Odile Jacob

  • Le destin historique d'un grand homme se dessine-t-il dès l'enfance ? Sabine Melchior-Bonnet montre dans ce livre que derrière tout héros, qu'il soit grandiose ou maudit, il y a... une mère. C'est aussi dans les relations entre mère et fils que se joue l'Histoire. Que seraient en effet Néron, François Ier, Louis XIII, Louis XIV, Napoléon, ou encore Churchill, Staline, Hitler, sans leur mère ? L'ouvrage entreprend de revisiter ces biographies historiques sous l'angle inédit des relations entre mère et fils. C'est à résoudre le mystère de ces destins uniques que nous sommes ici conviés, dans une série de portraits d'Histoire déroutants et inattendus.

  • Radio-Alger, 22 avril 1961 : « Ici Radio-France. L'armée a pris le contrôle de l'Algérie et du Sahara... » C'est le début du putsch des généraux, et du récit palpitant qu'en fait dans ce livre Maurice Vaïsse. L'événement est bref : quatre jours, cinq nuits. Mais il renvoie à un temps plus long : celui de la crise qui couve dans l'armée et conduit à cet épisode saillant de la guerre d'Algérie, celui, aussi, de ses conséquences.
    Après 1940, la distinction entre le militaire et le politique se brouille : la Seconde Guerre mondiale et les conflits de décolonisation inversent les rapports, à la suite de crises à répétition opposant l'armée à la nation, jusqu'au putsch. Pourquoi cet échec ? Quelles en sont les séquelles ? L'ambition de cet ouvrage est de prendre la mesure de l'événement et de le replacer dans l'histoire, française et internationale.
    Maurice Vaïsse renouvelle ici une enquête inaugurée il y a quarante ans, cette fois avec la ressource d'archives alors inaccessibles. Il y a dans son livre les faits et la rigueur de l'analyse. On y perçoit aussi l'émotion d'un homme à qui l'Algérie n'est pas étrangère - il y est né et s'y trouvait en 1961 - et dont on sent la gorge nouée devant ce drame.
    De documents en témoignages, il restitue la dimension humaine du putsch, constamment présente?: dans l'attitude et les propos du général de Gaulle, les attentes des populations, les motivations et le comportement des officiers généraux - avec la dimension presque tragique du conflit des devoirs et des fidélités, et les désarrois de l'«?honneur?».
    Un livre de référence sur le putsch et sur de Gaulle.

  • Ce livre de Christian Ingrao a deux facettes. D'une part, c'est un texte d'historien sur des objets historiques situés : les discours, les représentations et les émotions des acteurs du génocide nazi ; le suicide de guerre en Allemagne et au Japon en 1945 ; la médecine d'urgence face aux attentats du 13 novembre 2015. Captivant. D'autre part, c'est un essai pour penser l'histoire, qui expérimente des rapprochements conceptuels et disciplinaires, qui analyse et met à l'épreuve notions et méthodes. Éclairant.

    À la fois livre d'histoire et livre sur l'histoire, il présente au lecteur l'oeuvre et la fabrique, dans un va-et-vient entre théorie et pratique qui fait la force du propos. Ainsi, la notion de paroxysme est d'abord analysée comme outil théorique pour l'historien, puis appliquée à des objets historiques qui en sont des figures et dont l'auteur est un spécialiste.

    On découvre l'historien au travail, réfléchissant sur sa démarche et ses concepts avant de les mettre en oeuvre pour explorer des passés utiles pour comprendre le présent.

    Tirant le bilan de vingt années d'enquête sur le nazisme et la violence de guerre aux xxe et xxie siècles, Christian Ingrao entreprend d'esquisser aussi « un avenir désirable pour l'histoire du temps présent ».

