Pleine Page

  • L'homme qui penche

    Thierry Metz

    Présente-t-on encore l'un des meilleurs poètes de ces dernières années? Du Journal d'un manoeuvre à L'Homme qui penche, Thierry Metz a - et c'est nouveau - élaboré une poésie de la réalité qui fait du geste simple et du moment subtilisé à l'action des métaphores d'une lumineuse simplicité.
    L'Homme qui penche est son dernier texte, douloureux et superbe, posant sans le dire explicitement la question de la présence, présence à soi évidemment, dans le questionnement permanent de sa propre pertinence et de sa propre justification.
    Ecrit de chez les fous, quelques mois avant de porter un terme à sa vie, il nous ouvre la porte d'une maison dont nous n'aurons jamais fini de fouiller l'in

  • Femme vacante

    Frédérique Martin

    Alice a quitté son mari et ses trois enfants pour suivre un homme. L'histoire ne dure pas. Elle se retrouve seule, déchirée. C'est dans la rencontre avec Adèle et son lourd secret qu'Alice affrontera une réalité - Être amoureuse est différent d'aimer. "Je suis rentrée tard ce soir-là, ton odeur cachée dans mes mains. Je me disais : " Tout le monde va la sentir ". Je les imaginais, reniflant ma robe d'un air soupçonneux, les sourcils en accent circonflexe, traquant cet intrus - une odeur d'amour sur une femme mariée. Mais non. Seul le chien m'a flairée avec une obstination agaçante. Ils m'ont regardée comme si j'étais la même, alors que j'étais une autre portant le masque de mon visage. " Née en 1963, Frédérique Martin vit près de Toulouse. Membre de divers iurvs (Crous, Encrier renversé, Prix du jeune écrivain, Prix des cinq continents...), elle anime des ateliers d'écriture et donne des lectures publiques. Elle a reçu le Prix prométhée pour son recueil L'Echarde du silence. Femme vacante est son premier roman.

  • Pour elvin jones

    Bianu-Feld

    Ici, la poésie se rejoint. Dans l'image, dans la musique. Une conjonction en proie à l'impossible . Le dynamisme de l'image griffe la lumière du son dans le noir des mots.
    C'est cela qui crée le relief si particulier de cet ouvrage : violence d'un rapport contenu dans un rectangle de papier.
    L'instant est mémorisé : la note, le jet, l'éjaculation comme on dirait d'une prière qui monte vers le ciel.
    L'instant est finalisé : instance et essence, il broie le temps qui s'annule dans un continuum euphorique.
    La musique le veut ainsi, la trempe du «John Coltrane quartet» avec Elvin Jones, Mc Coy Tyner, Jimmy Garrison, « quatre pistons dans le moteur de Dieu », écrit Zéno Bianu.
    La musique distille encore un solfège poétique qui brandit un parcours d'échine comme une clé de ciel assoiffée d'un sens qui serait aussi une vibration vivante.
    Au rythme graphique de Marc Feld où se dessinent et s'entendent des visages, des corps et des formes revenues de leur dispersion, répond la parole vibrionnante de Zéno Bianu, tentée par les bords perdus de son impossible présence dans un mouvement ondulatoire que le jazz transforme en geste inouïe.

  • Etes-vous plutôt Pessac-Léognan, vins chiliens, ou Albariño - ce blanc pétillant méconnu mais néanmoins fameux ? Voici une route des vins pas comme les autres. En voiture, en avion, tambour battant, vous découvrirez ces trois vignobles, sur fond de disparition louche, de magouilles financières et trafic d'identité, guidés par un tout jeune détective bordelais qui ne cherchait vaillamment qu'à arrondir ses fins de mois.

  • Démasquer l'impéritie du faussaire du Brouillard d'Arles, l'incompétence de l'expertise et la vénalité de l'éditeur m'a semblé d'une belle salubrité. Les efforts conjugués de ces "spécialistes" vers le pire, méritent bien, accompagnée d'une petite humeur, cette très sommaire leçon de peinture.

