Noir Sur Blanc

  • Je m'appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière.
    Celle à laquelle on ne s'est pas préparé. Je suis née par césarienne. Je suis française. Je suis d'origine algérienne.
    Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Porteuse d'une maladie chronique. Asthmatique allergique. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper inadaptée. J'écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J'ai la sensation d'avoir une double vie. J'ai fait quatre ans de thérapie. C'est ma plus longue relation. Mon rapport à l'autre est inconstant.
    J'ai besoin de me contrôler. J'ai besoin de contrôler toutes mes émotions. J'ai besoin de contrôler l'autre. Je me crois polyamoureuse. L'amour, c'est tabou à la maison, les marques de tendresse et la sexualité aussi. Je n'aime pas les garçons mais j'aime leurs accessoires. À 25 ans, je rencontre Nina Gonzalez.

  • Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abomi- nable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas - et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité.
    La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stu- péfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polo- nais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l'écrire.
    On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cui- sines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers.
    Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».

  • Alors qu'elle vient de décéder, à 83 ans, dans le plus grand anonymat, les photos de Vivian Maier, pleines d'humanité et d'attention envers les démunis et les perdants du rêve amé- ricain, sont retrouvées par hasard dans des cartons oubliés au fond d'un garde-meuble de la banlieue de Chicago. Elle n'aura donc pas connu la célébrité, ni l'engouement plané- taire qui accompagne aujourd'hui son travail d'artiste. Elle a mené une vie de solitude et de pauvreté, lestée de lourds secrets familiaux et d'épreuves. Personnalité complexe et parfois déroutante, femme libre et perdante magnifique dont le destin s'écrit entre la France et l'Amérique, elle avait choisi de vivre les yeux grands ouverts.
    Vivian Maier, une femme en contre-jour est le portrait de cette invisible, photographe de génie qui n'a pas vu la plupart de ses photos et qui, pour payer son loyer, gardait des enfants.
    Une Américaine d'origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago et nostalgique de son enfance heureuse passée dans les Hautes-Alpes.

  • Mimmo et Cristofaro sont amis à la vie à la mort, camarades de classe et complices d'école buissonnière. Cristofaro qui, chaque soir, pleure la bière de son père. Mimmo qui aime Celeste, captive du balcon quand Carmela, sa mère, s'agenouille sur le lit pour prier la Vierge tandis que les hommes du quartier se plient au-dessus d'elle. Tous rêvent d'avoir pour père Totò le pickpocket, coureur insaisissable et héros du Borgo Vecchio, qui, s'il détrousse sans vergogne les dames du centre-ville, garde son pistolet dans sa chaussette pour résister plus aisément à la tentation de s'en servir. Un pistolet que Mimmo voudrait bien utiliser contre le père de Cristofaro, pour sauver son ami d'une mort certaine.L'intrigue est semblable à celle d'un livret d'opéra : violence et beauté, bien et mal se mêlent pour nous tenir en haleine jusqu'au grand final.

  • Une jeune femme s'installe avec R., son mari, dans un hameau perdu de Basse-Silésie, à quelques dizaines de mètres de la frontière tchèque. Nous sommes aussitôt après la chute du régime communiste en Pologne, mais ce n'est pas l'unique changement perceptible : les maisons, les jardins et les forêts environnantes regorgent de vestiges et de traces laissées par les Allemands qui vivaient autrefois, majoritaires, dans cette région. Strates de terre, strates de temps, le hameau prend rapidement les dimensions de l'univers, puisque les possibilités de narrations, à partir de lui, sont infinies.
    D'une imagination débordante, mêlant légendes, ragots de villageois, explorations des rêves et de l'Internet naissant, recettes de cuisine et fines observations de nos contemporains, ce roman d'Olga Tokarczuk est l'épopée d'un tout petit lieu, avec une ahurissante galerie de personnages, dont Marta, la voisine, perruquière fantasque, qui amorce et tisse les histoires, Marek Marek qui se saoule à mort pour ne plus sentir l'énorme oiseau qui est dans sa poitrine, ou encore Ergo Sum, le professeur de latin qui se changera en loup-garou... et jusqu'à sainte Kümmernis, ravissante femme à barbe crucifiée par son père.

