Littérature traduite

  • À soixante et un ans, Emmanuel Joyce est un dramaturge à succès. Accompagné de sa femme Lillian et de son manager dévoué Jimmy Sullivan, qui partage leur vie nomade, il s'apprête à quitter Londres le temps de repérer une comédienne pour la production de sa dernière pièce à Broadway. Alors qu'aucune candidate ne fait l'affaire, surgit l'idée de confier le rôle à Alberta, sa secrétaire de dixneuf ans, tout droit sortie du presbytère de son père dans le Dorset. Seulement, il faudra lui apprendre le métier. Ils embarquent pour l'île grecque d'Hydra où Jimmy aura six semaines pour faire répéter l'ingénue, tandis qu'Emmanuel tâchera de renouer avec l'écriture. Lillian, fragilisée par sa maladie de coeur et dévastée par la mort de leur fille survenue plusieurs années auparavant, profitera de cette parenthèse loin des mondanités du théâtre pour tenter d'exorciser ses démons. Pourtant, elle ne sait se défaire de certains tourments : et si Emmanuel s'éprenait de la délicieuse Alberta ? Le temps d'un été brûlant, la dynamique qui lie les quatre exilés prend une tournure inattendue, et la vie de chacun change de cap.
    Avec Une saison à Hydra, à la fin des années 1950, Elizabeth Jane Howard nous offre un roman poignant où quatre personnages déploient tour à tour leur histoire, et apprennent à surmonter le passé sans en effacer les souvenirs.

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  • Grand jour pour lady Bird : la splendide demeure qu'elle habite avec son époux Julian s'apprête à résonner à nouveau du tumulte d'une famille au grand complet. John, l'amour de sa vie, l'aîné de ses trois enfants, est de retour de ce qu'on s'empressera d'appeler son « voyage à l'étranger » : un séjour en maison de repos.
    Pour affronter cet événement, dans une existence largement dévouée à l'entretien du jardin et à la constitution d'une garderobe à faire pâlir les plus coquettes de la capitale, lady Bird peut compter sur Eliza, une vieille amie de la famille.
    Mais peu à peu le vernis de la paisible haute société anglo-irlandaise se craquelle...

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  • Tous deux fraîchement diplômés de Princeton, John et Joe sont davantage affamés de littérature que de nourritures terrestres, et ils ont la ferme intention de tourner le dos à tout ce qu'on attend d'eux aux États- Unis : un mariage, un bon job, une visite hebdomadaire aux parents. Ainsi s'embarquent-ils pour un long voyage qui les mènera de Munich à Nairobi sur une moto BMW immaculée, baptisée en l'honneur du périple : le Nil Blanc.
    Objet littéraire singulier, ces carnets de voyage constituent un roman de formation itinérant. En même temps qu'ils arpentent champs de ruines gréco-romaines, villages de Bédouins ou capitales du tiers-monde, les deux amis font l'apprentissage de l'altérité, de la solitude, et, aussi, des inévitables désillusions au détour du chemin. L'opulente nature africaine est ici magnifiée sous une plume d'une fougue et d'une franchise irrésistibles qui ont le charme de ses vingt ans.
    Les Carnets du Nil blanc sont le premier volume de la série de carnets écrits par John Hopkins au cours de ses voyages. Lui succèderont les Carnets de Tanger (1962-1979) et les Carnets d'Amérique du Sud (1972-1973).

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  • En 1907, Jack London, sa femme Charmian et un équipage d'amateurs embarquent à San Francisco à bord du Snark, un voilier de 17 mètres construit pour l'occasion. Sa destination : Sydney. Marin dans l'âme, le romancier parvient à Hawaï, visite la Polynésie avant de mettre le cap sur les îles les plus reculées de Mélanésie, puis rallie l'Australie. Entre rencontres, explorations et difficultés presque insurmontables, London écrit à un rythme effréné. Au fil de cette traversée du Pacifique naîtront L'Aventureuse ou les Contes des mers du Sud et surtout, Martin Eden. Ainsi, par-delà les péripéties du voyage, La Croisière du Snark révèle l'écrivain dans l'intimité de sa création. Ce récit de voyage paraît ici dans la nouvelle traduction d'Éric Vibart et s'enrichit d'un avant-propos, d'une postface, ainsi que d'une chronologie.