    Un livre d'histoire en même temps qu'un regard sur l'histoire de demain.
    Christian Ingrao

  • Fondateur de l'anatomie comparée et de la paléontologie, Georges Cuvier méritait une biographie pas comme les autres. Mêlant la science, l'anecdote historique et la correspondance de l'époque, celle que lui consacre Philippe Taquet plonge le lecteur dans une époque troublée, où la description d'une mâchoire de dinosaure côtoyait celle de la pile de Volta, où l'armée de la République pillait les musées européens pour remplir le Louvre et le Muséum, et où il fallait plusieurs mois pour faire venir de Hollande deux éléphants, les premiers que l'on vit à Paris, tandis qu'émeutes et attentats éclataient quelques rues plus loin.

    Il est bien difficile aujourd'hui d'imaginer l'incroyable engouement pour la science qui s'empara de la France sous la Révolution, le Consulat et le Directoire. Il fallait édifier une science nouvelle qui fasse oublier celle de l'Ancien Régime et structure une société inédite. Le Muséum et le Jardin des plantes (ex « Jardin du Roi ») furent repris par des jeunes savants brillants - Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Brongniart, Lamarck. Certains suivirent Bonaparte en Italie et en Égypte, d'autres noyautèrent l'Institut et le Collège de France, tous firent de la France du début du XIXe siècle le centre scientifique de l'Europe. Le « citoyen » Georges Cuvier en est l'exemple type. D'abord naturaliste amateur, il gravit tous les échelons de la gloire scientifique en créant une nouvelle discipline, l'anatomie comparée, et en l'étendant aux animaux fossiles, qui étaient alors de totales énigmes.
    Philippe Taquet

  • Entre 1915 et 1916, ce sont près de 1500000 , Arméniens ottomans qui perdent la vie. Parmi les innombrables violences perpétrées au cours de la Première Guerre mondiale, leur extermination constitue l'épisode le plus sanglant touchant des populations civiles. Voici, pour la première fois, non seulement l'histoire, mais aussi la " géographie " exhaustive du génocide, région par région. Cette étude rigoureuse et complète permet de comprendre la genèse de ces crimes de masse, aboutissement d'un long processus au cours duquel l'élimination physique d'une partie de sa propre population a été conçue comme la condition nécessaire à la construction de l'Etat-nation turc. Au-delà de la mémoire, ce livre-monument invite à une réflexion sur les fondements idéologiques et culturels d'une société qui rejette son passé et ne parvient pas à assumer son histoire.

  • La guerre d'Algérie a mobilisé près de deux millions d'hommes. Ces derniers gros bataillons de la République, engagés pour huit longues années, reviennent avec des séquelles et des blessures qui ne cessent aujourd'hui encore de les hanter. Les sentiments mêlés de honte ou de révolte que suscite ce conflit en soulignent toute l'ambiguïté : cette guerre continue de déranger les consciences.

    Fruit d'une enquête de vingt et un ans auprès de mille témoins et d'une connaissance du terrain, cet ouvrage restitue le vécu et la mémoire de cette dernière génération du feu. Appelés et réservistes, mais aussi professionnels, paras ou légionnaires, livrent ici, souvent pour la première fois, leur vision de cette guerre, que certains estiment avoir militairement gagnée.

    Gêneur qui empêche de commémorer en rond, l'historien ne peut que constater le traumatisme et sa pérennité. Achevé après un dernier voyage en Grande Kabylie, en avril 2015, en compagnie d'un des combattants cités, le présent ouvrage nourrit le voeu de guérir les plaies côté français et d'oeuvrer à la réconciliation des deux rives de la Méditerranée.

  • Pendant la guerre d'indépendance algérienne, les autorités françaises ouvrirent des camps d'internement pour les « suspects » arrêtés par la police ou par l'armée. Des dizaines de milliers d'Algériens y furent détenus. Recours ponctuel pour maintenir l'ordre public dans des circonstances extraordinaires ? Pas seulement. Ces camps n'étaient qu'une forme nouvelle de l'internement, dont elles avaient usé, depuis longtemps, pour réprimer les résistances qu'elles rencontraient en Algérie. Y compris en dehors des périodes de guerre ou d'insurrection.

