Littérature traduite

  • L'attentat

    Yasmina Khadra

    Amine, chirurgien israélien d'origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d'origine et son peuple d'adoption, et s'est entièrement consacré à son métier et à sa femme, Sihem, qu'il adore. Jusqu'au jour où, au coeur de Tel Aviv, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant, semant la mort et la désolation. Toute la journée, Amine opère les victimes de l'attentat, avec pour tout réconfort l'espoir de trouver le soir l'apaisement dans les bras de Sihem. Mais quand il rentre enfin chez lui, au milieu de la nuit, elle n'est pas là. C'est à l'hôpital, où le rappelle son ami Naveed, un haut fonctionnaire de la police, qu'il apprend la nouvelle terrifiante : non seulement, il doit reconnaître le corps mutilé de sa femme mais on l'accuse elle, Sihem, d'être la kamikaze. Amine ne peut tout d'abord admettre que sa femme, qui n'a jamais manifesté un attachement particulier à la cause palestinienne, ait pu commettre un acte aussi barbare. Pourtant, il doit se résoudre à accepter l'impossible quand il reçoit le mot qu'elle lui a laissé. Alors, pour comprendre comment elle a pu en arriver à une telle extrémité, il s'efforce de rencontrer tous ceux qui l'ont poussée à ce geste fou. Et doit écouter sans répit une vérité qu'il ne peut entendre. En retraçant le cheminement cauchemardesque de cet homme confronté à l'intolérable qui le frappe au plus intime de son être, Yasmina Khadra aborde avec beaucoup de brio un des sujets le plus douloureux de notre époque et nous livre un roman d'une incroyable audace.

  • Yasmina Khadra nous entraîne avec ce nouveau roman dans le gouffre irakien.
    Son héros, un Irakien de vingt ans, né dans un village au milieu des sables où perdure depuis toujours un mode de vie archaïque, avait espéré faire des études à Bagdad. Depuis que l'invasion des troupes américaines l'a renvoyé dans son bled, il végète en écoutant palabrer les gens du village. Il y a ceux qui regrettent Saddam, ceux qui espèrent tout des Américains, et les tenants du radicalisme islamique... Un jour, à la suite d'un attentat, les G.I's. débarquent en force et contraignent les habitants à sortir de chez eux. Aux yeux du jeune homme, ils commettent l'irréparable en jetant hors de son lit son père, à demi nu. Pour un garçon élevé comme il l'a été, le spectacle de son père humilié est absolument insupportable. À cet instant, l'image qu'il a de lui-même est irrémédiablement détruite.
    La descente aux enfers d'un jeune homme broyé par le terrorisme.
    Fuyant son village, dérivant jusqu'à Bagdad, il se retrouve dans une ville déchirée par une guerre civile féroce. Sans ressources, sans repères, miné par l'humiliation, il devient une proie rêvée pour les islamistes radicaux. Recruté, manipulé, il sera conduit à se sacrifier pour une cause à laquelle il n'a jamais cru...

  • L'équation africaine

    Yasmina Khadra

    Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu'au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l'aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d'affaires versé dans l'humanitaire, lui propose de l'emmener sur son voilier jusqu'aux îles Comores, pour les besoins d'une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l'angoisse de sa captivité. Une détention à l'issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c'est le début d'une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c'est aussi pour Kurt le début d'une grande histoire d'amour. L'amour d'une femme ayant voué sa vie à panser la douleur des réfugiés du Darfour. En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme, qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale aux multiples contradictions - tour à tour effrayante, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse -, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d'un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s'ouvrir à la réalité d'un monde jusqu'alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d'un continent livré aux pires calamités.

  • Par quel cheminement aberrant un homme ordinaire peut-il, sans crier gare, sombrer dans l'horreur de la folie ? C'est ce glissement inexorable que nous décrit Yasmina Khadra à travers l'histoire de Nafa Walid, un jeune acteur qui rêvait de gloire et de pactole avant de se réveiller au coeur même du cauchemar.
    A quoi rêvent les loups est aussi l'histoire terrible d'une nation inattentive à la dérive des êtres et des choses jusqu'au jour où le ciel lui tomba sur la tête.