  • Les péregrins

    Olga Tokarczuk

    Les Pérégrins, sans doute le meilleur livre d'Olga Tokarczuk, n'est pas un « livre de voyage », mais un livre sur le phénomène du voyage. Pour les Bieguny (ou Stranniki, c'est-à-dire marcheurs ou pérégrins), une secte religieuse de l'ancienne Russie, le fait de rester au même endroit rendait l'homme plus vulnérable aux attaques du Mal, tandis qu'un déplacement incessant le mettait sur la voie du Salut. S'ils sont des hommes et des femmes de notre temps, les personnages du livre d'Olga Tokarczuk ont peut-être une motivation similaire pour voyager sans cesse. Mais davantage que le Salut, ils semblent poursuivre l'idée qu'ils se font de leur propre liberté. Pour les ressortissants de pays dont les frontières ont été verrouillées un demi-siècle durant, la liberté de voyager brille d'un éclat tout particulier. En une myriade de textes courts, l'auteur compose ici un panorama coloré du nomadisme moderne, moins soucieux de la destination que du simple fait d'être en mouvement. À travers les livres et à travers le monde d'aujourd'hui, dans les lieux et les non-lieux de ses voyages, Olga Tokarczuk a ressemblé des histoires, des images et des situations qui nous éclairent sur un monde à la fois connu, cartographié, répertorié, et absolument mystérieux, mouvant réseau de flux et de correspondances... Une multiplicité de réflexions (l'image du labyrinthe, l'analogie des circulations anatomiques, géographiques et cosmiques), de micro-récits et de choses vues, sur les zones de transit, les avions, les hôtels, le hasard des rencontres, le tourisme exotique et la baraques à souvenirs. Avec sa foi dans l'intelligence du lecteur, Olga Tokarczuk ouvre pour nous mille et une pistes de questionnement, d'étonnement et de rencontres.

  • Nous sommes dans la région de la Volga, dans les premières années de l'URSS, en 1920-1930. Jakob Bach est un Allemand de la Volga : il fait partie des descendants des Allemands venus s'installer en Russie au xviiie siècle.
    Bach est maître d'école dans le village de Gnadenthal, une colonie située sur les rives du fleuve. Un mystérieux message l'invite à donner des cours à Klara, une jeune fille vivant seule avec son père sur l'autre rive de la Volga. Bach et Klara tombent amoureux, et après le départ du père, ils s'installent ensemble dans la ferme isolée, vivant au rythme de la nature. Un jour, des intrus s'introduisent dans la ferme et violent Klara. Celle-ci meurt en couches neuf mois plus tard, laissant Bach seul avec la petite fille, Anntche.
    Après la mort de Klara, Bach s'éloigne du monde et perd l'usage de la parole. Tout en élevant l'enfant, il écrit des contes, qui de manière étrange et parfois tragique s'incarnent dans la réalité à Gnadenthal. Un autre enfant fait alors son apparition à la ferme : Vasska, un orphelin vagabond qui bouleversera la vie d'Anntche et Bach...

  • « De la chute au pas de danse... J'ai voulu écrire un livre qui soit comme une main posée sur l'épaule. » Gaëlle Josse.

    Qui ne s'est senti, de sa vie, vaciller ? Qui ne s'est jamais senti « au bord de » ? Qui n'a jamais été tenté d'abandonner la course ?
    Clara, trente-deux ans, travaille dans une société de crédit.
    Compétente, investie, efficace, elle enchaîne les rendez-vous et atteint ses objectifs.
    Un matin, tout lâche. Elle ne retourne pas travailler. Des semaines, des mois de solitude et de vide s'ouvrent devant elle.
    Amis, amours, famille, collègues, tout se délite dans l'ordre ou le désordre de leur apparition dans sa vie. La vague de fond qui la saisit modifie ses impressions et ses sentiments.
    Ce matin-là dévoile la mosaïque d'une vie et la perte de son unité, de son allant et de son élan. Une vie qui se refuse à continuer privée de sens et doit se réinventer. Une histoire minuscule et universelle porteuse d'espoir.

