Langue française

  • L'avantage

    Thomas André

    Marius a seize ans, ou peut-être dix-sept. Il participe à un tournoi de tennis, l'été, dans le sud de la France.
    Il vit chaque partie avec une intensité presque hallucinatoire, mais le reste du temps, dans la villa où il séjourne avec ses amis Cédric et Alice, rien ne semble avoir de prise sur lui. Il se baigne. Il constate qu'Alice rapproche de lui ses jambes nues. Il accompagne Cedric le soir dans les bars de la ville. Les événements se succèdent, moins réels que le vide qui se creuse en lui, jour après jour.
    Jusqu'à ce que Marius retrouve, sur l'immuable rectangle de terre battue, un nouvel adversaire...

  • La Tannerie

    Celia Levi

    Jeanne, ses études terminées, a quitté sa Bretagne natale pour vivre à Paris. Elle a trouvé un emploi temporaire d'« accueillante » à la Tannerie, une nouvelle institution culturelle, installée dans une usine désaffectée de Pantin.

    D'abord déboussolée par le gigantisme et l'activité trépidante du lieu, timide et ignorante des codes de la jeunesse parisienne, elle prend peu à peu de l'assurance et se lie à quelques-uns de ses collègues, comme la délurée Marianne ou le charismatique Julien, responsable du service accueil.

    Elle les accompagne dans leurs déambulations nocturnes, participe à des fêtes. Leur groupe se mêle au mouvement Nuit debout. Ils se retrouvent dans des manifestations, parfois violentes - mais sans véritablement s'impliquer, en spectateurs.

    Bientôt, deux ans ont passé. Dans l'effervescence de la Tannerie, en pleine expansion, chacun tente de se placer pour obtenir enfin un vrai contrat ou décrocher une promotion. Jeanne va devoir saisir sa chance.

    La Tannerie - tel un microcosme de notre société - forme une monde à part entière, avec ses techniciens, ses employés de bureau, ses artistes. Mais derrière la bienveillance affichée et le progressisme des intentions, la précarité et la violence dominent.

    Avec ce roman, qui frappe autant par la finesse de ses descriptions que par sa force critique, Celia Levi fait le portrait d'une époque et d'une génération en proie aux ambitions factices et à l'imposture des discours.

  • Shanghai aujourd'hui. Des laissés-pour-compte du « miracle économique chinois » tentent de survivre dans leurs logements insalubres, en attendant d'être expulsés par les promoteurs.

    Parmi eux, Xiao Fei, un homme épris de savoir et de tradition vivant dans la nostalgie de la grandeur passée de sa famille. Des Chinois lettrés qui avaient déjà tout perdu, une première fois, au moment de la Révolution Culturelle.

    Stoïque en apparence, mais chaque jour plus humilié par la situation des siens, Xiao Fei se réfugie dans des rêveries plus vaines les unes que les autres. Se remettre à la calligraphie. Devenir l'un de ces « dissidents » dont raffolent les médias occidentaux. Connaître l'amour avec sa jeune cousine américaine, une fille d'expatriés revenue à Shanghai pour y apprendre le chinois.

    Pendant ce temps, la destruction fait rage autour d'eux. Leur misère s'accroît. Bientôt la solidarité entre voisins et parents ne suffira plus. Tout cède. Et le pire est encore à venir.

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  • La mer de corail

    Patti Smith

    Patti Smith et Robert Mapplethorpe se sont rencontrés en 1967 lorsqu'ils avaient vingt ans, à New York, où ils vécurent ensemble pendant plusieurs années. Leurs carrières respectives de musicienne et de photographe célèbres ne cessant plus, dès lors, de se croiser. À la mort du photographe, en 1989, Patti Smith a livré sa vision de l'homme et de l'artiste dans un texte demeuré longtemps inédit - La Mer de Corail - où l'écriture, en prenant la forme d'un récit allégorique, joue avec des photographies de Robert Mapplethorpe choisies par Patti Smith elle-même. Quand ce livre est sorti à New York en mai 1996, William Burroughs a écrit, en citant Tennessee Williams, que " Patti Smith fait résonner dans La Mer de Corail la cloche de la poésie pure ".

