Robert Laffont

  • Ce livre apparaîtra aujourd'hui, pour les centaines de milliers de lecteurs des grives aux loups et des palombes ne passeront plus, comme le livre de l'amitié qui s'est tissée entre l'auteur et ses lecteurs.
    Claude michelet y raconte son enfance, à brive, dans une famille provinciale, bourgeoise et bien-pensante : rien de plus banal, avant 1940. mais voici la défaite, le déferlement de l'exode et, pour edmond michelet, la résistance, l'arrestation, la déportation, enfin la nomination comme ministre des armées! toute la famille quitte brive et se retrouve à paris dans d'inirrienses appartements qui donnent sur la place de la concorde.
    Une nouvelle vie commence. mais les écoles parisiennes ne lui font pas oublier les bois de la corrèze , en vérité, il étouffe à paris : à quatorze ans, il décide qu'il sera agriculteur. on connaît la suite - et comment le petit dernier de la famille est devenu écrivain et célèbre...

  • Un seul être aura empli la vie de Vincent : sa mère.
    Vincent a dix ans. Il vit aux Terres blondes, une métairie de la vallée de la Vézère. Il va à l'école, il travaille aux champs, mais, quoi qu'il fasse, il ne pense qu'à sa mère, qui vit enfermée dans un silence perpétuel et qu'il imagine sans cesse menacée. Alors toujours il court : de l'école à la maison, des champs à la ferme pour être près d'elle, veiller sur elle. Et il lui parle, il entretient son propre rêve de retrouver l'homme qu'elle a aimé, son père à lui, et qui les attend quelque part, à la mer, à la montagne, il ne sait, mais qui leur reviendra, c'est sûr.
    Pour ne pas être séparé d'elle, il est prêt à toutes les audaces, toutes les folies, toutes les violences. Pour toujours la protéger, toujours nourrir le rêve...

  • L'agriculture, pour Claude Michelet, c'est un choix. Tout jeune, il s'est attaché à ce petit domaine proche de Brive, exploité par un domestique, où la famille passe les vacances : la terre de Marcillac. À douze ans, il décide qu'il sera paysan. Son père, Edmond Michelet, ne s'oppose pas à ce qui semble être une vocation. À l'école d'agriculture de Lancosme-en-Brenne, Claude apprend qu'il existe d'autres méthodes de culture que celles que l'on pratiquait alors dans la basse Corrèze. En 1960, il s'installe à Marcillac, dix-neuf hectares cinquantes ares de terres usées en friches, cinq vaches et une génisse, c'est toute sa richesse. Il se met à l'ouvrage.

    Ici, très simplement, il dit ce que furent ces années de reconquête : ses travaux et ses peines, ses réussites et ses échecs, ses bonheurs et ses déboires. Parlant de lui et des siens, de sa terre et de ses bêtes, il exprime l'inquiétude de centaines de milliers de petits exploitants désorientés par les décisions souvent contradictoires venues d'en haut et de très loin, qui craignent l'avenir et parfois se révoltent. Ces hommes-là se reconnaîtront dans ses propos. Les autres, les citadins, y découvriront une réalité qu'ils ignorent. Et chacun prendra conscience, à travers les pages de ce livre passionné, qu'une partie de la plus haute importance se joue dans les milliers d'exploitations qui jalonnent la France : la survie d'une civilisation à visage humain.

  • 1903. L'électricité se répand dans les campagnes. Valentin Lescure, maire de Cornemule, gros bourg corrézien, sème la panique lorsqu'il proclame fièrement : «Je vais être celui qui fait briller le soleil à minuit !» Jusqu'à présent, les huit cents habitants de Cornemule ne s'éclairaient qu'à la chandelle et à la lampe à pétrole, et s'en trouvaient fort bien. Or voici que le maire, à l'approche des élections municipales, fait cette déclaration. Et déjà un barrage et une usine sont projetés. Émotion ! Les vaches vont crever, les hommes perdre leur virilité? L'ancien maire, Me Béranger, prend la tête de la révolte, soutenu par tous les agriculteurs et le fabricant de chandelles du village.C'est alors qu'un beau soir, la place s'éclaire, et ce que l'on ne voyait pas dans l'obscurité se révèle: presque chaque nuit, l'un ou l'autre des notables du bourg rend visite à Joséphine, la très belle buraliste. Scandale ! Et tandis que la campagne électorale attise les passions, un mal mystérieux se répand?

