Vie pratique & Loisirs

  • « Ainsi, peu à peu, chaque détour de la route, chaque lacet de la montagne, finit par appeler l'écho d'un exploit et la figure d'un homme. Une nouvelle carte de France se dessine à l'intérieur de l'autre, dont les provinces sont aux couleurs des champions qui s'y sont illustrés, qui les ont illustrées. La mémoire des Anciens, fidèles et fervents, ne serait peut-être pas hostile à ce que ces champs de bataille soient baptisés du nom du rouleur ou du grimpeur qui a trouvé là l'occasion de s'accomplir. Des Vosges aux Pyrénées, sans oublier le Massif central et l'Enfer du Nord, nous verrions s'ouvrir des boulevards Bobet, des avenues du Président-Anquetil, des cours RaymondPoulidor.
    Mais le meilleur est sans doute encore d'attacher sa réputation à la conquête d'une victoire d'étape. » Antoine Blondin.

  • «On a beaucoup écrit sur le vin, pour le louer plus que pour le comprendre. Il passe pour un produit, alors qu'il est un personnage. Aussi relève-t-il plus de la psychologie que de l'agriculture, de l'amour que de l'économie politique. Nous avons donc été amené à tracer le portrait moral des trois grands vins du monde, de Bourgogne, de Bordeaux, de Champagne, et de leur plus coriace concurrent, le vin des États-Unis. Ces quatre exemples convergent vers la même conclusion : le vin est au niveau de son pays. Qu'il s'avilisse, et c'en est fini de la littérature, de l'art, de la fierté. La foi se porte en bouteilles.»

  • C haque soir, en accrochant son manteau, le commissaire Maigret s'amusait à deviner ce que sa femme lui avait mijoté : un boeuf miroton, une blanquette de veau, du fricandeau à l'oseille, une tarte aux mirabelles. Dans toutes ses enquêtes, on retrouve cette cuisine des repas de familles ou des petits bistrots, une cuisine « à l'ancienne », simple et savoureuse.
    Fin gourmet, Simenon mitonne pour son personnage ses plats de prédilection. Et il est fort rare qu'il fasse sauter un repas au commissaire : si un interrogatoire traîne en longueur, Maigret se résigne à commander des sandwiches et de la bière à la brasserie Dauphine en attendant que le suspect se décide à « passer à table » : « Vous voyez ce bureau, n'est-ce pas ? Dites-vous que vous n'en sortirez que quand vous aurez mangé le morceau. » Les aveux obtenus, il se hâte de rejoindre son foyer, boulevard Richard-Lenoir, où l'attend paisiblement Mme Maigret.
    Ami de Simenon, Courtine rappelle que cette dernière incarnait « l'idéal amoureux » du romancier. Ainsi, les plats qu'elle prépare ont à la fois le goût du terroir, de la fidélité conjugale et celui, inoubliable, de l'enfance.

  • En rendant visite à Marcel Lapierre à Villié-Morgon, Sébastien Lapaque s'est attaché à éclairer la démarche de l'un des principaux inspirateurs des vignerons français qui ont tourné le dos aux vins gonflés et standardisés pour en produire des plus goûteux et naturels. Au moment où ces vins ' nouvelle vague ' s'imposaient chez les cavistes, dans les bistrots et jusqu'à la table des restaurants étoilés, le vigneron et l'écrivain ont retracé ensemble une étonnante aventure, avec pour objectif revendiqué de lutter contre ceux qui s'acharnent à ' effacer la mémoire du goût '.

  • Une évocation tendre, narquoise, en un mot fraternelle d'un grand champion doué d'un immense charisme: Louison Bobet, le plus grand dans le coeur des Français. Il est question de son enfance, de son caractère, de sa personnalité, mais aussi de son rapport au vélo, très « pro » avant la lettre. Accessoirement la plume malicieuse et affectueuse de Jean Bobet nous gratifie de portraits en pied de quelques autres divas des années 50 : Coppi, Bartali, Anquetil, Koblet, Kubler, etc.