  • Bastard battle

    Céline Minard

    En 1437, à la fin de la guerre de Cent Ans, les pillards du bastard de Bourbon prennent d'assaut la ville de Chaumont. Mais un adversaire, surgi de nulle part et aux techniques de combat inconnues, leur tient tête - qui s'avère être une femme, originaire d'Asie. Témoin des événements, Denysot-le-clerc raconte comment cette combattante et six autres soldats de fortune libéreront bientôt la ville. Et comment ces "sept samouraïs" -en prévision des représailles du bastard - vont enseigner aux habitants le maniement du sabre, l'art du kung-fu, celui de la savate, au milieu de ripailles incessantes.
    Pourtant, tout au long de cette spectaculaire Bastard Battle, c'est dans l'écriture de Céline Minard elle-même qu'ont lieu les plus extraordinaires collisions et anachronismes. Le récit d'action y est revisité par la langue de François Villon et de Rabelais, le vieux français dynamité par l'énergie des mangas.

  • Warum

    Pierre Bourgeade

    Pierre se rend en voiture dans le nord de l'Europe pour retrouver une femme qu'il n'a pas revue depuis des années.
    Aux rencontres qui émaillent son périple se superposent souvenirs, rêveries, fantasmes. L'action se déplace de Hanovre à Rome, du Massachusetts au Kenya. Les récits, les personnages naissent les uns des autres, ramènent les uns aux autres, au fil d'une construction aussi imprévue que limpide.
    De page en page, chacun est montré ou métamorphosé dans ce qu'il possède de plus intime, son corps, sa vie sexuelle, un simple incident biographique - tout ce qui oblige l'individu à sortir de lui-même, parfois sans espoir de retour.

    Pierre Bourgeade avait publié quinze romans chez Gallimard, avant de rejoindre Tristram en 1998 avec Les Âmes juives, finaliste cette année-là du Renaudot.
    Lors de sa sortie, Warum a été encensé. Tout le monde était d'accord pour reconnaître dans ce roman d'une impudeur rare, et à l'écriture splendide, le chef-d'oeuvre d'un maître. Mais sans doute était-ce trop, trop tôt. Vingt ans après, Warum semble plus transgressif que jamais. Une nouvelle génération saura-t-elle s'en emparer ?

  • Fêtes sanglantes & mauvais goût complète l'ouvrage publié en 1996, Psychotic reactions & autres carburateurs flingués, tout en en comblant les absences les plus criantes - notamment les articles célèbres sur les Beatles, les Rolling Stones, Miles Davis, Jimi Hendrix ou Jim Morrison, dont Bangs livre une vision pour le moins subjective et décapante. Comme dans le premier volume, le lecteur pourra découvrir des textes sur des musiciens moins consacrés mais que Bangs plaçait plus haut que tout, tels Captain Beefheart, MC5 ou Brian Eno. Surtout, il découvrira de nouvelles pépites autobiographiques et des textes où Lester Bangs - peu avant sa mort en 1982 à l'âge de 33 ans - réduit à leur plus simple expression les prétextes journalistiques de ses écrits, en se rapprochant de plus en plus d'une écriture de pure fiction, comme dans l'extrait de son roman inachevé Tous mes amis sont des ermites. On peut considérer qu'avec ce second volume, l'essentiel de l'oeuvre de Lester Bangs est maintenant disponible en français. Ainsi le lecteur peut-il avoir une vue exacte du parcours littéraire et intellectuel d'un homme, qui, au-delà de ses intuitions visionnaires, à propos d'une culture qui était sur le point de devenir dominante, s'en fit aussi, dans certaines de ses meilleures pages, le moraliste.

  • Maud Berthomier a entrepris il y a dix ans un voyage à la rencontre des pionniers de la critique rock américaine.

    Alors étudiante en Amérique du Nord, elle a interviewé tous les maîtres du genre : Peter Guralnick, Lenny Kaye, Nick Tosches, Greil Marcus, Jon Landau, Richard Meltzer, Dave Marsh, Richard Goldstein... et parmi eux une femme, Jaan Uhelszki, et même un Anglais, Nik Cohn.
    Avec, au centre de cette constellation, le grand Lester Bangs, mort en 1982 - dont Greil Marcus, son éditeur, et Jim DeRogatis, son biographe, font ici un portrait vibrant.