    Cet ouvrage ne se borne pas à dénoncer les duretés des autorités ou leurs dérives aux moments de crise. Il retrace l'histoire, tout au long de la période coloniale, de la pratique de l'internement dans sa mise en oeuvre concrète par la France, depuis l'épo-que de l'indigénat.?Pourquoi était-il utilisé ? Qui en était victime ? Quel rôle jouait-il dans la tutelle exercée sur les colonisés ?

    C'est toute la logique de l'arbitraire colonial que démonte l'une de nos meilleures spécialistes dans cet ouvrage dépassionné mais clinique.

  • "quand ceux d'en haut parlent de paix, le petit peuple sait que c'est la guerre.
    Quand ceux d'en haut maudissent la guerre, les feuilles de route sont déjà remplies", écrivait brecht. pourquoi faut-il si souvent parler de la paix quand on prépare ou fait la guerre ? comment doit-on, lorsqu'on délient le pouvoir, parler de la paix dans l'espace public ? époque obscure et guerrière, le moyen âge ? pas si sûr, tant on en appelle de toutes parts à la " concorde ". aux xive et xve siècles, pendant la guerre de cent ans, en particulier, tous les acteurs, toutes les catégories sociales parlent de paix, invoquent la paix, des princes en lutte aux sujets du royaume, des clercs de l'université aux pouvoirs urbains.
    Le discours sur la paix est donc un élément central de sa mise en place ; elle passe également par des rituels qui ne sont pas de pure forme. voici ce que le moyen âge a inventé pour faire la paix. nous en portons encore la trace. le moyen âge comme vous ne l'avez jamais imaginé.

  • L'histoire de la Shoah en France envisagée dans une nouvelle perspective. S'appuyant sur un formidable travail d'archives et décrivant l'éventail des parcours des victimes, entre la vie et la mort, voici l'histoire des 991 Juifs de Lens entre 1940 et 1945, au jour le jour, famille par famille. Chaque temps de la discrimination antisémite en France est scruté du côté des persécutés : l'identification, l'aryanisation, l'arrestation, la déportation. Au total, que fallait-il faire ? Se déclarer comme juif ou se taire ? Fuir ou se cacher ?

  • Dans les années 1990, les chercheurs ont entrepris de travailler sur les prolongements du régime de Vichy dans l'Empire colonial. Cet ouvrage collectif est né des rencontres, des discussions qui ont pu s'établir entre eux. On retrouvera ici les différentes strates de leurs travaux : étude du processus de décision politique, composition des équipes dirigeantes, mise en place de relais institutionnels visant à encadrer la société, réaction des populations locales face aux impulsions politiques.
    L'enjeu de ce travail collectif est double. Le miroir colonial peut servir à éclairer les logiques profondes et les modes de fonctionnement du régime né de la défaite. Ce volume cherche également à remettre à sa juste place la période de Vichy dans la longue durée de l'histoire coloniale et de la décolonisation.
    Pour cela plusieurs étapes ont été retenues. Une première partie étudiera les conditions dans lesquelles Vichy s'est efforcé de souder le bloc colonial à la métropole. Une deuxième partie se penchera la politique autoritaire, notamment l'encadrement de la jeunesse. Les grandes manifestations de l'Algérie vichyste en 1941 témoignent également de l'effort déployé pour mettre en scène la Révolution nationale. Une troisième partie évoquera ensuite le volet répressif du régime, en particulier les conditions d'application de la législation antisémite dans l'Empire, la répression antimaçonnique
    et les camps d'internement d'Afrique du Nord. La quatrième partie dévoilera les stratégies des élites européennes et coloniales en AOF pour préserver leur capital d'influence. Enfin, les enjeux de l'après-vichy seront évoqués dans une
    dernière partie au niveau de l'Empire et approfondis à travers l'exemple significatif de Madagascar.