  • Le rugby n'est pas un sport comme le foot, la politique ou la haute finance.
    C'est l'ingrédient corsé d'un art de vivre, le théâtre d'une dramaturgie aux rites compliqués, l'expression d'un patriotisme. Il existe une géographie du rugby, une morale, une esthétique, un langage, des figures légendaires - toute la culture d'un pays où les tuiles sont romaines, les accents chantants et les apéritifs anisés. Denis Tillinac habite ce pays depuis l'adolescence. Il a voulu célébrer, avec sa plume vagabonde, les noces du rugby et de la littérature.
    Tant qu'il y aura des Jenkins et des Cécillon pour commémorer le génie des Boniface ou la bravoure des Herrero, tant qu'on parlera de rugby à Tyrosse ou à La Voulte, la France de la joie de vivre ne sera pas défunte. Ce livre va éveiller de belles nostalgies et susciter quelques polémiques.

  • Aux abords de Ceux de 14, témoignage de son séjour au front durant la Première Guerre mondiale, M. Genevoix n'a cessé d'entretenir le souvenir et d'exprimer sa fidélité à ses camarades dans des articles, préfaces, hommages et discours commémoratifs. Dans ces textes réunis ici, l'écrivain évoque ses épreuves, la solidarité des combattants, et honore le rôle de la mémoire et de la transmission.

  • Trempée dans une encre sudiste gorgée de verve et de poésie, la plume de denis lalanne a ressuscité la chanson de geste médiévale en s'illustrant comme buzzati dans un genre littéraire original : l'épopée sportive.
    Lalanne était alors le tintin malicieux du journal l'equipe, il se baladait sur la surface du globe pour y glaner de quoi étancher les fringales de son lyrisme. il aimait passionnément le journalisme, le sport, la littérature, l'amitié. la vie, en somme, conçue comme une aimable plaisanterie parfois teintée d'amertume. puis il laissa longtemps sa plume se morfondre dans son fourreau. voici qu'il dégaine, pour une commémoration joliment nostalgique des années 50 et 60, les plus fruitées de l'histoire de france moderne.
    Toute épopée exige un héros. celui de lalanne est un couple : guy et andré boniface, les fameux " boni " d'une légende aux sources mystérieuses et à l'épilogue tragique. dans le prisme magique de leurs cavalcades, on voit défiler les attendus d'une fureur de vivre empreinte de désinvolture, et on se dit en pensant à blondin, l'ami des boni, qu'au temps du rock et du twist, de gabin et de montand, de kopa et d'anquetil, toute illusion était plausible.

  • « La gastronomie est-elle un besoin chez l'homme ? Rien n'est moins évident. On ne peut forcer à boire l'âne qui n'a pas soif, ni faire manger l'homme qui n'en a pas envie. L'aspect social de la gastronomie a été mis en valeur depuis longtemps. L'homme seul se nourrit. À deux, il commence à manger. Dès l'origine du monde, une voix s'est élevée : la cuisine sera amicale ou ne sera pas. » Raymond Dumay Cette réédition fait suite à celles de La Mort du Vin en 2006 et de Célébration des alcools en 2008.

  • La pêche Melba a son histoire, comme le poulet Marengo ou le homard à l'américaine ou thermidor, inventé celui-là pour fêter le triomphe d'une tragédie de Victorien Sardou.
    Mais pourquoi telle sauce s'appelle-t-elle béarnaise, béchamel, Soubise ou Robert ? Pour quelle raison telle pâtisserie est-elle baptisée amandine ou conversation ? Et qu'en est-il, parmi tant d'autres, des amourettes, du baba, de l'épigramme, de la crêpe Suzette ou des pets-de-nonne ? Voilà ce qu'on peut trouver dans ce petit dictionnaire, qui comprend cinq cents articles illustrés par des citations puisées dans près de trois cent cinquante oeuvres du quatorzième siècle à nos jours.

  • Au cours de la seconde moitié du siècle, une véritable révolution oenologique est intervenue, dont les grands vins rouges du monde entier sont aujourd'hui les héritiers.
    Cette transformation est due à l'école bordelaise, et principalement à Emile Peynaud. Chercheur, pédagogue, homme de terrain, auteur de nombreuses publications scientifiques et d'ouvrages généraux - son livre Le Goût du vin est une référence sans équivalent - Emile Peynaud a mené sur tous les fronts sa bataille pour une nouvelle oenologie. Conseiller des plus grands crus de Bordeaux (Château Margaux, Lafite-Rothschild, La Mission Haut-Brion, Léoville Las Cases...).
    Il a aussi beaucoup travaillé à l'étranger. Toutes les grandes régions viticoles du monde portent aujourd'hui sa griffe - et celle de ses très nombreux élèves. Le grand oenologue a accepté de retracer dans ces Entretiens cinquante années de vie professionnelle : une aventure passionnante à lire impérativement par tous les amateurs de vin.