  • « C'est l'histoire d'un fils qui part et d'une mère qui attend. C'est un amour maternel infini, aux portes de la folie. C'est l'attente du retour, d'un partage, et le rêve d'une fête insensée. C'est un couple qui se blesse et qui s'aime. C'est en Bretagne, entre la Seconde Guerre mondiale et les années soixante, et ce pourrait être ailleurs, partout où des femmes attendent ceux qui partent, partout où des mères s'inquiètent. » Une femme perd son mari, pêcheur, en mer, elle se remarie avec le pharmacien du village. Son fils, issu de sa première union, a du mal à s'intégrer dans cette nouvelle famille et finit par lui aussi prendre la mer. Commence alors pour la narratrice une longue attente qu'elle tentera, tant bien que mal, de combler par l'imagination du grand banquet qu'elle préparera pour son fils à son retour.
    Encore une fois, par son écriture sensible et sans faille, Gaëlle Josse nous entraîne dans les méandres de l'amour.

  • En Pologne, dans la région des Sudètes. La mort s'abat en série sur des chasseurs et des personnes maltraitant les bêtes. Janina Doucheyko, une retraitée cultivée et lunaire, pense qu'il s'agit d'homicides commis par des animaux. La police procède à son arrestation...

  • « Ce roman nous va droit au coeur. Le récit du destin de l'héroïne principale, une paysanne tatare à l'époque de la dékoulakisation, est empreint d'une authenticité, d'une véracité et d'un charme tels qu'on en rencontre rarement dans la prose russe de ces dernières décennies. Je continue de me demander comment un jeune auteur a pu créer une oeuvre aussi puissante, qui chante l'amour et la tendresse en plein enfer. » Lioudmila Oulitskaïa Dans les années 1930, au Tatarstan, au coeur de la Russie. À l'âge de quinze ans, Zouleikha est mariée à un homme bien plus âgé qu'elle. Ils ont eu quatre filles, mais toutes sont mortes en bas âge. Pour son mari et sa belle-mère presque centenaire, très autoritaire, Zouleikha n'est bonne qu'à travailler. Un nouveau malheur arrive : pendant la dékoulakisation menée par Staline, le mari est assassiné et la famille expropriée. Zouleikha est déportée en Sibérie, qu'elle atteindra après un voyage en train de plusieurs mois.
    En chemin, elle découvre qu'elle est enceinte. Avec ses compagnons d'exil, paysans et intellectuels, chré- tiens, musulmans ou athées, elle participe à l'établissement d'une colonie sur la rivière Angara, loin de toute civilisation : c'est là qu'elle donnera naissance à son fils et trouvera l'amour. Mais son éducation et ses valeurs musulmanes l'empêcheront longtemps de reconnaître cet amour, et de commencer une nouvelle vie.

  • Récits ultimes

    Olga Tokarczuk

    Une subtile variation sur le thème des trois Parques. Trois femmes, de trois générations d'une même famille, sont amenées, chacune à leur tour, à regarder la mort en face. Une saga moderne d'une grande finesse psychologique qui aborde un sujet grave avec la hardiesse des oeuvres novatrices. Par la force évocatrice de ses images crues, aux subtiles correspondances, le livre nous plonge au coeur d'un univers à la fois dépaysant et familier, singulier et multiple, l'univers de la solitude au féminin.

  • Isidore Ducasse (comte de Lautréamont), Arthur Rimbaud et Germain Nouveau ont en commun d'avoir été des poètes jeunes et d'avoir écrit leur oeuvre dans les années 1870. Jeunes, ils le furent, et jeunes sont souvent leurs lecteurs d'aujourd'hui qui découvrent la grande poésie au sortir de l'adolescence, au travers de l'école, de rencontres, ou par ouï-dire. Ces lectures vont bouleverser leur vie, au moins momentanément. L'auteur, qui connut le choc de cette poésie, redécouvre de façon détaillée le destin de ces trois figures. Il revient sur les sentiments qui furent les siens à leur lecture, se souvient de sa propre jeunesse et des événements d'une époque de certitudes idéologiques et d'insouciance. La figure de Paul Verlaine et celle de Friedrich Nietzsche, alors jeune poète engagé sur le front en septembre 1870, à quelques kilomètres de Charleville-Mezières, traversent ce récit kaléidoscopique où la folie de vivre le dispute à une nostalgie parfois déroutante.