  • C'est en 1970 que le ciel tombe sur la tête de Medhi Khatib. Ébloui par l'intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s'est battu comme un lion pour lui obtenir une bourse d'interne dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Medhi a passé ses dix premières années au pied de l'Atlas. Pauvre, libre, heureux, choyé par une mère imprégnée de culture ancestrale et par un père qui rêve pour son pays d'un avenir démocratique et moderne, il n'envisageait rien d'autre que de continuer à jouir de l'existence et de se repaître de ces livres merveilleux dont l'abreuvait son instituteur. Du jour où l'un de ses oncles l'abandonne à l'entrée du lycée Lyautey, en lui fourrant dans les bras une paire de dindons qu'il est censé offrir au responsable de l'établissement, la vie de Medhi change de dimension.
    Les jours passent, des individus mystérieux bouleversent son existence, des situations étonnantes se succèdent et Medhi doit se rendre à l'évidence : il ne comprend rien ! Ni la vie qu'il a menée dans sa famille, ni les mots qu'il a appris dans tous ces livres qu'il adore ne sont en mesure de l'aider. Pourtant, il s'accroche. Et, au bout de quelques semaines, au moment où il commence à s'habituer à cet univers, une nouvelle épreuve lui est infligée. Il est l'unique interne du lycée qui ne rentre pas chez lui le week-end et le directeur, refusant de mobiliser trois personnes pour un seul élève pendant les vacances de la Toussaint, lui demande tout à trac quel est son meilleur ami. Medhi, au hasard, donne le nom d'un camarade qu'il connaît à peine. Le père de ce garçon, touché par la situation de Medhi, accepte de le prendre chez lui pendant les week-ends. Peut-être espère-t-il changer les idées de sa femme qui ne se remet pas de la perte d'un de leurs deux fils.
    Avec cet humour corrosif qu'on lui connaît, Fouad Laroui raconte le terrible choc culturel que représente pour ce modeste petit Marocain la découverte du mode de vie des Français : ces gens invraisemblables qui vivent dans un luxe inouï, qui mangent des choses dégoûtantes, qui parlent sans la moindre pudeur des sujets les plus sacrilèges et lui manifestent une tendresse et un intérêt qu'il ne comprend absolument pas. Le jour viendra où l'enfant devra choisir entre le paradis qu'on lui promet et sa famille d'origine.

  • Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de laissés-pour-compte ayant choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où toutes les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Ach le Borgne, aussi appelé " le Musicien " parce qu'il sait, en quelques accords de banjo, faire chanter la lune, a pris sous son aile un jeune et naïf va-nu-pieds qui lui voue une admiration sans limites. Auprès de Ach, Junior s'initie à la philosophie des Horrs. Le Horr est un clochard volontaire qui a pris le parti de vivre en marge de la ville en rejetant toutes ses valeurs : argent, travail, famille. Refusant jusqu'à la mendicité, le Horr se croit libre de toute attache. Mais lorsqu'une affection, souvent plus profonde qu'il n'y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d'ivrognes et de bras-cassés, tout détachement s'avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n'en sont pas moins sublimes. À travers cette galerie de portraits bigarrés, se dégage une dimension symbolique où l'esprit de solidarité, le sens du compagnonnage qui règnent chez les Horrs contrastent avec la violence et l'individualisme de la société moderne. Il fallait tout le talent de conteur de Khadra, et la splendeur imagée de sa langue, pour transformer le prosaïsme rebutant de l'univers des clochards en un monde hautement poétique, où l'onirisme surgit derrière les détritus. On l'aura compris, L'Olympe des infortunes est une métaphore qui dénonce avec force la décadence de notre civilisation. Yasmina Khadra se pose en moraliste de notre temps et le constat qu'il livre n'est pas flatteur : les âmes perdues ne sont pascelles que l'on croit. Et l'enfer, lui, n'est jamais où on l'attend.