    Stylistes brillants, érudits, provocateurs, ces auteurs ont créé un genre littéraire nouveau, directement branché sur le son et l'énergie de l'époque. En même temps qu'ils ont façonné le goût de plusieurs générations de fans et de musiciens.

    Encore plus de bruit raconte cette histoire. Celle d'une bande informelle d'écrivains aux avant-postes de la révolution musicale, et d'une presse - Crawdaddy!, Rolling Stone, Creem, The Village Voice - où, en cet âge d'or des années 1960 et 1970, tout était possible.

  • Lire Éric Losfeld, c'est retrouver un Paradis perdu. Quand faire des livres s'apparentait à une guérilla, doublée d'une partie de rigolade.

    Lire Endetté comme une mule, c'est embarquer avec Losfeld sur un "grand huit". S'amuser avec Marcel Duchamp et Raymond Queneau. S'évanouir devant la porte d'André Breton. Boire à l'oeil dans les cocktails de Gallimard et faillir en venir aux mains avec Hemingway. Déjouer la censure, être rattrapé par la censure. Donner ses lettres de noblesse à la littérature érotique et inventer le roman graphique. Publier Emmanuelle et Barbarella. Miser, gagner, perdre, se refaire. Écrire sous pseudo cinquante romans de gare (il faut bien vivre), mais être l'éditeur de trois cents livres (parmi lesquels beaucoup de chefs-d'oeuvre). Qui dit mieux ?

    Publier en 2017 Endetté comme une mule, ou la passion d'éditer, c'est rappeler à une génération de lecteurs - mais aussi de jeunes libraires, journalistes ou écrivains - comment l'esthétique rebelle et culottée d'Éric Losfeld et de ses amis, fondatrice pour notre époque, a finalement triomphé. À égale distance des éditions de Minuit et de San Antonio : un classique.

  • Édité par Greil Marcus, ce livre rassemble certains des textes les plus fameux publiés par Lester Bangs en revue, ainsi qu'un grand nombre d'inédits. Des Stooges à Coltrane en passant par Kraftwerk ou les punks (le mot est de lui), les choix esthétiques de ce critique de rock légendaire ont influencé toute une génération. " En ces années farouches, l'écriture de Lester Bangs est à son zénith : summum de délire rebondissant du coq à l'âne, ponctuant brutalement des phrases interminables de grandes claques. " Philippe Manoeuvre - Libération. " Lester Bangs a révolutionné le journalisme culturel. Sans lui, pas de Libé, de Rock & Folk ou d'Inrocks. Il n'envisageait la critique d'un disque que comme un exercice littéraire de haute voltige, sans parachute, subjectivité et mauvaise foi à fond les manivelles. " Serge Kaganski - Les Inrockuptibles

  • Aysage avec palmiers aurait pu s'intituler " Flashes à Beyrouth ". Face à la guerre, Bernard Wallet fait l'économie du roman et des explications pour ne conserver que les images, les scènes, les faits nus et bruts. Ces " choses vues " disent l'horreur, mais aussi sa fascination. En s'approchant de cette vérité, qui ne peut exister que par éclats, le livre éclaire du même coup l'effet dévastateur de la guerre sur celui qui en est le témoin.
    " Cela se passe à Beyrouth et à bout portant ? Oui, mais le Liban, on le voit, est désormais partout, et la guerre est devenue une boucherie du tac au tac, pour un oui ou pour un non. Que faire ? Protester, s'indigner, aller voir et témoigner pour un résultat spectaculaire supplémentaire ? Non : écrire ce qui est, au plus près d'un non-sens fracassant. Ce récit est vrai puisque les corps n'y sont jamais absents.
    Beyrouth n'était qu'une simple préparation à une sauvagerie désormais ouverte et universelle. L'histoire, comme le désir de mort, n'a pas de fin. " (Philippe Sollers)