  • En 1765, l'East India Company (Compagnie anglaise des Indes orientales) force le jeune empereur moghol à établir une nouvelle administration dans ses riches provinces. Cette administration, composée de marchands anglais, s'appuie sur une armée privée pour collecter des taxes : l'Inde subit une véritable privatisation.
    L'East India Company cesse d'être une entreprise conventionnelle, spécialisée dans la soie et les épices, pour devenir un pouvoir colonial agressif, qui étend son emprise sous le couvert d'une activité commerciale. En moins de quarante ans, la Compagnie lève une armée de près de 200 000 hommes, conquiert le Bengale et finalement, en 1803, la capitale moghole de Delhi.
    Anarchie raconte comment l'un des plus puissants empires du monde s'est désintégré, tombant entre les mains d'une compagnie privée basée à des milliers de kilomètres. Dès lors, à la fin du XVIIIe siècle, l'East India Company a exercé une domination coloniale préfigurant d'une certaine façon l'exorbitant pouvoir des multinationales actuelles.

  • Un homme se confesse. Psychothérapeute, il vient de publier Changer le monde, livre dans lequel il révèle une méthode révolutionnaire destinée à guérir les hommes de tous leurs maux.
    Moins de réflexion, davantage d'action ! Voilà en substance cette thérapie de choc, qu'il a lui-même appliquée à la lettre afin de conquérir la femme dont il a toujours été secrètement amoureux.
    Un petit problème, néanmoins : notre homme est aujourd'hui interné en psychiatrie. Un drame est survenu dans son entourage.
    Jour après jour, un médecin et une infirmière lui rendent visite, et recueillent ses « révélations ».
    À la manière d'une enquête policière, nous découvrirons peu à peu son passé, ainsi que ses rapports mouvementés avec sa famille et ses patients, qui l'ont conduit à rédiger Changer le monde... et à passer à l'acte.
    Avec les élucubrations de ce psy désaxé, égocentrique, manipulateur, démagogique, et profondément dans le déni, Denis Michelis nous offre une comédie tragique plus que jamais d'actualité sur la menace constante du populisme, la tentation et le danger d'une simplification de la pensée.

  • New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d'Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d'Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l'immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé.
    Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'événements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.
    A travers ce récit résonne une histoire d'exil, de transgression, de passion amoureuse d'un homme face à ses choix les plus terribles.

  • Ella et Martha ont la petite vingtaine. Nées le même jour à seulement un an d'intervalle, les deux soeurs ont grandi comme des jumelles. Pourtant, la sombre et maussade Ella, et la brillanteet impulsive Martha sont aussi différentes que les deux faces d'une même pièce. Quand Martha fait une dépression nerveuse, c'est Ella qui prend soin d'elle.
    En plein coeur de l'hiver, elles partent se réfugier dans un hôtel perdu au milieu des montagnes, îlot de lumière au sein d'un paysage froid et dénudé, enseveli sous la neige. Isolées, hors du temps, les deux jeunes femmes vivent d'abord en symbiose. Mais des rencontres secrètes vont avoir lieu et révéleront des désirs jusque-là inconnus, ainsi que la véritable nature de leur relation.

  • Tous les lecteurs se souviennent de l'hallucinante chasse à l'homme de La Bouche pleine de terre qui avait révélé le nom de Branimir Šcepanovic au public français. D'un livre à l'autre, le talent de Šcepanovic s'est imposé à ses innombrables lecteurs. Maître du récit court, de la narration condensée riche en symboles, Šcepanovic, tel un prophète de l'Ancien Testament, révèle à l'homme sa nature tragique et risible au travers de fables allégoriques. Les quinze nouvelles inédites de la présente édition prouvent une fois de plus le talent inégalé de ce géant de la littérature universelle et intemporelle. « Les livres de Branimir S?cìepanovicì se reìveÌlent des concentreìs ouÌ de sombres firmaments se me^lent aÌ des lambeaux de ciels creìpusculaires. » (Linda Lê, extrait de la préface)

  • À sept kilomètres de Smiljevo, haut dans les montagnes, dans un hameau à l'abandon, vivent Jozo Aspic et ses quatre fils. Leur petite communauté aux habitudes sanitaires, alimentaires et sociologiques discutables n'admet ni l'État ni les fondements de la civilisation, jusqu'à ce que le fils aîné, Krešimir, en vienne à l'idée saugrenue de se trouver une femme.
    Bientôt, il devient clair que la recherche d'une épouse est encore plus difficile et hasardeuse que la lutte quotidienne des Aspic pour la sauvegarde de leur autarcie.
    La quête amoureuse du fils aîné des Aspic fait de ce road movie littéraire une comédie hilarante, où les coups de théâtre s'associent pour accomplir un miracle à la Combe aux aspics.

