• L'idée d'instaurer un revenu inconditionnel réapparaît épisodiquement dans le débat public français. Lors de la dernière campagne présidentielle, plusieurs figures politiques, d'Eva Joly à Dominique de Villepin, ont d'ailleurs évoqué cette idée encore trop méconnue du grand public. Le revenu inconditionnel fait l'objet d'une pétition d'initiative citoyenne au niveau européen, afin d'imposer ce thème dans les débats politiques des instances européennes et sensibiliser les citoyens à cette question.
    Ce livre, qui reprend une partie de l'ouvrage du même auteur Un revenu pour tous, aujourd'hui épuisé, en le complétant substantiellement, se donne pour objectif d'éclairer et d'alimenter le débat. La plupart des questions que le revenu inconditionnel soulève y sont traitées. Comment le financer ? Qui voudra encore travailler ? Faut-il craindre une immigration massive ? Autant de questions techniques qui appellent des réponses économiques, juridiques et sociologiques.
    Mais ce livre est aussi un ouvrage engagé, défendant une politique de gauche porteuse d'un projet de transformation sociale. Au-delà des questions techniques, c'est donc la question de la justice sociale qui est traitée. Est-il juste de verser un revenu sans conditions ni contreparties ? Peut-on être payé à ne rien faire ? La question sociale peut-elle être posée en ces termes ? Le revenu inconditionnel est alors questionné et comparé à d'autres projets de transformation sociale, alternatifs ou complémentaires (monnaies locales, salaire à vie, droit opposable à l'emploi, etc.).
    Défendant un idéalisme réaliste, ce livre n'élude pas le problème du caractère supposé utopique d'un tel projet. Peut-on raisonnablement en envisager une mise en oeuvre prochaine ? C'est pourquoi la dernière partie de l'ouvrage recense une multitude de petits pas qui nous permettraient de nous rapprocher d'un revenu inconditionnel (droit au temps libre, développement de l'économie sociale et solidaire, multiplication des espaces de gratuité, etc.).

  • La place du travail au sein de la société n est ni une évidence, ni une fatalité. La prédominance de la « valeur travail » est une exception historique née du développement du capitalisme et de l impératif de croissance qu il implique. Sous peine d enfermer chacun dans ce bagne doré qu est la société de surconsommation et de surproduction, le culte du travail doit impérativement être remis en cause. Au-delà de tout choix de société et de toute orientation politique, chaque individu doit pouvoir décider librement de la place qu il entend accorder au travail dans son existence. Dans cette optique, la création d un revenu de citoyenneté, qui répond à un idéal de justice sociale, prend tout son sens. Même si cette idée n est pas neuve - Thomas More y faisait déjà allusion au XVIe siècle - le revenu de citoyenneté s appuie sur une justification philosophique forte, fondée sur la reconnaissance de l utilité sociale de chaque membre de la société et de l intérêt qu a cette société à soutenir et promouvoir la richesse sociale que chacun contribue à créer.

  • Les concepts de " croissance verte " et de " développement durable " ne sont pas à la hauteur des enjeux écologiques et sociaux actuels.
    Après des années d'améliorations de l'éco-efficacité, le supposé " découplage " entre la dégradation de la situation écologique et sociale d'un côté et la croissance économique de l'autre montre clairement ses limites. Aujourd'hui, c'est l'idée d'une décroissance soutenable, équitable et conviviale qui tend à se développer. Une multitude de mouvements en France, en Italie et ailleurs interpelle la communauté scientifique.
    C'est un nouveau champ de recherche transdisciplinaire qui s'ouvre, mêlant les approches techniques, écologiques, économiques, sociologiques, anthropologiques et institutionnelles. Un champ dans lequel la question des indicateurs de richesse croise celle de la perception psychologique du bien-être, où l'amélioration des techniques et procédés de production est confrontée à la récurrence d'un " effet rebond ".
    Pour formuler toutes ces problématiques et commencer à y répondre, l'association Recherche & Décroissance a organisé la première conférence internationale sur la décroissance. Ouverte sur les bases d'une coopération scientifique internationale, cette rencontre a rassemblé 140 chercheurs et membres de la société civile provenant d'une trentaine de pays du Nord comme du Sud. Les contributions qui en ressortent traduisent la richesse des échanges.
    Cet ouvrage entend en restituer une partie et en appelle beaucoup d'autres.

  • Et si l'on proclamait un droit au revenu ? Et si l'on versait à chaque citoyen une allocation de base, sans aucune condition ni contrepartie ? L'idée est séduisante et ses avantages nombreux : Baptiste Mylondo en présente dix et nous explique que s'il y a un revenu inconditionnel " de gauche ", il y en a aussi un " de droite ".
    Ces deux approches correspondent en fait à des logiques opposées. Mais les objections, qu'elles soient de principe, idéologiques ou financières, ne manquent pas : utopique, pas finançable, techniquement impossible, immoral, plus personne ne voudra travailler, pas de droit sans devoir... Ces critiques sont analysées par l'auteur en s'appuyant sur les nombreux textes, réflexions ou expérimentations réalisées dans différents pays.
    Ce livre vise à répondre à ces principales objections opposées aujourd'hui au revenu inconditionnel, objections qui restent trop souvent sans réponses du fait de l'absence d'un débat politique éclairé sur la question. Un ouvrage indispensable pour qui pense que la crise sociale et environnementale ne pourra se résoudre sans une remise en cause profonde des systèmes qui nous ont conduits à cette situation.

  • En la remettant en perspective, les auteurs retracent l'évolution politique et intellectuelle du revenu inconditionnel, idée aux multiples facettes, aujourd'hui sur le devant de la scène démocratique.
    La première partie de cette anthologie, historique, présente le travail théorique des More, Fourier, Kropotkine ou Russel, autant d'utopistes qui ont vu dans cette idée de revenu inconditionnel une mesure de bon sens. La deuxième partie retrace les différentes justifi cations avancées à l'appui du revenu incondition- nel, des auteurs libéraux comme Locke ou Friedman, jusqu'aux approches fon- dées sur une autre idée de la coopération et de la société (Aristote, Flahault), en passant par le célèbre article de Philippe van Parijs «Pourquoi il faut nourrir les surfers», inédit en français. La troisième partie prolonge la réflexion au-delà du simple revenu inconditionnel en se penchant sur la problématique plus large des inégalités, à partir de textes de Platon, Rousseau, Montesquieu, et d'auteurs contemporains tels Gorz et Caillé, plaidant pour un revenu suffi sant, mais aussi pour l'introduction d'un plafond de richesse.

  • Essai sur la réduction du temps de travail. Les auteurs refusent le temps plein subi et souhaitent davantage de temps libre afin d'encourager l'émancipation culturelle et sociale des individus.

empty