  • Les externes libres qui se rendaient au lycée Michel-Montaigne de Bordeaux en longeant la faculté de médecine ne prêtaient guère attention à cet inconnu, allongé à l'abri d'une étroite verrière. À force de le voir, hiver après été, ils ne le voyaient plus. Aucun d'eux n'aurait pu dire qui il était, d'où il venait, ni même ce qu'il devint le jour où il disparut. Roger Boussinot pas plus que ses camarades.

    L'image de ce vieillard insolite, échoué sur le trottoir de la grande ville, n'a cessé de hanter Roger Boussinot. Quarante ans plus tard, en 1976, il tente de répondre aux questions qu'il ne s'est pas posées, adolescent. Il donne un nom à cet inconnu : Jean, dit Chalosse ; il imagine sa vie : celle d'un de ces " moutonniers " qui, jadis, juchés sur des échasses, poussaient les troupeaux, de la Gironde aux Pyrénées, à travers des landes encore inviolées. Il en a déduit les événements qui ont conduit sur les marches de la faculté de médecine de Bordeaux le dernier représentant d'une civilisation assassinée.

  • Claude Michelet revient ici sur son goût irrésistible de l'enfance, capital dans la formation de sa sensibilité et de tout ce qui fera de lui l'homme et l'écrivain qu'il est devenu. Il romance le souvenir de ses cavalcades étourdissantes dans la campagne corrézienne et du rude apprentissage des choses et des gens auquel il a dû s'atteler dans ses années de jeunesse (" Il était une fois dans la vallée ", " Farouche ") ; il redit son respect profond du travail des hommes, son admiration devant leur courage, devant leurs faiblesses si touchantes et leur noblesse ordinaire (c'est particulièrement sensible dans la belle histoire du Joug amoureusement et patiemment sculpté au début du XXe siècle, et qui finira en élément de décoration d'une résidence secondaire au début du XXIe) ; il revient sur le poids accablant de l'Histoire (" Angelina et José ") qui a durement forgé le siècle qui vient de finir ; et il n'oublie pas la force de l'imaginaire et la capacité des hommes à éclater de rire (" La légende de la pomme ") quand ils sont à bout de ressources. Dans toutes ces nouvelles si différentes d'inspiration et de ton, on retrouve les deux moteurs qui font bouger, vivre et créer Claude Michelet depuis tant d'années : la colère et la tendresse.

  • Depuis sa naissance, dans les années 1920, Émile Peyrissac habite un petit village sur les bords de la Dordogne. Il nous raconte la vie merveilleuse et simple que menaient les gens qui connaissaient les secrets de cette vallée sauvage, en ces temps bénis où la rivière regorgeait de saumons. Entre son grand-père qu'il adorait, ses parents rudes mais bons, son instituteur et son amie d'enfance, la jolie Gaby Croze, Émile connut un bonheur parfait. À l'âge où Gaby et Émile découvrent l'amour, les premiers drames font voler en éclats ce fragile édifice. La mère d'Émile meurt, laissant le père inconsolable, Gaby part à Tulle pour ses études secondaires, la construction d'un grand barrage sur la Dordogne va noyer plusieurs villages de la vallée et entraîner des expropriations massives. Puis la guerre arrive, les Allemands envahissent la France. La Résistance s'organise dans la région et Émile s'engage dans un mouvement très actif. Il quitte son père et doit trouver du travail au barrage. Devenue institutrice, Gaby épouse un homme de la ville. Elle révèle à Émile que son mari est un collaborateur et qu'elle désire rejoindre le maquis. Cette décision entraînera son arrestation et sa déportation. Après la Libération, la vie semble reprendre son cours... Émile retrouvera-t-il Gaby ? Au soir de sa vie, il contemplera la Dordogne au couchant avec un sentiment de plénitude et de sérénité, ce fleuve qui aura rythmé toute son existence.

