM, un humain génétiquement modifié.

  • Vous êtes allés au Rwanda ? Avez-vous vu des cimetières ? Au Rwanda, il n'y a pas de cimetières ; dans les années 1960 du moins, il n'y en avait pas ! Au Rwanda, on ne parle pas de la mort. Seule la vie compte. « Murare hargiana », « puissiez-vous dormir avec des puces », voilà la salutation la plus raffinée pour vous souhaiter une bonne nuit : que les puces vous réveillent et vous rappellent que vous êtes vivants, que votre sommeil soit en même temps réparateur et vigilant, parce que les vaches ne sont jamais à l'abri des voleurs ! Trente ans plus tard, plus je lisais les journaux pendant et après le génocide, plus la colère, la peine et la honte montaient en moi devant l'incompréhension et l'eurocentrisme de la plupart des journalistes. Je me mis à écrire pour crier que c'était faux, que ces massacres « ethniques » n'étaient pas si ethniques que ça. Il fallait que j'y aille, je savais qu'ils étaient morts, mais je faisais toujours le même cauchemar ; j'étais à Kigali, chez les Blancs, et je n'arrivais jamais chez mes amis. Il fallait que j'aille au Rwanda pour les enterrer.



    Une semaine en juillet 1995. Au cours de ma vie, je n'ai jamais eu autant l'impression d'être à ma place que pendant cette semaine-là.

  • Par son ampleur et sa durée, son étendue dans l'espace (Afrique, Europe, Amérique, Asie) mais aussi et surtout par ses conséquences, la traite atlantique est une question capitale qui, au-delà du peuple noir, concerne et interpelle la conscience humaine.
    Légalisée par le Code noir de Colbert en 1685, soutenue par la papauté, pensée, argumentée et justifiée par les philosophes des Lumières, la traite atlantique érigea en système une économie-monde capitaliste (avant l'heure) basée sur l'instinct de prédation, l'appât du gain et le principe de chosification de l'Homme par l'Homme.
    L'Occident chrétien, responsable de ce très grand « dérangement » de l'histoire qui dura du XVIe au XIXe siècle, organisa avec méthode la déportation de millions d'Africains. De ce trafic négrier sont nées les sociétés actuelles des Caraïbes, de la Guyane, du Brésil et les communautés noires de l'Amérique du Nord.
    Reconnus comme un crime contre l'humanité en France depuis 2001, la traite négrière transatlantique et l'esclavage représentent une lourde page de l'histoire de l'humanité et appellent un travail de mémoire et de justice.

  • Dominations

    Bruce Clarke

    L'Histoire n'est qu'une série de dominations orchestrées par une minorité au détriment d'une vaste majorité. A chaque étape, un alibi, une justification... Les mystifications modernes font appel à des formes coercitives ou incitatives pour faire accepter l'inacceptable.
    Mais les dominations se construisent sur des bases multiples, avec leurs propres contradictions qui laissent la possibilité à chacun de s'interroger et d'agir : face aux vérités imposées, devons-nous rester bouche bée et constater notre impuissance ? Ou n'est-il pas plutôt de notre devoir d'essayer de décrypter et dénoncer la mystification sous toutes ses formes ?
    DOMINATIONS est le livre d'un artiste-peintre qui résulte de ces interrogations. Il est un questionnement en textes et en images.