  • Le tutu

    Princesse Sapho

    "Le roman le plus mystérieux du XIXe siècle." Tous les personnages du Tutu sont des excentriques, des extravagants, voire des monstres - au sens propre du mot. Le premier d'entre eux, Mauri de Noirof, épouse une riche héritière obèse et portée sur la boisson, engrosse une femme à deux têtes qui s'exhibait dans les cirques, devient député, ministre de la Justice, et se livre en compagnie de sa mère à des orgies de débris anatomiques.
    Imprimé à Paris par Léon Genonceaux (alors éditeur de Rimbaud et de Lautréamont), découvert par Pascal Pia qui en révéla l'existence dans un article de la Quinzaine Littéraire en 1966 : Le Tutu n'a été rendu public qu'en 1991, par les Editions Tristram, provoquant émoi et sidération chez nombre de critiques et lecteurs. Si l'absence d'un auteur clairement identifié et la surprenante modernité de l'écriture - qui annonce Jarry, Queneau, le Surréalisme - ont pu faire soupçonner à certains une supercherie, l'authenticité de ce chef-d'oeuvre est aujourd'hui établie de manière irréfutable.
    Complétant cette édition définitive du Tutu, un dossier critique réunit une postface de Julián Ríos, la reprise du texte fondateur de Pascal Pia, ainsi qu'une enquête détaillée et illustrée sur le destin rocambolesque de ce roman hors-norme, due au spécialiste Jean-Jacques Lefrère.

  • Vies et morts d'Irène Lepic est le seul véritable roman de Mehdi Belhaj Kacem. Ecrit à 22 ans, publié une première fois par les Editions Tristram en 1996, c'est un récit unique en son genre, porté par une écriture somptueuse, et salué alors comme tel par la critique. Vingt ans plus tard, relire Vies et morts d'Irène Lepic constitue un choc. Là où nous lisions la description d'une certaine jeunesse romantique et noire, nous découvrons aujourd'hui un texte visionnaire, annonçant les désarrois et réinventions à venir de la jeunesse, ses " vies et ses morts " - entre individualisme forcené et recherche d'une communauté impossible.
    " Quand bien même mon épopée se solderait par un désastre, en raison de l'hostilité hystérique qu'auront mise en branle les autres pour me faire échouer, j'aurai du moins démontré à quelques-uns qu'on peut faire de sa vie et de son corps un usage autre que celui qu'on veut bien nous permettre - et ce n'aura rien eu d'une profession théorique, une harangue du haut de ma machine à écrire ; il s'agit d'une épreuve concrète, expérimentée sur moi-même en chacun de ses points.

  • Les insoumises

    Celia Levi

    Les Insoumises est un « roman par lettres », entre deux jeunes filles exaltées et idéalistes, Renée et Louise, qui apprendront à leurs dépens qu'il est périlleux de rêver dans la société actuelle.
    Leur correspondance commence avec le départ de Renée pour l'Italie, où celle-ci compte entreprendre des études de cinéma et surtout « devenir plus italienne que les Italiennes ». Au même moment, Louise, restée à Paris, commence à se radicaliser politiquement.
    Les lettres échangées au cours des trois années suivantes apparaissent tour à tour comme le journal passionné des jeunes filles - écrit sous l'emprise de la rêverie pour Renée, rédigé dans le feu de l'action pour Louise - et comme la critique mutuelle, sans concessions, des impasses dans lesquelles chacune s'engage et finira par se fourvoyer dramatiquement.
    Loin d'atténuer la virulence du propos, le naturel et le classicisme de l'écriture de Celia Levi jettent une lumière crue sur l'époque et le destin de ces deux héroïnes d'aujourd'hui.
    « C'est un premier roman, et un roman ultime, où notre époque agonise à travers la correspondance de deux filles du feu se consumant pour des passions contraires. Celia Levi a écrit ce qui restera comme l'un des livres les plus subtils sur l'air du temps. L'histoire d'une jeunesse humiliée par la mort de la pensée. » (Jean-Marc Parisis)