  • Au soir du 27 février 2010, les habitants de la Faute-sur-Mer se sont endormis paisiblement sans s'inquiéter de la tempête annoncée.
    C'est à 3 heures du matin que les digues ont lâché et que la mer est montée. Lentement, inexorablement, elle a noyé les plages, les routes, les jardins et, sans jamais modifier son allure, elle a enlacé les maisons, piégé les résidents et tenté de les engloutir.
    À travers l'histoire de quatre familles, Yves Viollier raconte ces heures atroces que ces hommes, ces femmes et ces enfants ont dû affronter en tentant de toutes leurs forces de survivre.
    Il y a les Clemenceau, Guillame et Alexandra, et leur toute petite fille Amandine, les Murail, un vieux couple installés là depuis toujours, Julie, la jeune célibataire et son chat, et enfin les Montauran, grands-parents de Jérémie et de Claire que leurs parents leur ont confiés pour les vacances scolaires.
    Torturés par l'angoisse, la culpabilité, le désespoir, s'accrochant au moindre espoir, montant sur les chaises, les tables, les meubles, poussés inexorablement vers le plafond et le toit, tous tenteront d'échapper à cet élément si familier devenu en quelques heures un ennemi mortel. Tous ne seront pas sauvés.
    À travers le destin de ces quelques personnages, c'est toute la dimension tragique de cette catastrophe qu'Yves Viollier a su rendre. Il nous dit l'horreur de cette nuit mais aussi la dignité, le courage et la solidarité dont ont fait preuve toute une population, tout un pays, toute une région.

  • Douze ans, pas franchement beau, il ne fiche rien à l'école.
    À l'occasion, il chaparde. " On n'en fera jamais rien ", se lamente sa grand-mère. Tout le village est bien de cet avis. Il s'appelle Matthieu. Arrive Marion. Ils ont le même âge. Lui, éclatant de santé ; elle, gravement malade : leucémique. Pour lui faire plaisir, pour amener un sourire sur ses lèvres pâles, il lui fait des cadeaux : une pochette-surprise, des bonbons, un stylo en or, un collier, un briquet - tous volés, bien sûr - : leur trésor.
    Et, parce que Marion lui a dit qu'elle se sentait mieux lorsqu'elle avait communié, un jour il va trop loin. Le ciboire et les hosties consacrées disparaissent. Scandale ! Cinq années dans un centre d'éducation surveillée, et Matthieu est libre. Il n'a cessé de penser à Marion ; il la retrouve. La maladie n'a pas abandonné la jeune fille, Matthieu ne l'abandonnera pas non plus. Il ira jusqu'à Villejuif, pour, à force d'attention, de tendresse, la ramener à la vie - et se sauver lui-même...
    Une histoire telle que Gilbert Bordes aime en raconter, telle que ses lecteurs aiment en lire. Un moment d'émotion et de bonheur.

  • Renée et Bernard Villebois ont hérité d´une grande maison ? une bâtisse du XVe siècle, abandonnée depuis longtemps, où tout est à refaire. L´événement fait resurgir un passé enfoui... L´aubaine se transforme en cauchemar.Une lettre anonyme est adressée à Renée: «Fille de Boche, fille de Boche...», suivie de plusieurs autres courriers et d´attentats... Il est vrai que Renée est née des amours de sa mère avec un jeune officier allemand, à la veille de la Libération. Qui la poursuit de sa haine cinquante ans plus tard? Qui est le corbeau? Pourquoi cet acharnement? Ils font face jusqu´à manquer, l´un et l´autre, y perdre la vie. Peut-être que sans la maison à reconstruire, ils se seraient abandonnés, mais la maison est là, qui chaque jour renaît de sa ruine. Et reconstruire le «château» de Tourtras, c´est se reconstruire soi-même...Yves Viollier est un Vendéen, mais c´est un amoureux de la Charente; de sa lumière, de sa douceur. Dans ce nouveau roman, il plante son décor et installe ses personnages dans un village et une maison situés sur un promontoire qui domine la vallée: toute la Charente est sous les yeux du lecteur.

  • Qui est réellement cet animal qui défigure ses victimes et sème la terreur dans les forêts de Lozère ?
    Un thriller très noir, mené de main de maître par Gilbert Bordes.