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  • Dans les coulisses du spectacle mondialisé du football, véritable poule aux oeufs d'or des capitalistes, s'enrichir est le premier mobile des multiples structures du business international associées à la FIFA.
    La dernière coupe du monde, diffusée à haute dose grâce aux innovations technologiques de pointe afin de faire participer et sombrer complètement le plus grand nombre d'« enfants du football » déjà « enfants de la télé », a pris des allures de ruée sauvage vers l'or.
    La compétition sportive la plus suivie au monde fut la face trop visible et l'écran dramaturgique d'un affairisme capitaliste impitoyable, sans états d'âme, froidement calculé, dont l'objectif principal est de « faire de l'or avec le sport ». Le héros souterrain de cette entreprise est Midas, le cupide. D'ailleurs, à bien y regarder, les chaussures dorées du mythifié Zidane ne disent rien d'autre aux masses fascinées par ses panenkas autant que par ses tacles trop appuyés, tous crampons dehors, qu'enrichissez-vous ! Voilà ce qui rend des idoles de masse de sa trempe aussi captivantes : quand leurs corps se performent sur terrain vert, chaque geste fait valeur marchande et rapporte son pesant d'or. Il y a de quoi rester baba devant sa bibine !




  • La France est-elle en voie d'éclatement ? Les fondations de la République française sont-elles minées ? La Démocratie, la Raison, l'Etat, la Nation... seraient, entend-on dire, autant de « valeurs » en voie d'extinction.
    Mais où est la menace et qui constitue cette menace ? Sans que cela soit une réponse implicite à ces questions, le danger porte désormais un nom, depuis que les politiques publiques ont identifié dans le "communautarisme" un nouvel objet d'action.
    « Communautarisme »... Quelle est donc cette idée aux contours flous et que nous dit ce mot de l'état de la société française ? Que produit cette catégorie improbable qui s'impose comme un nouveau champ de « lutte » pour l'Etat oe
    Le « communautarisme » n'est-il pas en fin de compte le terme générique d'un ennemi d'Etat qui permet à la société française de construire le « choc des civilisations » qu'elle prétend éviter oe





  • le management, cette technologie sociale érigée en discipline scientifique par les gourous, coachs, consultants et autres penseurs des organisations, serait la manière de gérer des individus et des projets.
    le but étant de travailler le plus et le mieux possible ensemble pour atteindre des objectifs. entendez plus précisément : la manière d'obtenir plus, toujours plus, avec le moins de moyens
    possibles, toujours moins. avatar de l'économisme, c'est-à-dire de l'économie présentée comme finalité ultime de l'activité humaine, le management est fondé sur une idéologie pratique dont l'un des préceptes de base est : "l'homme est une ressource qui doit être rentabilisée le plus possible".
    le management est bel et bien une discipline - au sens disciplinaire du terme - médiocre et subtile à la fois. médiocre car elle tente d'opérer une "réduction anthropologique" qui ferait de nous, corps et âmes, les instruments du profit édifié en principe existentiel de portée universelle. subtile car elle est aussi bien capable de nous susurrer des mots doux que de nous presser comme des citrons, sous prétexte de favoriser notre réussite, et même notre "bonheur".


  • A l'image des petits-bourgeois de « La Noce » de Bertolt Brecht, le monde des employés et des petits chefs de bureau domine le champ idéologique de l'ensemble du corps social et imposent ses valeurs. Le prolétariat semble avoir été dissous comme par magie dans cette opération. Il en a adopté les codes caractérisés par la tyrannie du même : même façon de produire, de consommer, de se divertir, de parler, de (sur)vivre. Cette classe, moyenne en tout, est l'incarnation de la fin de l'histoire, c est-à-dire de son effacement au profit de l'actualité la plus immédiate avec ce que cela comporte de sordide, d'amnésie et de malhonnêteté intellectuelle. Glorification de l'individualisme, des lieux communs, des non-lieux, du conformisme et du faux-semblant. Une victoire sans partage. Signe des temps, le slogan « Tous propriétaires ! » fait florès. Simple et édifiant, il semble se suffire à lui-même et résonne comme un cri de ralliement. A lui tout seul, il résume l'utopie des marchés et désigne un lieu d enfermement. Brandi comme un étendard, il tend à mettre sur un pied d'égalité le propriétaire d un hôtel particulier à Neuilly, celui d'un deux pièces-cuisine en HLM et celui d' « une maison de maçon ».