  • Michel Favreau est décédé à 28 ans le 7 avril 1951 vers 8 h 00, écrasé par une palanquée de madriers lâchée accidentellement par une grue au niveau du bassin à flot n° 2 du port de Bordeaux. Bacalan a une longue tradition de prêtres et de religieuses investis aux plans social, sanitaire et spirituel auprès de la population. Le parcours et le destin de Michel Favreau, originaire de la Vendée, est emblématique de cette présence et de cette pratique dont de nombreux Bacalanais gardent encore la mémoire. Arrivé à Bordeaux en septembre 1949, Michel Favreau participe à la construction de la « chapelle du gaz », intègre l'équipe de la mission ouvrière de Bordeaux (Émile Bondu et Étienne Damoran), devient docker, part un temps comme matelot sur une péniche, puis reprend le travail sur les docks dans l'attente d'un embarquement pour Terre-Neuve jusqu'à son accident mortel.
    La foule des dockers et petites gens qui se presse à son enterrement témoigne de l'incroyable empathie que Michel Favreau a suscité en un temps très court. Juste après son décès, la Mission Ouvrière de Bordeaux décide de publier le récit de sa vie sous la forme d'un livre épuisé depuis très longtemps. C'est ce livre que nous rééditons aujourd'hui avec une préface de Monseigneur Ricard, archevêque de Bordeaux, et une présentation de Raymond Courcy qui remet en perspective l'histoire des prêtres ouvriers.
    Ce livre présente un triple intérêt. Premièrement, il exprime très bien les conditions d'exercice d'un prêtre-ouvrier, le débat incessant entre spirituel et temporel, la place de l'Église et de la religion dans un milieu « hostile ». Deuxièmement, il est un témoignage social précieux sur les conditions de vie et de travail des ouvriers, et plus particulièrement des dockers dans les années d'après-guerre. Troisièmement, il s'inscrit dans le quartier de Bacalan, terrain ô combien privilégié du prolétariat et du sous-prolétariat bordelais dont les prêtres ouvriers ont choisi de partager la vie.
    Les éditions Pleine Page ont publié six ouvrages sur ce quartier et son histoire, celui-ci vient justement et logiquement enrichir ce travail.

  • Cet ouvrage fait suite à un premier recueil : LAMA GUENDUNE, d'instant en instant. Il complète la collecte de témoignages provenant de rencontres avec le maître bouddhiste tibétain, au premier rang desquels celui de Lama Jigmé Rimpoche. De plus, on y trouvera, calligraphiés et traduits, les poèmes de Lama Guendune Rimpoche, ainsi qu'une galerie de portraits le représentant. Riche de la somme des regards singuliers de ceux qui ont un jour croisé son chemin, l'ensemble offre, selon le souhait de Catherine Sanchez, une évocation vibrante de ce grand maître de sagesse, vivifiant ainsi une présence et un message dont chacun, plus que jamais, ressent l'impérieux besoin.
    Catherine Sanchez a publié romans, nouvelles, poésies, essais. Elle a rencontré pour la première fois Lama Guendune à l'époque où il est arrivé en Europe. Elle nous a quittés en 2013.

  • On ne présente plus Pierre Molinier. Petit artisan en peinture né en 1900, il décide, après s'être essayé à la peinture académique, de "devenir lui-même" à l'âge de cinquante ans. On connaît la suite : encensé par André Breton, il devient un artiste majeur du XXe siècle, tant pour ses peintures que pour ses photomontages. Jusqu'au bout, son attitude, ses pratiques sexuelles, lui ont valu et lui valent encore l'effroi et le rejet de la bonne société. Cet entretien avec Pierre Chaveau, alors jeune étudiant à la Sorbonne, a été réalisé au printemps 1972 dans la chambre-atelier que le peintre occupait rue des Faussets à Bordeaux. Après une première publication à notre enseigne en 2003, accompagnée d'un CD audio, cette édition n'en est pas une simple reprise. nous avons souhaité l'accompagner d'illustrations de Pierre Chaveau qui montrent à quel point Pierre Molinier fut une source d'inspiration majeure pour de nombreux artistes de notre temps.
    Trop souvent occulté par les supercheries dominantes accréditées par les faiseurs de salons, on appréciera le talent de Pierre Chaveau, comme celui de Jacques Saraben, auteur de la photo de couverture de ce livre et de celui de Jacques Abeille (Pierre Molinier, présence de l'exil).

  • Thierry Metz. Révélé par Le Journal d'un manoeuvre (Gallimard-L'Arpenteur, 1990), considéré comme l'un des grands poètes français de la fin du xxe siècle, il publie plusieurs recueils aux éditions Jacques Brémond, Arfuyen, L'Arrière-Pays, Opales et Pleine Page jusqu'à l'écriture de son oeuvre testamentaire, L'Homme qui penche, parue chez Opales/Pleine Page après sa disparition en avril 1997.
    La poésie de Thierry Metz procède par évidement (« Ne rien emporter le matin, ne pas s'alourdir »), car il s'agit de s'atteindre et, pour cela, de se retirer, de trouver le point, l'angle d'attaque des mots, d'échapper à leur « directivité », à leur « empire », à leur charge, à leur passé. Le travail poétique se fait et se défait à ce carrefour, dans le conflit de l'outil et de son objet, qui est aussi sa source supposée (supposée parce qu'inatteinte et présente).
    La capacité de marcher tient à la disponibilité physique du marcheur, celle de parler rejoint un parler poétique originel dont les matériaux seraient élémentaires et acteurs (la terre, les arbres, l'eau ou le thé, les gestes, la main).
    Tout ce pourquoi est de sel est le fruit de sa rencontre avec Marc Feld. Resté inédit, il peut enfin paraître aujourd'hui et constituera l'un des ouvrages majeurs du poète tant « le travail de se simplifier » s'y manifeste dans la tension d'un dialogue avec des images qui en cisèlent le verbe.