    La paisible bourgade rurale de Villeroy est sens dessus dessous depuis qu'un mystérieux animal s'attaque aux habitants de la petite cité lozérienne. Chien, loup, bête fantastique..., les plus folles rumeurs courent sur le compte de cet étrange canidé aux yeux jaunes, qui rode dans les parages du Parc naturel régional. Pourquoi s'en prend-il aux hommes, et pourquoi leur laisse-t-il la vie sauve après les avoir défigurés ? Chargé de l'enquête, le placide commissaire Boissy prend très vite la mesure de la complexité du dossier, car ces événements dramatiques cristallisent des peurs ancestrales et ravivent bien des ranc½urs...
    La traque s'organise ; des moyens considérables sont mobilisés, mais l'animal demeure insaisissable. Et les tensions s'exacerbent  au sein de la communauté villageoise : les chasseurs accusent les écologistes de jouer les apprentis sorciers, les activités du Centre de recherches biologiques alimentent tous les fantasmes, quant aux gens du voyage installés dans la forêt, ils sont très vite désignés à la vindicte publique... Seul le docteur Juillet semble partager la perplexité du commissaire en charge de l'enquête. La rencontre du médecin de campagne avec Maria, une ravissante Tsigane au lourd secret, permettra-t-elle de lever le voile sur cette ténébreuse affaire ?
    Entremêlant avec bonheur les genres du roman policier et du roman d'amour - en égratignant au passage, et mine de rien, de nombreux préjugés -, Les Secrets de la forêt est une incontestable réussite. À la manière d'un Simenon, Gilbert Bordes scrute d'un ½il avisé, tantôt sévère et tantôt tendre, la grandeur et les travers de l'âme humaine. Roman foisonnant à l'intrigue diabolique, Les Secrets de la forêt se laisse dévorer d'une traite.

    Romancier des situations contemporaines (Le Porteur de destins, prix Maison de la presse ; La Nuit des hulottes, prix RTL/Grand Public), Gilbert Bordes sest aussi révélé grand romancier de lHistoire avec Les Frères du diable (Robert Laffont, 1999) et Lydia de Malemort (2000). Les Secrets de la forêt est son vingt-quatrième roman.


  • Après le succès de Quelque part dans le monde (Prix du roman populaire 2007),
    Claude Michelet nous offre la suite des aventures de Sylvestre Neyrat et Terry Finnegan.

    La lettre en provenance de Paris, dont Terry Finnegan vient de prendre connaissance dans son bureau de Boston, est porteuse de mauvaises nouvelles. Le Nieuport de son amant, pilote dans l'escadrille des Cigognes, a été abattu au cours d'un combat aérien. Il serait toutefois toujours vivant. La jeune femme s'embarque immédiatement pour la France malgré le danger. Quand elle parvient enfin à localiser Sylvestre, il est en Allemagne et très gravement blessé. Grâce à un accord de coopération entre les deux pays et un peu d'ingéniosité, il se fait rapatrier en France. Les deux amants connaissent d'intenses mais brèves retrouvailles. Sylvestre reprend rapidement du service, mais loin du front. Terry, quant à elle, effectue des reportages de guerre afin de témoigner auprès de ses compatriotes. Mais elle doit rentrer au plus vite à Boston pour reprendre en main son groupe de presse. Ils se rejoignent pour quelque temps aux États-Unis afin de préparer l'entrée en guerre du pays, et c'est ensemble qu'ils rentrent en France où Terry couvre le conflit pour la presse américaine. De Boston à Paris, de New York à Berlin en passant par Lisbonne, les deux amants se retrouvent égarés dans une course éperdue, emportés dans un tumultueux tourbillon, ballottés au gré du grand vent de l'Histoire.

    Quand ce jour viendra, étourdissant chassé-croisé entre deux êtres d'exception, s'impose à la fois comme un roman d'aventures au souffle épique et comme un grand roman d'amour. Construit sur les quêtes parallèles des deux héros, qui ne cessent de se croiser et de s'éloigner l'un de l'autre pour mieux se retrouver, le récit est mené tambour battant. Claude Michelet entraîne son lecteur à suivre Sylvestre et Terry dans leur périple à travers une Europe en flammes jusqu au coeur du brasier.

  • La route de glace

    Yves Viollier

    Vous souvenez-vous de Pierre et de Maïa, les héros romantiques de La Flèche rouge oe
    Dans La Flèche rouge, Pierre, un jeune communiste français, tombait fou amoureux d'une très belle danseuse du Bolchoï, Maïa, à l'occasion d'un voyage en train joignant Saint-Pétersbourg à Moscou. Une passion commune que le début de la Seconde Guerre mondiale se chargea de réduire à néant... Treize ans plus tard, Pierre s'est résigné à reconstruire sa vie et connaît un mariage heureux avec la douce Hélène. Mais quand l'occasion se présente de retourner à Moscou, il ne peut résister : il part retrouver Maïa. Là-bas, les deux amants renouent, l'espace d'une nuit, avec la force dévastatrice de leur amour. Rentré dans son village, Pierre souffre mille morts. Comment peut-il abandonner Maïa ? De quel droit ose-t-il trahir Hélène ? Lorsque, quelques années plus tard, Maïa décide de profiter du passage du Bolchoï à Paris pour fuir le régime communiste, Pierre va l'aider sans hésiter. En faisant ce choix, il sait qu'il va briser la vie d Hélène pour ce qui n'est peut-être qu'un rêve d'adolescent, mais il ignore encore les autres épreuves qui l'attendent...