  • « Ô sport, tu es la Fécondité ! Tu tends par des voies directes et nobles au perfectionnement de la race en détruisant les germes morbides et en redressant les tares qui la menacent dans sa pureté nécessaire ». « Il y a deux races distinctes : celle des hommes au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs à la mine résignée et humble, à l'air vaincu ». « Seul, le sport donnera aux jeunes Latins comme il l'a donné aux jeunes Anglo-Saxons la recette pour devenir homme sainement ». « Le sport apportera à la famille, base de toute société viable, le renfort d une santé reconquise et entretenue par le plaisir sain. [...] Le sport est un facteur éminent des entreprises coloniales, à tel point que coloniser sans une vigoureuse préparation sportive constitue une dangereuse imprudence. [...] Le sport épurera les lettres et tuera l'érotisme en lui enlevant ses lecteurs ». Le baron Pierre de Coubertin, historien, pédagogue et promoteur des Jeux olympiques modernes, définit dans ces « litanies du culte sportif » l'ordre moral, familial, sexuel, politique, diplomatique, colonial, national et social. Coubertin, un homme au service de l'idéologie bourgeoise de son temps et du nôtre...

  • La place du travail au sein de la société n est ni une évidence, ni une fatalité. La prédominance de la « valeur travail » est une exception historique née du développement du capitalisme et de l impératif de croissance qu il implique. Sous peine d enfermer chacun dans ce bagne doré qu est la société de surconsommation et de surproduction, le culte du travail doit impérativement être remis en cause. Au-delà de tout choix de société et de toute orientation politique, chaque individu doit pouvoir décider librement de la place qu il entend accorder au travail dans son existence. Dans cette optique, la création d un revenu de citoyenneté, qui répond à un idéal de justice sociale, prend tout son sens. Même si cette idée n est pas neuve - Thomas More y faisait déjà allusion au XVIe siècle - le revenu de citoyenneté s appuie sur une justification philosophique forte, fondée sur la reconnaissance de l utilité sociale de chaque membre de la société et de l intérêt qu a cette société à soutenir et promouvoir la richesse sociale que chacun contribue à créer.

  • La remise en cause du travail est une remise en cause du « sens de la vie ».

    Et je postule que si l'homme ne peut se passer de travailler, il ne peut se passer non plus de critiquer le travail car loin d'être supérieur aux autres activités humaines, le travail en est au contraire la lie puisqu'il empêche, par la place qu'il occupe dans la vie et dans les rapports sociaux, la création et l'invention d'autres rapports.

    Si priver l'homme de son travail revient à le priver de son cerveau et de ses mains, à en faire un zombie puisqu'il ne sait guère faire autre chose que travailler ou recomposer ses forces pour attaquer un nouveau cycle de travail, il nous faudrait alors constater que notre évolution a réduit l'homme à un être dont le cerveau et les mains ne servent plus qu'une seule fin : le travail. Et abandonner toute critique, "nous imaginer heureux", comme le disait Camus...


  • De quelle identité peut-on se prévaloir lorsqu'on est « Noir » et que l'on s'appelle Toussaint Louverture, Ahmad Baba, Béhanzin, Malcolm X, Elijah Muhammad, Aimé Césaire, Cheikh Anta Diop, Frantz Fanon, Edson Arantes do Nascimiento alias Pelé, ou Nelson Mandela ? Des « Noirs », on en trouve sous tous les cieux, dans tous les pays, de toutes les religions, à tous les niveaux des hiérarchies sociales. Mais peut-on dire « les Noirs » comme s'il s'agissait d'une espèce à part, comme s'il s'agissait d'un conglomérat d'individus tous identiques ? D'ailleurs, qu'est-ce qu'un « Noir » ? Qu'est-ce qu'être « Noir » ? Qui sont « les Noirs » ?
    Après avoir été éjectés de la famille humaine pendant plusieurs siècles par le Code noir de Colbert, « les Noirs » ont-ils réintégré l'humanité ? Partout, on entend parler du « problème noir », de la « question noire ». Mais la « question noire », n'est-elle pas aussi et surtout la « question non-noire », qui est aussi la « question blanche », qui est aussi la « question arabe », qui est aussi la « question jaune », qui est surtout la question de l'humanité elle-même oe
    Après avoir payé par millions de vies pour le crime d'être « Noirs », les « Noirs » doivent encore payer aujourd'hui pour le même crime : ils sont toujours « Noirs » ! De quoi rendre fou l'être humain le plus zen, de quoi faire des « Noirs » les locataires désespérés d'une prison identitaire.
    Bassidiki COULIBALY est docteur en philosophie et collabore à la revue de sciences humaines Le Détour. Auteur de différents travaux sur Jean-Paul Sartre, ses domaines de recherche concernent la philosophie politique, les questions coloniales, l'Afrique et les diasporas noires.