  • « Il dit avoir été agriculteur, mais quelqu'un a-t-il jamais tenté de vérifier ses dires ? Quelqu'un l'a-t-il jamais connu ébéniste, doreur à la feuille, voire socleur ou restaurateur ? A-t-on jamais vu un objet qu'il aurait restauré ? Arrivé un jour en France, nu pour ainsi dire - d'après certaines personnes qui l'ont connu à l'époque il serait même sorti d'un hôpital psychiatrique - et voilà qu'il s'est retrouvé du jour au lendemain enseignant à l'université alors qu'il ne semble pas avoir le moindre diplôme, ce qui n'a pu se faire qu'en trichant sur son passé. Il a d'ailleurs sans doute cessé d'enseigner quand il s'est rendu compte que sa fraude allait être dénoncée. Il a par la suite choisi une des rares professions alors encore ouverte à n'importe qui, la traduction.
    Il semble bien que nous ayons affaire à un escroc sans la moindre vergogne doué d'un immense culot ».

    À la fois réflexion sur les enjeux profonds de l'acte de traduire, roman d'un traducteur et autoportrait à facettes - ce Portrait du traducteur en escroc est l'unique livre de Bernard Hoepffner, disparu au mois de mai 2017.

  • Les âmes juives

    Pierre Bourgeade

    En juillet 1942, une enfant, Rachel Blum, échappe par miracle à la rafle du Vel' d'hiv'. Recueillie alors par des religieuses catholiques, confiée quelques années plus tard à des parents juifs traditionalistes, elle grandit hantée par la mémoire des siens, mais déchirée entre l'esprit des Chrétiens, qui pardonnent tout, et celui des Juifs, qui ne pardonnent rien. L'Evangile dit "Aime tes ennemis", mais la Thora dit "Zakhor !", "Souviens-toi !" Adam, né du mariage de Rachel avec un médecin de Compiègne, ne pourra faire autrement que de poursuivre cette quête dramatique, découvrant son chemin à tâtons, en Allemagne, puis jusqu'à Jérusalem. Ainsi, à travers des protagonistes si proches de nous, ce roman semble-t-il être celui des "âmes juives" en conflit avec elles-mêmes depuis le commencement des temps. Une fois de plus se trouve posée la question à ce jour restée sans réponse : " Être juif, c'est quoi ? " Comme dans tous ses romans (publiés chez Gallimard puis chez Tristram), c'est par une écriture dépouillée, au service d'un récit lui-même limpide, que Pierre Bourgeade parvient à entraîner le lecteur vers les régions les plus obscures de l'être.

  • Venezia

    Pierre Bourgeade

    À Venise aujourd'hui, dans un palace cinq étoiles, un gigolo américain, une riche infirme, son accompagnatrice souffre-douleur et le personnel de l'établissement sont sur le pied de guerre. Tous attendent l'arrivée de « la Comtessa », pour son séjour annuel sur la lagune. Lorsqu'elle arrive enfin, la milliardaire imprévisible et décadente n'est pas seule. Entichée d'un groupe d'artistes « aktionnistes », elle a décidé, à quatre-vingt-quatre ans, de quitter ce bas-monde en beauté.

  • L'auteur invite à une interrogation sur le rôle de la littérature dans la société, en établissant une lecture des oeuvres de Rousseau, Kierkegaard, Hölderlin, Antonin Artaud et Pierre Michon.

  • Sniper

    Pavel Hak

    L'histoire d'un groupe de fuyards après l'attaque de leur village. Les interrogatoires de plusieurs femmes par des militaires, puis le récit de leur évasion. La quête d'un homme qui retourne dans son village pour y déterrer les morts de sa famille pris dans la terre gelée.

    En surplomb de ces différentes actions : le monologue mi-prophétique mi-halluciné d'un tireur embusqué.

    Sniper est un livre de guerre. Une guerre qui n'est pas située, mais que l'on sent proche de nous. Le texte va à l'essentiel : les horreurs, les visions que ces horreurs suscitent, ce que l'humain immergé dans ces horreurs et ces visions devient.

    En poussant la représentation de la guerre aussi loin, Pavel Hak permet une réflexion sur la guerre dont on connaît peu d'équivalents.