  • De loin ghachimat est presque une image d'epinal avec couchers de soleil sur les montagnes.
    De près, ghachimat est un village comme les autres : on s'y côtoie depuis l'enfance, on se jalouse. on s'affronte en secret pour obtenir la main d'une fille. on étouffe sous le joug d'une tradition obsolète. on ne s'émeut guère des événements qui embrasent la capitale. qui n'a rein à se reprocher peut dormir sur ses deux oreilles, se dit-on. ceux qui ont été abattus n'étaient pas tous des anges. mais il suffit du retour au pays d'une enfant fanatisée pour que les habitants de ghachimat basculent dans le crime collectif, portés par le ressentiment et la rancoeur, pour que des garçons bien tranquilles deviennent des tueurs en série.
    Le printemps n'émerveillera ni les bêtes ni les hommes. les coquelicots évoqueront des boursouflures écorchés. l'aile gauche du cimetière atteindra bientôt les murailles d'en face. tous les jours, un convoi ira confier son cher disparu à une terre devenue charnier. avec les agneaux du seigneur, on entre insensiblement dans la réalité du drame algérien qui semble pourtant défie l'analyse et la raison.

  • L'écrivain

    Yasmina Khadra

    • Julliard
    • 11 Janvier 2001

    Depuis la partition, au début de 1997, le morituri.
    Yasmina khadra n'a pas cessé de susciter des interrogations en france, en europe et dans le monde arabe. dans son pays, notamment, la presse unanime a loué son authenticité de romancier et de témoin de la tragédie algérienne.
    Aujourd'hui, yasmina khadra a enfin le pouvoir de décliner son identité, et de lever le voile sur un mystère qu'il na pas voulu.
    L'ecrivain est le récit de cette fatalité.

  • Cousine K

    Yasmina Khadra

    Elle était ce que Dieu, dans Son immense générosité, pouvait concevoir de mieux.
    Si j'étais parvenu à la mériter, j'aurais été le plus heureux des hommes. Niais le Diable la voulait pour lui tout seul. Depuis, mes jours me sont devenus étrangers et mes nuits des concubines ingénues. Enfermé dans sa solitude et hanté par les souvenirs douloureux dé son enfance, un homme se souvient. Un roman poignant et dérangeant qui décrit de l'intérieur le mécanisme qui pousse un être simple à la folie meurtrière.
    Après, entre autres, A quoi rêvent les loups, L'Ecrivain et Les Hirondelles de Kaboul, Yasmina Khadra continue d'explorer la part sombre de l'âme humaine. Son oeuvre est appréciée d'uni vaste public dans suie douzaine de pays.

  • L'imposture des mots

    Yasmina Khadra

    Lorsqu'en janvier 2001 Yasmina Khadra publie L'Ecrivain et révèle sa véritable identité - il est commandant dans l'armée algérienne et s'appelle Mohammed Moulessehoul -, il ne s'attendait pas à devoir rendre des comptes sur son passé d'officier supérieur.
    Yasmina Khadra a décrit mieux que quiconque les mécanismes de l'intégrisme qui menace notre monde et des organisations politico-financières qui détruisent son pays. Pourtant on lui demande de renier une institution dont il explique justement dans L'Ecrivain le rôle capital qu'elle a joué dans son existence. Face à cette déconvenue, Yasmina Khadra a réagi en écrivain. Sans aigreur ni amertume, il a choisi de raconter son désarroi à ses lecteurs, les seuls interlocuteurs qui lui paraissent dignes de le juger.
    On croise dans son livre Nietzsche, Kateb Yacine, ses maîtres de toujours. Mais aussi ses propres personnages qui le persécutent : Zane, l'abominable nain des Agneaux du Seigneur, Salah l'Indochine, l'immonde recruteur du GIA d'A quoi rêvent les loups et le regretté commissaire Llob. Et surtout, au-delà de la confrontation avec la réalité du monde de l'édition jusque-là un peu mythifié, Yasmina Khadra se retrouvera face au commandant Moulessehoul.
    Lequel lui rappellera que, dans le jeu cruel qui a opposé le militaire et l'écrivain, il n'est pas facile de savoir qui a eu le plus à perdre. Avec humour, lucidité et courage, Yasmina Khadra nous donne ici l'un des textes les plus surprenants de ces dernières années.

  • Un mariage " forcé " a-t-il la moindre chance de devenir un mariage heureux ? Les catcheurs doivent-ils " tuer le père " ? Peut-on réduire l'amour à une formule mathématique ? Les sangliers sont-ils moins superstitieux que les hommes ? Avec sa verve inimitable, son imagination foisonnante et son humour décapant, qui lui valent un public toujours plus fervent, Fouad Laroui nous livre ici un recueil de cinq nouvelles drôles et poétiques autour des thèmes du mensonge et de l'absurde.

empty