  • Le scarabée, J.-H. Fabre l'a étudié et repris tout au long de sa vie. Ainsi regroupés, ces textes nous livrent le cheminement, attentif et patient, d'une pensée qui hésite, se repentit, progresse. Et, au-delà, au terme de cette quête si fructueuse que ses résultats n'ont pas encore été dépassés, au gré d'une écriture sensible et souple, ils nous révèlent la figure exemplaire de ce savant qui sut garder en lui le privilège de s'émerveiller.

  • Apôtre du culte de la bonne chère, la littérature abonde en recettes et en anecdotes, en expériences singulières et en copieuses débâcles expérimentales. De l'opulence des tables raffinées aux soupers modestes des ventres creux, de la "haute" à la "basse" cuisine, de la gastronomie nomade aux nourritures presque célestes, cette anthologie réunit une centaine d'auteurs gourmets, gourmands ou même gloutons, pour une célébration des goûts et des saveurs.

  • Les livres de recettes sont souvent ennuyeux et quelquefois très compliqués. Or la cuisine, pour être agréable, doit être oeuvre de bonne humeur. Mais de quelle cuisine s'agit-il?
    Il y a la cuisine de tous les jours, celle que l'on doit manger pour vivre.
    Il y a la cuisine des réceptions et des fêtes, celle qui fait le gourmand vivre pour manger.
    Il y a enfin la fantaisie, le hasard de la route, l'improvisation des vacances, l'exception en un mot.
    Cette cuisine d'exception n'a jamais encore été codifiée.
    Robert J. Courtine, disciple de Curnonsky, grand prix de littérature gastronomique, vous présente, hors des sentiers battus du quotidien, ses Dimanches de la cuisine, recettes pour toutes les occasions, conseils pour les sorties et les vacances.
    Du pique-nique aux invités du dimanche, du jour sans bonne aux voyages de vacances, de la pêche du mari à la cueillette des enfants, des centaines de plats originaux, pratiques... Et des conseils pour les maris célibataires «aoûtiens».
    De l'humour aussi. Car il n'est pas indispensable qu'un livre de recettes les plus sérieuses soit ennuyeux

  • L'Ame du vin appartient à un temps béni où le plaisir de boire était naïf. Le vin n'était pas saturé de sens comme aujourd'hui. Les oenologues n'existaient pas. Il n'y avait ni expert, ni consultant, ni journaliste du vin. Il n'y avait que des amateurs. Maurice Constantin-Weyer appartient à cette espèce en voie de disparition. L'amateur est celui qui aime tout simplement, sans se laisser influencer par la doxa, comme on dit aujourd'hui, c'est-à-dire l'opinion admise, le politiquement correct. L'expert voudra toujours confisquer la parole de l'amateur évidemment incompétent. Paru en 1932, L'Ame du vin est, dans l'oeuvre de M. Constantin-Weyer, un livre à part. C'est à la fois un hymne au mystère de la vigne et à l'ivresse, un parfait guide des vins qu'il décrit région par région et un ouvrage polémique. Un livre à consommer sans modération.

  • Les génies rencontrent-ils leur art par hasard ? Probablement pas. Mais les légendes exigent une accroche forte et celle de Muhammad Ali débute avec le vol de son vélo. Un beau vélo bariolé et chromé à 60 dollars, un Schwin, venu illuminer le Noël 1954 du jeune Cassius, alors âgé de douze ans. Furieux et affolé, il sillonne les rues de Louisville jusqu'à ce qu'un type l'oriente vers le Columbia Gym, où l'officier de police blanc Joe Martin occupe son temps libre à la formation de jeunes boxeurs. Cassius est fasciné par l'ambiance, l'odeur de la salle. Le génie vient de découvrir son art. Voilà pour la légende. Mais si fureur il y eut, il s'agissait sûrement d'une colère noire, agrémentée d'une frousse bleue de la réaction de son père, le peintre des enseignes publicitaires de Louisville, tant la vie de Clay-Ali est une histoire de couleurs, à dominante noire... Une biographie livrée tel un long corps à corps.