  • Yves Coppens nous explique ce que peuvent nous apporter les dernières trouvailles géographiques, sous forme de questions-réponses. Que peut-on dire aujourd'hui sur les grottes de Lascaux, soixante-dix ans après leur découverte ? Que nous apprennent, sur notre lignée, les primates, vieux de 10 millions d'années, qui ont été découverts récemment, en Afrique du Sud ? Pourquoi est-on désormais certain qu'il existait bel et bien des formes de cannibalisme entre Neandertal et Cro-Magnon ? L'ouvrage ne se cantonne pas aux travaux réalisés en France ou même en Europe.
    Il aborde également les recherches réalisées en Chine et en Afrique.

  • « Quel que soit le thème examiné, on constate que, au fil du temps, la condition humaine s'est améliorée. Nul ne peut nier qu'il existe des exceptions à cette affirmation. Mais, en définitive, cette restriction importe peu. D'autant moins que ces restrictions sont destinées, condamnées, pourrait-on dire, à disparaître. » M. T.
    Et si, au lieu de devenir plus dur à ceux qui l'habitent, notre monde se civilisait, s'humanisait, se bonifiait ?
    En s'appuyant sur les grands auteurs de notre littérature et sur des faits historiques, Michel Tirouflet montre que, dans tous les domaines, de la condition féminine à la guerre, en passant par la peine capitale, le racisme, la torture, l'esclavage ou encore les relations internationales, le monde s'est amélioré.

  • En interrogeant l'histoire, la psychologie et la politique, cet essai offre une réflexion sur la représentation de l'ennemi et sa manipulation et redonne du sens à l'action politique et à la notion de guerre juste.

  • La Chine sera, avant 2020, la première puissance économique du monde. Va-t-elle en prendre la direction politique ? Oscillant entre un nationalisme arrogant et une étonnante discrétion dans le concert des nations, elle émet des signaux contradictoires pour l'opinion internationale. Machiavélisme de ses dirigeants ? Crainte de réveiller le fantôme des années Mao ? Ou, plus prosaïquement, absence de vision d'une élite avant tout préoccupée par ses problèmes ? Les dirigeants chinois sont moins unifiés qu'on ne l'a cru ; ils sont inquiets de leur légitimité et du fossé grandissant avec la population.
    Nourri des voyages de François Godement en Chine et de sa connaissance intime de son histoire, ce livre en décrypte les différentes facettes : des dessous de l'affaire Bo Xilai aux soubresauts qui agitent le Parti communiste chinois, des succès éclatants d'une économie hybride à l'aggravation non moins inquiétante des inégalités sociales, se dessine le portrait d'une Chine convulsive, inquiète et qui n'a pas achevé sa mue.
    Chacun perçoit que l'immobilisme politique est confronté à des attentes grandissantes de la société chinoise, individualiste et curieuse. Ce livre le montre : si le monde attend la Chine, celle-ci pourrait encore bien le surprendre...

  • Pourquoi certains soldats de la Grande Guerre ont-ils été jugés et exécutés par les autorités militaires ? Grâce à des sources inédites, ce livre fait la lumière sur l'un des épisodes les plus sombres du premier conflit mondial.
    Mais, par-delà les faits eux-mêmes, quels ont été le travail de réhabilitation et la lutte contre la justice militaire dans l'entre-deux guerres ? Comment, à partir des années 1960, la représentation de ces fusillés s'est-elle transformée pour aboutir à la campagne britannique pour le pardon et au rappel de leur mémoire en France ?

  • Pourquoi donc Byzance a-t-elle survécu deux fois plus longtemps que Rome, son équivalent d'Occident ? Cette endurance extraordinaire est d'au-tant plus remarquable qu'elle n'était favorisée ni par la géographie ni par une prépondérance militaire. Selon Edward Luttwak, cette performance est due à l'habileté de ses souverains qui ont su s'adapter aux circonstances et inventer de nouveaux moyens de faire face à leurs ennemis successifs. La stratégie reposait donc moins sur la force militaire que sur la persuasion. Et, même au combat, les Byzantins étaient moins portés à détruire leurs adversaires qu'à les contenir. Apparue au Ve siècle face à la formidable menace représentée par les Huns d'Attila, vaincus avec un minimum de forces, cette méthode a continué à s'affiner au fil des siècles. Edward Luttwak analyse avec une extraordinaire précision tous les aspects de cet incomparable art de la guerre, étudiant aussi bien la religion et le pouvoir à Byzance que sa diplomatie, ses pratiques dynastiques, ses armes, sa tactique, son système fiscal ou encore ses méthodes d'espionnage. La " résilience " de Byzance : une leçon pour les grandes puissances de demain ?