  • De l'espace intime de la maison à l'Ouvert du monde sensible, le poète évoque ici de minces traces fulgurantes qu'il déroule comme une suite de « chroniques imaginaires du passage ».
    Cet univers d'une inquiétante étrangeté est bien celui de l'Être même qui tressaille et se déchire, et dont l'apparition nous blesse comme « l'écharde blanche dans l'oeil du loup »

  • Depuis quelque temps, la représentation du corps dans les arts et la littérature, souvent liée d'ailleurs à celle de la sexualité, suscite de médiocres polémiques relatives à la transgression des " valeurs ", à la " décadence " des moeurs et à l'exacerbation de l'individualisme et du voyeurisme.
    Trop souvent, les médias sont en la matière relayés par des experts et des observateurs prompts à fustiger les dérives d'une époque en proie à la " perte des repères ". L'effet de toge est garanti : par une curieuse ruse de l'Histoire, les dénonciateurs de la " marchandisation " se retrouvent à l'unisson des nostalgiques de l'ordre moral... Dans tous les cas, les uns et les autres occultent la tragique vérité d'un XXe siècle qui aura mis en scène, de manière concomitante ou presque, la négation absolue des êtres et des personnes (camps d'extermination nazis, Goulag, génocides " à la pelle et à la machette " du Cambodge et du Rwanda, etc.), et la revendication sans cesse plus affirmée, au sein de la société de consommation et du spectacle, d'" être bien dans son corps ".
    Le programme de recherche et de publication " Arts, littérature et langage du corps " entend contribuer, sans a priori ni conformisme, à l'analyse des mutations en cours à partir d'une réflexion approfondie associant écrivains, artistes et universitaires. Ce premier volume dégage les axes essentiels d'un débat qui, en vérité, concerne chacun d'entre nous en cette " saison d'anomie " où un monde vacille et un autre émerge.

  • Tout en titrant son article : « Le Porno entre à la fac », le journal Sud-Ouest rendait hommage aux manifestations organisées en décembre 2004 et dont cet ouvrage est le produit. Après Le corps, la structure, ce deuxième volume de la collection « Arts, littérature et langage du corps », non seulement fait débat, mais dessine les lignes de clivage les plus efficientes au sein d'une société en pleine mutation : le corps et les sexualités ; leurs représentations et l'indispensable liberté qu'elles exigent pour que le sujet puisse assumer ses désirs, en vue de son épanouissement, sans préjugés et dans le respect de l'autre.
    L'enjeu est considérable. Si l'on examine attentivement les productions littéraires et artistiques de ces dernières années, si l'on en comprend les problématiques et surtout si on les réfère au mouvement général de la société, on finit par déceler un tableau quelque peu effrayant du devenir technologique de l'individu.
    Nous pourrions en effet vivre à l'échelle historique un mouvement de bascule : après avoir décuplé leurs forces et leurs potentialités en inventant des machines qu'ils n'ont cessé de perfectionner, les hommes sont peut-être en passe de voir émerger une humanité nouvelle, en réalité « bionique », de provoquer et d'instruire la « cyborguisation » de l'espèce.
    Ce serait le sens de ce qu'il advient sous nos yeux au corps de plus en plus annexé et intégré à un flux informationnel, à des réseaux de communication, qui en font, au quotidien, une prothèse, un prolongement charnel de la machinerie sociale et technocratique.
    Jean-Michel Devésa.

    Avec CD-Rom contenant les interventions de Jacques Abeille, Judith Brouste, Catherine Millet et Ovidie.

  • Tout doit disparaître

    Collectif


    4 auteurs de noir multipliés par 3 nouvelles blanches égalent ce pêle-mêle de textes audacieux, recueil d'histoires inédites des plumes de la collection " rouge nuit ".
    en marge de leurs polars, les auteurs nous dévoilent cette facette de leur écriture restée jusqu'alors ignorée du public. philippe gougrand se lâche et ne mâche pas ces maux, didier harribey joue les satires du dimanche, christian cétois cultive l'ironie du sort, quand denis julin, déjà passé maître ès nouvelles, bouscule et culbute son lecteur. mais on ne résume pas ces 12 nouvelles comme ça. ami lecteur, à toi de jouer !.


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