  • Prince des épicuriens, Grimod de La Reynière (1758-1838) a élevé la cuisine au rang des beaux-arts. Les repas qu'il organisait sont devenus légendaires grâce aux récits de ses contemporains, qui n'ont pas hésité à les assaisonner d'un peu de fiction pour ajouter à leur pittoresque. On sait moins que Grimod fut aussi un redoutable théoricien de l'art de bien recevoir. En témoigne Variétés gourmandes, choix de textes extraits du Manuel des Amphitryons (1808), de l'Almanach des Gourmands (1803-1812), encore largement inédit, et du journal des Gourmands et des Belles (1806-1807) qui n'a jamais fait l'objet d'une réédition. Une sélection des somptueux menus qu'il avait établis en fonction des saisons complète cette délectable anthologie.

  • La cuisine de caroline

    Haedens/Gault

    " Caroline a toujours considéré l'art de la cuisine comme une fête permanente.
    Elle trouvait plaisir à créer des couleurs qui donnaient à quelques-uns de ses plats une certaine splendeur dorée comme une caresse de Vélasquez. Ce plaisir se doublait d'une joie profonde quand autour de sa table venaient s'asseoir les amis. A vrai dire il ne venait jamais quelqu'un d'autre. La cuisine ne tolère que l'amitié. [...] C'est Roger Nimier qui lui a donné le premier l'idée et le désir d'écrire des recettes, de noter des conseils, de livrer au public sa propre expérience.
    Caroline était en cuisine comme en tout la modestie même, et il ne lui serait pas venu à l'idée de composer un livre pour dire ce qu'elle faisait tous les jours. Roger sut lui faire comprendre que ce livre allait créer des instants de bonheur. Avec lui, les recettes ne devaient pas se présenter comme des énigmes, mais comme un guide de la plus grande clarté. Ses conseils ne sont pas des songes, ils désignent point par point une exquise réalité.
    Caroline écrivait souvent le soir quand la nuit venait des Pyrénées et que tout dormait dans la maison, sauf une souris et deux chiens. Même dans les plus petites choses elle engageait son coeur. " KLEBER HAEDENS.

  • Le sport aura été, avec le cinéma, une des plus belles inventions de notre siècle.
    Né en Grèce, disparu pendant deux mille ans, redécouvert par les Anglais à la fin du dix-neuvième, il a peu à peu conquis tous les publics et tous les pays. Une conquête magnifique - et pacifique. Il a résisté à tout. A la télévision, qui banalise. À l'argent, qui corrompt. Il a fait triompher, contre ces deux plaies de la vie moderne, ses évidences : la vérité contre l'artifice, le courage vrai, le dépassement de soi, l'esprit d'équipe.
    Chaque jour, il nous rappelle le message de la Grèce : le monde est plein de merveilles, mais la merveille des merveilles, c'est l'Homme. Il a eu ses peintres et ses poètes, de Giraudoux à Hemingway, et de Paul Morand à Antoine Blondin. Sans oublier Montherlant, prince du style, grand parmi les grands, l'auteur du Paradis à l'ombre des épées et de Onze devant la porte dorée. Voici un livre qui prendra place à côté de ces deux chefs d'oeuvre.
    Vladimir Dimitrijevié est aujourd'hui, avec Guy Roux, l'homme qui parle le mieux du football. Lui-même a pratiqué ce jeu depuis l'âge de dix ans, et a été obligé de s'arrêter à dix-huit, à la suite d'un accident. Il nous donne ici un essai lumineux, chaleureux, rempli d'analyses, d'anecdotes, de remarques techniques et psychologiques, de portraits, de souvenirs, sur le Sport-Roi du vingtième siècle.
    Il évoque les grands joueurs, les grandes équipes, les grandes époques. Et l'enfance, qui est l'âme du sport. Un texte où l'intelligence contribue à chaque instant à éclairer la passion. Bernard de Fallois.

  • longtemps grand reporter au monde, biographe de blum, mendès france, mauriac, champollion, historien des jésuites, jean, lacouture est aussi un bordelais féru de rugby depuis son enfance.
    ces chroniques traversent le temps pour nous décrire sa passion. lacouture évoque avec une étonnante érudition l'histoire du rugby, sa géographie, sa sociologie, ses légendes. puis il s'appesantit sur quelques moments de vérité, de gloire ou de passion, l'occitanie ou des îles britanniques, entre les années soixante et les années quatre-vingt. intelligent, instructif et riche en anecdotes et digressions savoureuses.

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