  • " Comment devenir rock critic ? Un voyage mégatonnique avec Lester Bangs ! " Tel est le titre d'un inédit - publié en conclusion de la présente biographie - où le mauvais esprit et le style unique de l'auteur de Psychotic Reactions & autres carburateurs flingués et Fêtes sanglantes & mauvais goût atteignent de nouveaux sommets. Car Lester Bangs, dans tous les journaux auxquels il collabora, de Rolling Stone à Creem et au Village Voice, ne fut pas seulement l'incarnation de ce genre littéraire improbable : la critique rock. Il est celui qui en dynamita les règles, la forme et le contenu. Héritier de Kerouac et des Beats, admirateur de Bukowski, il inventa une écriture qui rivalisait avec le son et l'énergie du rock. Mais, très vite, ses textes s'avérèrent meilleurs que la plupart des artistes ou disques dont ils parlaient ! Lou Reed, Patti Smith, Captain Beefheart, les Clash le considéraient comme leur égal. Kurt Cobain en avait fait son maître à penser. Au-delà de la musique, ses choix esthétiques, son humour dévastateur et son intransigeance à l'égard de l'industrie constituent plus que jamais une référence absolue dans tous les domaines du " journalisme culturel ". De sa Californie natale à Détroit puis New York, du psychédélisme et du free jazz au punk, Bangs a vécu et pensé comme personne - jusqu'à sa mort en 1982 à trente-trois ans - tous les débordements de la contre-culture. C'est cette histoire que raconte aujourd'hui Jim DeRogatis, dans une biographie aussi informée que puissamment empathique, et qui a été acclamée lors de sa parution aux États-Unis par les milieux littéraires comme par ceux de la critique rock.

  • Ramatuelle

    Pierre Bourgeade

    Françoise, une jeune bourgeoise parisienne, prend un matin la route de Ramatuelle, pour les vacances. Dans les Maures, un accident criminel dont elle est témoin fait basculer son existence, jusqu'alors parfaitement ordonnée, dans une dimension sauvage, sept jours durant.

  • Des adolescents, pour certains à peine sortis de l'enfance et déjà en perdition : massacrés par la famille, la société, les institutions. Six d'entre eux vont raconter - à la première personne, dans la langue brutale et splendide qui est leur seule arme - la guerre invisible que l'époque mène contre ses propres enfants.

    Cela se passe aujourd'hui, en France, dans les marges de la région bordelaise. À mesure que Marco, Sylvie, Xavier, Malid, Manon et Thierry racontent, leurs chemins se rejoignent. Ils vont former ce " dernier contingent " dont l'épopée durera douze semaines - sidérantes de noirceur et de beauté, comme une longue catastrophe montrée au ralenti.

    Alain Julien Rudefoucauld régénère l'écriture romanesque par un parler direct, jaillissant, imagé, dont l'intensité ne cesse de croître jusqu'au point final du livre.

  • Intermittences

    Celia Levi

    L'intermittence sera-t-elle le lot de chacun dans la société qui s'annonce ?
    Peintre par vocation, mais figurant sur les plateaux de télévision par nécessité, le jeune héros de ce roman est « intermittent du spectacle ». Quand il n'est pas à la recherche des contrats qui lui permettront d'obtenir le statut tant convoité, il mène une autre quête, dans les quartiers de Paris ou l'intimité de l'appartement qu'il partage avec sa fantasque amie Pauline :
    Celle de la sensation juste et d'un accès poétique au monde. Hélas, les contretemps des tournages, ajoutés aux délirantes complications administratives de « l'intermittence », compromettent sans cesse le fragile équilibre. Et le parcours de ce combattant inexpérimenté serait du plus haut comique, s'il ne le conduisait à vivre un enfer chaque jour plus absurbe, où il a peu à gagner et presque tout à perdre. Celia Levi décrit avec une subtilité de touche - et un luxe de nuances - le basculement de cette situation ordinaire dans une sorte de « fantastique du quotidien », où se perçoivent les échos de quelques grands mythes littéraires. Dans Intermittences, elle prête à l'écriture du Journal que tient son héros, une année durant, la simplicité et la pureté classique du style qui ont déjà émerveillé les lecteurs de son premier roman, Les Insoumises. Celia Levi a vingt-huit ans.

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