  • Chef-d'oeuvre de Mircea Cãrtãrescu, Solénoïde est un roman monumental où résonnent des échos de Borges, Swift et Kafka. Il s'agit du long journal halluciné d'un homme ayant renoncé à devenir écrivain, mais non à percer le mystère de l'existence.
    Après avoir grandi dans la banlieue d'une ville communiste - Bucarest, qui est à ses yeux le « musée de la mélancolie et de la ruine de toute chose », mais aussi un organisme vivant, coloré, pulsatile -, il est devenu professeur de roumain dans une école de quartier. Si le métier le rebute, c'est pourtant dans cette école terrifiante qu'il fera trois rencontres capitales : celle d'Irina, dont il tombe amoureux, celle d'un mathématicien qui l'initie aux arcanes les plus singuliers de sa discipline, et celle d'une secte mystique, les piquetistes, qui organise des manifestations contre la mort dans les cimetières de la ville.
    À ses yeux, chaque signe, chaque souvenir et chaque rêve est un élément du casse-tête dont la résolution lui fournira un « plan d'évasion », car il ne s'agit que de pouvoir échapper à la « conspiration de la normalité ».

  • Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d'une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d'une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l'espoir et la joie, l'accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.

    Après l'inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d'autres encore lui ont rendu hommage.

  • Après une rupture amoureuse, Arthur, jeune urbaniste fraîchement diplômé, débarque à Shanghai avec beaucoup d'ambition et des convictions d'emprunt.
    Cette ville sans limites ni frontières ni mémoire, ville-mensonge affamée qui semble chaque jour changer de visage, le fascine. Pourtant, elle devient de plus en plus hostile, et le rêve d'exotisme se transforme en cauchemar existentiel.
    Avec un talent descriptif stupéfiant, et l'habileté hors pair de nous faire passer de l'angoisse la plus profonde à l'hilarité, Adrien Blouët raconte une jeunesse à la fois désabusée et pleine de certitudes.

  • Pendant des siècles, les Tsiganes bulgares ont dressé et exhibé des ours, de ville en ville, et jusque sur les plages. En 2007, avec l'entrée de leur pays dans l'Union européenne, ils ont été contraints de relâcher les ours dans une réserve pour animaux sauvages. Mais aujourd'hui encore, dès que ces ours voient un humain, ils se lèvent sur leurs pattes arrière pour danser.
    Au fil de ce grand reportage littéraire en Europe de l'Est, la métaphore de l'ours dansant va prendre toute son ampleur : il n'est pas facile de retrouver la liberté. Ni de savoir quoi en faire. De Sofia à Tirana et de Belgrade jusqu'à Gori, la ville natale de Staline, en passant par Athènes, Londres et Cuba, Szablowski interroge des femmes et des hommes sur la difficile transition de leur pays vers la démocratie et l'économie de marché. Liberté, liberté chérie ? De même qu'avec les ours rendus « à la vie sauvage », qui ont été stérilisés et qui se heurtent à des clôtures électriques, la vie nouvelle des plus pauvres, à l'Est, n'est pas si simple, et le cocktail de souffrances et de nostalgie explique en bien des lieux les séductions de l'autoritarisme.

  • Voici le roman fou, drôle, cruel, et terriblement émouvant d'un écrivain monumental trahi par les mots, à la poursuite d'une vérité impossible.
    Comment écrire sur ce qui nous dépasse ? Comment fixer par des mots les épiphanies, ces instants de transcendance qui infléchissent le cours d'une vie ?
    Ces expériences se nourrissent de mystère, elles sont insaisissables, évanescentes ! Elles cessent d'être lumineuses dès qu'elles sont couchées sur le papier.
    Pourtant, que serait la littérature si elle renonçait à livrer combat ?

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