  • Vers 1840-1841, Max Stirner entra en relation avec le groupe des Freien (« Hommes libres ») à Berlin, où il fréquenta les jeunes hégéliens Bruno et Edgar Bauer, Arnold Ruge, Friedrich Engels... Il s'y fit remarquer par sa réserve et son radicalisme. À tel point que Engels écrivit : « Regardez Stirner, regardez-le, le paisible en- nemi de toute contrainte. / Pour le moment, il boit de la bière, bientôt il boira du sang comme si c'était de l'eau. / Dès que les autres poussent leur cri sauvage «À bas les rois !» / Stirner complète aussitôt «À bas aussi les lois !» » Ce radicalisme, Stirner l'exposera dans L'Unique et sa propriété (1844).
    Présenté souvent comme le bréviaire de l'individua- lisme anarchiste, ce livre est avant tout une récusation de la société et de ses lois, du christianisme et des autres religions, de l'hégélianisme - de l'Esprit (He- gel), de l'Homme (Feuerbach), de la Liberté (Bruno Bauer) et du Socialisme (Proudhon, Hess, Weitling).
    Max Stirner réfute toute idée morale ; tout ce qui se place au-dessus de l'individu est rejeté comme limite du Moi, de l'Égoïste, de l'Unique.
    Lors de sa parution, L'Unique et sa propriété ne lais- sa personne indifférent. Bauer, Feuerbach, Hess... lui répliquèrent. Quant à Marx et Engels, ils consacrèrent la plus grande partie - presque aussi longue que le livre attaqué - de leur Idéologie allemande à vitupérer « saint Max ». Puis L'Unique tomba dans l'oubli. Mais son livre reste, comme l'écrit son traducteur Henri Lasvignes, « la plus forte expression de dégoût de l'hy- pocrisie sociale contemporaine ».

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  • Jimmy Phelan trône sur la ville de Cork comme sur un tas de billets. Il est de toutes les magouilles, et mieux vaut marcher dans son sens que croiser son chemin. Pourtant sa mère, Maureen, fraîchement installée dans l'ancien bordel dont il est propriétaire, réussit à semer la pagaille dans ce bel équilibre. Quand un inconnu se présente à sa porte, elle lui assène un coup fatal et déclenche une série de malheurs dans cette ville où cohabitent dealers, prostituées et chrétiens illuminés se faisant un devoir de réparer les dégâts... qu'ils ont eux-mêmes causés. Mais Maureen n'est pas née de la dernière pluie et compte bien se laver de toute culpabilité à sa façon.

  • 1947. Curzio Malaparte revient à Paris après quatorze ans d'absence. Le plus francophile des écrivains italiens croque pendant une année les différents visages d'une ville qu'il redécouvre avec bonheur. Dans ce journal hybride, émaillé de dialogues vivants et d'analyses profondes, il s'intéresse autant à une infirmière du quai de l'Oise qu'à Jean Cocteau.
    Entre la plaine Monceau et Saint-Germain-des-Prés, au mi- lieu d'un maelström de personnages et d'anecdotes flûtées, passent et repassent les figures de Malraux et Camus, de la belle Véra Korène, d'Orson Welles ou encore de Maurice Schumann.

  • Dans les romans et les nouvelles de Vesaas, la mort, le plus souvent violente, ou la folie furieuse surgissent sans prévenir au détour d'un chemin. Contraste saisissant : l'auteur nous promène dans des décors de rêve ou de labeur tranquille, entre des gaillards solides et des petites filles modèles, avant de nous faire entrevoir quelques-unes des plus sombres virtualités de l'homme. Le diable rôde jusque sous la magnifique lumière boréale, semble vouloir nous dire Vesaas, et, s'ils n'y prennent garde, les hommes dégringolent dans les gouffres qui s'ouvrent devant eux. Entre-temps, la paisible chronique paysanne que nous croyions lire est devenue littérature de l'abîme. Le vent du nord condense tout l'art et la manière du Vesaas de la maturité. C'est-à-dire un parfait équilibre entre réalisme, symbolisme et fantastique, sobriété et lyrisme, espoir et pessimisme.

  • Ce recueil réunit la quasi-totalité de l'oeuvre de nouvelliste de Sylvia Plath, qui lui importait plus que tout autre forme littéraire. Dans l'Amérique crispée des années cinquante, l'auteur exprime sa révolte, sa détresse, ses élans poétiques, dans une langue qui révèle une tension insoutenable ainsi que les affres d'une féminité douloureuse.