  • Ce que les premiers hommes pensèrent des femmes en général, nul ne le sait précisément mais il est vraisemblable qu'ils furent à la fois émerveillés et effrayés par leur capacité à enfanter. Tout comme il est hautement probable que l'inquiétude prit le plus souvent le pas sur la fascination.
    On comprend dès lors mieux pourquoi les hommes, désireux de donner une apparence de légitimité à leur domination, cherchèrent à minimiser la place des femmes dans la Cité.
    Pour soumettre ces créatures menaçantes, des philosophes, des médecins et des clercs ont inculqué à la société l'idée que la Nature avait doté la femme de caractéristiques spécifiques, la rendant dangereuse pour tous.
    Aujourd'hui, malgré toutes les avancées sociales, politiques et économiques qu'elles ont chèrement conquises, les femmes auraient tort de croire qu'elles en ont fini avec ce mythe destructeur fondé sur un amalgame de fantasmes. Comme beaucoup de mythes, celui de la femme dangereuse se régénère perpétuellement.



  • face aux échecs de la modernité, les peuples traditionnels opposent une philosophie basée sur les valeurs humaines, écologiques et spirituelles qui font gravement défaut aux sociétés dites "civilisées".
    l'occident barbare et la philosophie sauvage nous convie à l'exploration d'un tel mode d'être et de penser à partir de l'exemple de l'une de ces sociétés traditionnelles : les indiens ojibwé du canada. la leçon qu'ils nous enseignent entend démontrer qu'il n'est de monde humain possible, de monde tout simplement, que dans le respect des équilibres naturels (sociaux, écologiques et religieux), et la prise de conscience par les êtres humains qu'ils ne sont qu'un élément du monde qui les entoure.
    les ojibwé l'affirment : le monde ne saurait être autrement que "beau, ordonné et harmonique".

  • « La tolérance est passée d'un état actif à un état passif, de la pratique à la non-pratique : laissez-faire les autorités constituées ! Ce sont les gens qui tolèrent le gouvernement qui, à son tour, tolère une opposition dans le cadre déterminé par les autorités constituées. La tolérance vis-à-vis de ce qui est radicalement mauvais semble bonne parce qu'elle sert la cohésion du tout qui est en route vers l'abondance ou vers plus d'abondance. Le fait qu'on tolère la crétinisation systématique aussi bien des enfants que des adultes par la publicité et la propagande, la libération des pulsions destructrices au volant dans un style de conduite agressif, le recrutement et l'entraînement de forces spéciales, la tolérance impuissante et bienveillante vis-à-vis de l'immense déception que suscitent le marchandisage, le gaspillage et l'obsolescence planifiée toutes ces choses ne sont pas des distorsions ou des aberrations, elles sont l'essence d un système qui n'encourage la tolérance que comme un moyen de perpétuer la lutte pour l'existence et de réprimer les alternatives. » En écrivant « Tolérance répressive » en 1964, Herbert Marcuse bouleverse la philosophie en général et la théorie critique en particulier.

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