  • Pour ces paysans vendéens, quitter leur terre martyre, leurs églises, leurs familles, c'était presque une désertion. On ne s'y résolvait pas sans déchirement, quelle que fût la misère. Mais quand Antoine Gendreau rentre de captivité, en 1919, et qu'il se retrouve veuf, il décide de secouer le poids du passé et de la routine et de recommencer ailleurs une vie nouvelle. Ailleurs : pas loin, en Charente, où la terre et le ciel sont plus doux et où tant de Vendéens déjà ont émigré.
    Malgré les réticences du père, mais soutenu par sa mère et ses deux frères, il entraîne toute la famille sur les routes de Charente. Ils s'installent à Martignac, sur une grande propriété en friche, Sarreboute, comme des pionniers.
    Ce qu'ils feront de Sarreboute, année après année ; quelles seront leurs peines, leurs joies, leurs espérances ; quels conflits - entre Antoine et son frère Louis-Marie même, pour l'amour d'Angéline - les déchireront ; quel long, long chemin sera celui de Louis-Marie jusqu'à la réalisation du grand rêve : rejoindre les rangs de l'aristocratie terrienne qui cultive la vigne et distille son cognac - c'est toute l'histoire que content Les Pêches de vigne.
    La terre, la famille, l'amour, réalités charnelles. Ici, tout est vrai et juste. Deux pays s'y épousent : c'est la rigueur vendéenne éclairée par la lumière charentaise.

  • On l'appelle la Mule.
    Elle est sourde et muette de naissance.
    Dans ce grand domaine de la haute Corrèze où elle est domestique, on la traite comme une bête ; on abuse d'elle, et de toutes les manières, assuré qu'elle ne saurait dénoncer ses tourmenteurs. Elle est belle, avec de grands yeux noirs.
    Antoine Rolandier, de retour de captivité, la retrouve. Il sait que, tout enfant, Jeanne - c'est le nom de la jeune femme - ne quittait pas d'un pas Paul Rolandier, son grand-père, le plus riche meunier de la vallée de Bar.
    Elle seule peut connaître l'endroit où le vieil homme a caché son or, avant de mourir dans l'incendie de son moulin, ce moulin qu'il veut reconstruire. Il lui faut rompre le silence de la Mule, pour savoir...
    Il entreprend d'apprendre à lire et à écrire à la jeune femme. A force d'attention et d'affection, difficilement, il réveille chez la Mule l'intelligence et la mémoire, en même temps qu'il lui rend sa dignité de femme.
    Une histoire simple, lumineuse jusque dans ses ténèbres, qui ramène, un jour, Antoine sur les ruines du moulin de Bar.

  • Voici Jean-Pierre CHABROL devenu le père de son père.
    Il est cet homme qu'il ne savait pas aimer à ce point-là et dont un malentendu le sépara trop longtemps, ce bonhomme couleur muraille, qui, de 1890 à 1970, traversa le siècle, et quel siècle !... La main dans les poches, paisible comme un volcan mal éteint, faisant front, mine de rien, avec son petit, à la ronde infernale des femmes à l'amour dévorant, grand-mère, mère épouse, bru, maîtresses... Dans cette Cévenne tendre et violente où le pire et le meilleur ne se passent pas forcément entre le temple et le syndicat, entre l'Evangile et le marxisme, où la griffe peut jaillir du gant de velours, le fiel du miel.
    Son père, sa mère, sa femme, Mac Orlan, Brel, Brassens, Aragon..., tant de ses proches tombaient autour de lui que, " cerné de près par les enterrements ", le romancier avait perdu le goût de l'écriture. Il lui a fallu dix ans pour le retrouver, mais avec quelle passion ! Il n'écrit pas, il ressuscite... L'auteur ne ménage personne, et surtout pas lui-même, dans le roman de cette tribu chaleureuse et inquiétante dans laquelle les étrangères avaient tant de mal à se faire accepter.
    La figure du père illumine le récit. Rarement être fut plus doué pour le bonheur... Un bonheur qu'il semait autour de lui à pleine main. Le père de Jean-Pierre CHABROL était manchot.

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