  • Le 25 juin 1940, l'armistice signé par la France avec l'Allemagne et l'Italie entre en vigueur.
    A Alger, les appels à la continuation de la lutte dans l'empire colonial n'ont plus lieu d'être. Le régime du maréchal Pétain peut étendre son emprise. La Révolution nationale, qui prétend créer un " homme nouveau " et lutter contre l'" anti-France ", peut s'épanouir, jusqu'au débarquement américain de novembre 1942. Voici le récit de cette période encore mal connue. Elle n'est pas une simple parenthèse : se pencher sur les prolongements de la Révolution nationale outre-mer permet en effet d'enrichir le débat sur la nature et les pratiques du régime de Vichy.
    Cela éclaire aussi une étape souvent occultée de l'évolution de la société coloniale, qui annonce les affrontements à venir.

  • Le 1er novembre 1755, le tremblement de terre le plus violent jamais ressenti en Europe détruit l'opulente Lisbonne.
    Le séisme suivi d'un raz de marée et d'un incendie fait cinquante mille victimes.
    À l'occasion du 250e anniversaire du séisme, ce livre décrit ce qui s'est passé d'après les témoins oculaires, les gazettes, les dépêches des ambassadeurs et les mémoires des académies européennes, mais aussi du point de vue de la sismologie moderne. Jean-Paul Poirier restitue aussi l'impact considérable que ce désastre a eu dans le monde des idées, notamment à travers la célèbre querelle de l'optimisme entre Voltaire et Rousseau.

  • Qui sont ces juifs d'Europe marqués par la Shoah ? De quoi souffrent-ils ? Comment soigner les survivants, les enfants cachés et les descendants de victimes ? Peut-on guérir de la Shoah ? Comment être juif après la Shoah ? Comment être en vie et transmettre la vie après une telle déflagration ? Nathalie Zajde a créé au Centre Georges-Devereux un dispositif d'accueil des survivants et de leurs descendants sur trois générations : les enfants cachés nés avant la guerre de parents libres ou traqués qui ne savent toujours pas pourquoi ils ont échappé à la mort ; les enfants nés après la guerre de parents revenus des camps ; les petits-enfants de victimes submergés par le passé et inquiets de l'avenir.
    Ce livre est un témoignage de vie et d'espoir : guérir de la Shoah pour que la malédiction ne perpétue pas le maléfice de la destruction.

  • Vingt ans après la chute du communisme, qu'est devenu l'Etat russe?
    Quel sera l'avenir de la Russie? Comment expliquer sa politique extérieure? Quelles seront ses relations avec le reste du monde? Par l'une de nos meilleures spécialistes, une analyse de la transformation russe et des grands évènements qui l'ont jalonnée, notamment la guerre eu Tchétchénie, la révolution orange en Ukraine, l'affaire Ioukos, jusqu'aux élections de 2008 et au conflit en Georgie.

  • Découvrez Une histoire criminelle de la France, le livre de Alain Bauer. De la Cour des Miracles à la French Connection, de Mandrin à la Brise de Mer, de Pierrot le Fou à Mesrine, des Apaches aux gangs actuels, mais aussi de Fouché aux brigades du Tigre, cet ouvrage témoigne des figures criminelles et aussi policières qui ont marqué leur époque. Au-delà de ces personnalités mythiques et des seuls faits divers, il cherche surtout, en les replaçant dans leur contexte économique et social, à cerner les évolutions et les ruptures pour esquisser une véritable histoire sociale de la France. Condensé des imperfections humaines, le criminel, individu parfois incarné par le pouvoir, est en effet un formidable révélateur des forces et des faiblesses d'une société, nous en apprenant énormément sur nous-mêmes, par ses actes comme par la façon dont nous tentons d'y faire face. Le crime est inhérent à toute société humaine. Et, pourtant, l'histoire montre bien la relativité de la criminalité et ses transformations au cours des siècles. A la persistance de certains comportements à travers le temps répond la variété des crimes, en nombre et en qualité, qui illustrent chaque période. L'histoire du crime, c'est aussi l'histoire d'un pays !