  • C'est en interviewant le costumier de Luchino Visconti que Lorenza Foschini apprend par hasard l'existence, dans les réserves du musée Carnavalet, du manteau de Marcel Proust, cette pelisse noire décrite aussi bien par Cocteau que par Morand et dans laquelle l'écrivain s'est emmitouflé à la fin de sa vie. Jacques Guérin, grand collectionneur et amoureux de la Recherche, en a fait don au musée peu avant sa mort.
    La journaliste, passionnée elle aussi de Proust, n'a alors de cesse de connaître toute l'histoire. Le Manteau de Proust est le récit de sa captivante enquête.

  • En 1934, quand paraît en Grande-Bretagne ce Journal d'un voyageur, Aldous Huxley est déjà l'auteur du cé- lèbre Meilleur des Mondes. Écrivain réputé pour son iro- nie et son scepticisme, il mène alors une vie dans la plus pure tradition oxonienne : voyages, réflexion, plaisir.
    Avec Des Caraïbes au Mexique, il s'embarque à bord d'un paquebot puis d'un bananier et s'abandonne au discret roulis de la digression. Laissant à quai tous les clichés du kitsch et de l'exotisme en lin blanc, il part à la dé- couverte de l'Amérique centrale. Il se passionne pour la civilisation maya - celle du death-appeal qu'il oppose à la nôtre, celle du sex-appeal - étudie l'art indien, dé- nonce la montée du nationalisme - l'une des obsessions récurrentes de toute son oeuvre - lit des livres d'an- thropologie, prend le train et l'avion sous un soleil de plomb. Et trouve même l'occasion de s'arrêter à Oaxaca dont Malcom Lowry fera le purgatoire de l'alcoolisme.
    Huxley prend du recul, renverse les perspectives, esca- lade les montagnes, s'interroge sur la modernité. Vision du monde au-dessus du volcan.

  • Miguel de Cervantès a raconté la vie de don Quichotte jusqu'à son retour au village après sa troisième sortie. À peine le chevalier a-t-il rédigé son testament qu'il rend l'âme, entouré de sa gouvernante Quiteria, du curé don Pedro, du barbier Nicolas, de son écuyer Sancho Panza et de sa nièce Antonia, tourmentée par les nombreuses dettes que lui lègue son oncle et les attentions masculines peu louables dont elle est l'objet, alors qu'elle n'a d'yeux que pour le bachelier Samson Carrasco. Chacun se souvient de l'ingénieux hidalgo et s'interroge sur les intentions profondes qui ont guidé son âme. Mais l'action continue, qui donne à Andrés Trapiello, à Sancho Panza et au lecteur l'occasion de se venger de la bêtise de ceux qui, profitant de sa folie, se sont moqués du chevalier à la Triste Figure.

  • Florence, 1938, dans une demeure prêtée par des amis, Mary, jeune veuve mélancolique, reçoit la visite d'Edgar qu'elle connaît depuis l'enfance. Aux antipodes de son défunt mari, joueur invétéré porté sur la boisson, cet homme bon et attentionné la demande en mariage. Mary se donne le temps de réfléchir. En attendant qu'Edgar revienne de Florence, elle accepte une invitation à une soirée mondaine où elle fait la connaissance de Rowley, séducteur impénitent, dont elle sait la réputation et n'est pas dupe.
    Mais alors qu'elle repart seule chez elle, elle fait une rencontre inattendue qui l'obligera à se tourner vers lui pour se sortir d'une situation délicate.

  • Se mettre dans la peau d'un jeune orphelin noir, voilà ce que Jack Kerouac a réussi à faire dans son tout dernier ro- man. Dédoublement significatif, aliénation symbolique, projection de sympathie et d'engagement, Pic est certai- nement tout cela et plus encore : un portrait saisissant du milieu noir américain des années quarante, ses odeurs, ses couleurs, ses personnages truculents.
    De la Caroline du Nord à la Californie, en passant par New York, l'errance kerouacienne prend ici une allure inusitée.
    Représentée par Pic, « vagabond sur la terre », voyageur éternel sans famille ni domicile connu, elle se transforme en une magnifique satire sociale, à la fois naïve et astu- cieuse, regard éclairant sur le ridicule de la condition hu- maine.
    Pic, roman issu du réveil de la conscience sociale des Noirs, dépeint en fait tout être humain « vivant dans la noirceur » et renferme, par pur divertissement, des pages enfiévrées sur le jazz et la prédication comme seuls savent en faire les Noirs.

  • Au cours d'un reportage sur les Russes réfugiés à Paris, le journaliste espagnol Chaves Nogales rencontre Juan Martínez. Ce danseur de flamenco lui raconte comment, après avoir triomphé dans des cabarets d'Europe cen- trale, sa compagne Sole et lui se sont fait surprendre en Russie par la Révolution d'octobre 1917.
    Faute de pouvoir quitter le pays, ils en ont subi les ri- gueurs, et celles de la sanglante guerre civile qui a sévi à Moscou, Saint-Petersbourg et Kiev. Fasciné par l'inten- sité et l'humanité de ce récit, Chaves Nogales le publie en feuilleton dans le journal Estampa en 1934 avant d'en tirer un livre. Dans Le Double Jeu de Juan Martínez, dé- filent, sur fond d'atrocités, des personnages à la fois au- thentiques et romanesques : artistes et assassins, ducs russes prodigues et espions allemands, sans oublier les inévitables spéculateurs.

    « [Un] exceptionnel et précieux témoignage. » Jean-Michel Barrault, Lire « Le point de vue [de Juan Martìnez] est irremplaçable.
    (...) Aucune volonté de donner des leçons de morale ou de politique.  » Frédéric Vitoux, Le Figaro littéraire

  • " c'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste rayée recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin.
    Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois. " quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de struthof, un slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre.
    Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.

  • "Quand un ami, en votre absence, vous a téléphoné en insistant pour être rappelé, soyez sûr qu'il s'agit d'une affaire plus importante pour lui que pour vous. S'il pense à vous offrir un cadeau ou à vous rendre service, il sait modérer son impatience." Ainsi débute le roman de Somerset Maugham, esprit cosmopolite, voyageur infatigable de l'imaginaire mais aussi observateur inlassable de l'âme humaine qui restera comme l'un des plus habiles peintres de la société internationale du premier demi-siècle." François Rivière.

  • Lemuel pitkin est un héros comme l'Amérique a toujours aimé en inventer:
    Avec quelques dollars en poche, il quitte son patelin pour faire fortune, armé d'une naïveté sans borne mais victime d'une déveine formidable. Au coeur de la Grande Dépression tout lui est permis et il recevra tout : des promesses, des insultes, des coups, des jours de prison, et sans jamais cesser de croire en sa bonne étoile au coeur d'un New York fascinant de noirceur.
    Épopée burlesque qui doit beaucoup à Chaplin, ce roman d'un auteur qui influença Saul Bellow, Vladimir Nabokov ou Flannery O'Connor est une pépite méconnue de la littérature américaine, un trésor qui vaut bien un million!

  • Un Stevenson inconnu, âpre, violent, pessimiste, qui par bien des aspects annonce le Conrad de Au coeur des ténèbres. « La première histoire réaliste sur les mers du Sud », insistait-il - avec le sentiment de donner un cours nouveau à sa carrière. Et peut-être à la littérature.
    Un Stevenson « différent », à la naissance du roman moderne. Si neuf, si dérangeant, que les éditeurs, effarés, refusèrent de l'éditer. Protestations, arguments, missives en tout genre: Ceux de Falesa, son chef-d'oeuvre, ne sera publié que tronqué, mutilé.
    Notre traduction, établie à partir de manuscrit original, est une « première ».
    Elle nous fait découvrir dans toute sa violence, et sa radicale nouveauté, un Stevenson que nous ne soupçonnions pas.
    Dès lors, il n'est pas exagéré de parler d'une « affaire Falesa », que Michel Le Bris démontre ici, documents à l'appui.
    Deux textes rares complètent cette édition : Mari et femme et Le Brave John Wiltshire.
    Édition établie et présentée par Michel Le Bris.