  • Présente depuis plus de quinze siècles en France, la minorité juive n'entrera réellement dans l'espace public qu'à partir de la Déclaration des droits de l'homme, lors de la Révolution, et de l'Empire.

    En dépit des préjugés qui s'estompent difficilement, les juifs de France, au cours du XIXe siècle, vont progressivement s'intégrer sans se renier. Ils s'affirment fièrement les « enfants adoptés de la patrie ».

    Cet effort d'adaptation est encouragé et soutenu par l'ensemble de leurs structures sociales, par leurs autorités religieuses et surtout par le désir de chacun de témoigner sa reconnaissance et sa fidélité à l'État qui les a émancipés. Mais c'est aussi la République, à travers ses institutions comme l'école laïque, les lycées, le service militaire et son appareil d'État, qui a contribué à cette intégration.

    C'est ce cheminement que relate ici Béatrice Philippe, de l'émancipation en 1791 à l'affaire Dreyfus, en s'appuyant sur des archives, des extraits de presse, des témoignages. Elle s'attache à décrire comment les juifs ont perpétué leurs traditions en les tissant avec les valeurs patriotiques. La République a tout mis en oeuvre pour intégrer les nouveaux venus, mais c'est grâce à leur volonté affirmée qu'elle a pu le faire.

  • C'étaient de petits enfants juifs en France durant la guerre.
    Ils étaient destinés à périr dans les camps de la mort. Ils ont été cachés et miraculeusement sauvés. Quelles stratégies psycho- logiques ont-ils adoptées en réponse à l'injonction paradoxale qui leur était adressée : "Ne sois plus toi si tu veux être. Ne sois plus juif si tu veux rester en vie" ? Comment en sont-ils restés marqués ? Comment l'ont-ils dépassée ? Nathalie Zajde dessine ici le portrait d'une vingtaine de ces enfants cachés, anonymes ou célèbres, comme Boris Cyrulnik, Serge Klarsfeld, Saul Friedländer, André Glucksmann.
    Ils ont tous développé une surprenante intelligence du monde et un amour de la vie. Ce livre montre qu'il est possible de surmonter les événements traumatiques vécus dans l'enfance à condition d'y puiser une force particulière et d'accepter de se penser dans sa singularité, à condition de ne pas faire comme si cela n'avait pas été. Une leçon de psychologie du quotidien pour surmonter les difficultés de l'existence.

  • ?Depuis quelques années, face à la montée des fondamentalismes, l'idée que la religion serait par excellence source de tyrannie et incitation à la violence semble prévaloir. Et la Bible, juive comme chrétienne, n'échappe pas aux attaques. Qu'enseigne-t-elle en profondeur sur les questions politiques fondamentales ? Pour Armand Laferrère, "les textes bibliques apportent des réponses au moins aussi riches, aussi subtiles et aussi réalistes que celles de toute la philosophie politique européenne". Surtout, extraordinairement cohérente, la Bible a légué à l'humanité le principe selon lequel, du fait de la tendance de la nature humaine à faire le mal, tout pouvoir politique doit être limité. Loin d'être une source d'oppression, elle est, au contraire, un rempart contre toutes les tyrannies. Revenant aux sources historiques de ce qui a permis l'apparition d'une culture exaltant la liberté des individus et la protection des faibles, Armand Laferrère propose une véritable redécouverte de la Bible : ce n'est pas seulement un trésor spirituel, c'est aussi un bréviaire pour notre temps. Normalien, énarque, Armand Laferrère est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire.

empty