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  • "Dans toute la littérature italienne parue du temps de Mussolini, c'est-dire pendant un quart de siècle, tant en Italie qu'à l'étranger, il n'y a pas une satire plus hardie et plus cruelle que ce Monsieur Caméléon ; il n'y a pas un autre livre qui flétrisse les puissants de la terre d'une manière si perfide et si joyeuse. » C'est en ces termes que Malaparte présente sa fable baroque, qui a pour héros un caméléon. Le Duce se prend d'affection pour lui au point d'en faire son confident, puis son ministre. Chargé de réformer la Constitution, l'animal en fera voir de toutes les couleurs à la classe politique italienne, avant de connaître une fin extravagante et tragique.
    Publié en feuilleton en 1928, Monsieur Caméléon a valu à Malaparte la prison et l'exil. À la fois conte philosophique et charge politique, il évoque tour à tour Zadig, de Voltaire, et Le Dictateur, de Charlie Chaplin. Monsieur Caméléon a paru à La Table Ronde pour la première fois en 1948.

  • Pour ceux qui perdent une guerre, la fin des combats n'est que le début de nouvelles épreuves, peut-être plus terribles encore.
    Lorsque Justo Garcia commence son journal, l'issue de la guerre civile ne fait aucun doute et son détachement, comme le reste de l'armée républicaine, est en déroute. Pour lui et des milliers d'Espagnols, le seul espoir de survie est désormais de fuir, vers la France d'abord, puis le Mexique. La faim, la saleté, la peur, le mépris, l'exil, Justo Garcia raconte jour après jour la débâcle, où seuls l'amitié et l'amour rencontrés en chemin lui permettent de conserver foi en l'humanité.

  • En 1920, Al Capone débarque sans le sou dans les bas- fonds de Chicago. C'est un individu vulgaire, attifé de façon voyante, qui a le juron facile. Il n'a pas encore de ventre, mais des muscles d'acier...
    En 1930, Al Capone est le magnifique seigneur du grand domaine de Palm Island, à Miami, Floride ; il est le joyeux hôte des « Falstaffiens » et préside les ébats de ses invi- tés dans une piscine de marbre ; il est un habitué des pre- mières, où il se rend, accompagné d'une garde du corps plus nombreuse que celle du Président des États-Unis :
    Dix-huit « gentilshommes » en smoking, à l'oeil et au geste prompts, disséminés stratégiquement dans la salle, se lèvent comme un seul homme quand le « Boss » sort fu- mer une cigarette à l'entracte ; il parcourt les promenades de Chicago dans une auto qui lui a coûté 20 000 dollars, une limousine de sept tonnes, blindée par en-dessus et par en-dessous, garnie de doubles panneaux de verre à l'épreuve des balles, précédé d'un courrier dans une Ford et suivi d'un car chargé de « tueurs » émérites : et les agents du fisc évaluent sa fortune à 20 millions de dollars !
    Les événements qui consituent l'épopée bien moderne d'Al Capone se déroulent comme un film invraisemblable, mais sont d'autant plus typiques de la vie américaine d'au- jourd'hui, où, une fois de plus, le revolver fait la loi, comme au temps du corsaire Morgan, du requin Jay Gould et du « Grand Patron » Tweed.
    Titre paru en 1931 aux Éditions du Sans Pareil, n° 2 de la collection « Les Têtes brûlées »

  • En rentrant de londres, oú il séjournait dans un asile psychiatrique, un brave australien découvre qu'en son absence sa chère mère est morte.
    Jusque-là, rien que de très banal. mais voilà, la dépouille maternelle accomplit miracle sur miracle. et notre pauvre héros se trouve plongé au coeur d'une féroce bataille dont les protagonistes sont des nonnes aux moeurs équivoques, un aborigène juif, des anciens combattants prêts à en découdre, la cia, un cercueil en goguette. avec ce récit burlesque et énorme, john tittensor nous emmène dans une australie bien éloignée de celle de crocodile dundee, des gentils surfers et des tennismen gauchers.

  • Il y a peu d'écrivains que leurs lecteurs puissent suivre au jour le jour, dans leurs travaux, leurs lectures ou leurs promenades.
    André Gide était de ceux-là. Ernst Jünger l'est sans aucun doute. Les lecteurs de Jardins et Routes et du Journal le savent.
    On pouvait croire pourtant qu'il fallait à Jünger des événements, un climat extraordinaire : la guerre. Tous ceux qui le suivront dans Voyage atlantique verront qu'il n'en n'est rien et que le regard de Jünger fait jaillir l'intérêt des moindres choses, des objets les plus pacifiques. Une tendresse et une attention du monde exceptionnelles.

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