• Bien des degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté ont été inspirés par l'un ou l'autre des Livres de l'Écriture. Parmi ceux-ci, l'Apocalypse tient une place à part. C'est, par excellence, un livre initiatique par son ésotérisme et son eschatologie.
    Les " Degrés de l'Apocalypse " correspondent aux XVIIe et XIXe degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté. À l'origine, vers 1760, le premier degré s'appela Chevalier d'Occident et le second Sublime Écossais. Lors de leur incorporation dans le Rite de Perfection, ils devinrent Chevalier d'Orient et d'Occident et Sublime Écossais ou Grand Pontife. L'un et l'autre peuvent s'analyser comme des paraphrases symboliques de l'Apocalypse, dans sa première partie, celle des calamités, pour le XVIIe degré, et dans sa dernière partie, celle de la Jérusalem céleste, pour le XIXe degré.
    Claude Guérillot nous permet de suivre l'évolution de ces grades au cours des siècles, et nous propose des pistes de compréhension initiatique.
    L'Apocalypse a inspiré les plus grands artistes, en particulier Albrecht Du¨rer dont les gravures illustrent si parfaitement les rituels des " Degrés de l'Apocalypse " qu'il semble impossible qu'elles n'aient pas été connues des Frères qui, les premiers, les ont élaborés.

  • Comme tous les grades maçonniques, les « degrés ultimes » ont une histoire, réclament un lieu et des décors, possèdent un rituel et des « secrets ». Comme tous aussi, ils recèlent des contenus initiatique et ésotérique qu'il faut découvrir.

  • Nous entendons ici par « degrés de l'Exil » les XVe et XVIe degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté, c'està- dire le Chevalier d'Orient ou de l'Épée et le Prince de Jérusalem.

  • C'est avec les lumières du passé que l'on éclaire les chemins de l'avenir... Connaître l'histoire rituélique du Kadosh, comprendre comment et pourquoi ses rituels ont été manipulés, c'est aussi se prémunir contre les tentatives, qui ne manqueront pas de se produire, de détourner l'Ordre Écossais de sa véritable nature.

  • Ce livre présente une interprétation propre à l'auteur de l'histoire de l'univers. Celle-ci lui paraît marquée par deux événements essentiels : la Création et l'Incarnation.

  • élaborèrent et pratiquèrent les nombreux degrés dit écossais, que l'auteur a étudiés dans la Rose maçonnique.
    Ce nouvel ouvrage original comporte 5 parties 1) Loge Maçonnique et groupes sociaux à partir d'une analyse statistique de l'existence et de la pérennité des Loges Maçonniques les influences propres de certains groupes sociaux - les protestants, les juifs, les Compagnons du tour de France, les militaires et la hiérarchie catholique sont mis en évidence.
    2) Bordeaux les élus parfaits et l'ancienne maîtrise. A partir des documents Sharp récemment publiés par l'auteur, l'histoire des élus parfaits de Bordeaux la première puissance Maçonnique écossaise de hauts grades ainsi que celle des parfaites loges d'Ecosse, leur fille, sont présentés et analysés.
    3) Avignon ou l'asile précaire: se fondant sur le registre de St-Jean de Jérusalem, d'Avignon, connu depuis longtemps mais trop négligé une étude de l'histoire de cette loge est présentée.
    4) Paris la grand ville. même si Paris fut "un océan maçonnique" les documents récemment mis à jour permettent de tracer un portrait de ce que fut la Maçonnerie parisienne avant 1761 et d'identifier les groupes qui contribuèrent à l'élaboration des rituels écossais.
    5) Un hommage mérité : trop d'auteurs, pour nourrir une polémique anti-écossaise née au 19è siècle ont accusé de toutes les turpitudes les écossais en général.
    L'ensemble des faits historiques ici rapportés permet de montrer que ces accusations ne sont en rien fondées et que le bilan des "jardiniers de la rose" est plus que positif. L'ouvrage comporte plusieurs index dont celui des personnes ou figurent des centaines de noms de Francs-Maçons des années 1740 à 1760.

  • Origine dans ceux que les Antients anglais définirent vers 1750 et qu'ils donnèrent, à la fin du XVIIIème siècle, à la Mère Loge Écossaise, Saint Jean d'Écosse, qui fut la loge-mère d'Alexandre de Grasse-Tilly. Lorsque le Rite Écossais Ancien et Accepté fut introduit en France, en 1804, c'est tout naturellement que Grasse-Tilly adopta, pour les Loges symboliques, les rituels en usage dans sa loge-mère. Tout au long du XIXème siècle, ces rituels, surtout celui de Compagnon, furent modifiés en fonction de l'esprit de l'époque. Le "positivisme" d'Auguste Comte et l'anticléricalisme croissant des Frères induisirent une certaine déchristianisation du Rite. Personne, ni une Obédience, si respectable soit-elle, ni une Juridiction, si vénérable soit-elle, n'est propriétaire du Rite Écossais Ancien et Accepté. Pourtant le Suprême Conseil de France d'abord, la Grande Loge de France ensuite, ont cru avoir le droit et le devoir de modifier les rituels. Nul ne doute qu'ils aient cru bien faire... Mais un exemple récent montre que modifier un rituel est une opération difficile et risquée. Ici, un geste, un mot, un discours, portent en eux une signification qu'il faut parfaitement comprendre pour oser introduire une modification. Si celle-ci est acceptable, si elle n'altère pas le sens du grade, si elle est bien comprise par les Frères, ceux-ci l'adoptent. Sinon... Ce petit livre est consacré aux trois premiers degrés et l'auteur espère ainsi transmettre à ses lecteurs un peu de ce qu'il a appris en plusieurs décennies de pratique. Mais ses paroles ne sont pas vos paroles et si le lecteur se penche un peu plus sur l'enseignement maçonnique de ces premiers degrés, alors son but sera atteint.

  • Les « grades dits de vengeance » forment la IIIème classe du Rite Écossais Ancien et Accepté et sont constitués par . le IXème degré d'Élu des Neuf ;
    . le Xème degré d'Élu des Quinze ;
    . le XIème de Sublime Chevalier Élu.
    Si les deux premiers contiennent des « légendes du grade » exposant la traque et la punition du meurtrier d'Hiram et de ses deux complices, le troisième ne présente qu'un « discours du grade » sans aucun rapport avec le meurtre d'Hiram.

    Il existe donc une hétérogénéité entre ces trois grades pourtant réunis en une seule classe intercalée entre la IIème classe, réunissant les degrés entre le IVème de Maître Secret et le VIIIème de Prévôt et Juge, et la IVème classe, formée des trois degrés de Grand Maître Architecte, de Chevalierde Royale Arche et de Grand Élu, Parfait et Sublime Maçon. La IIème classe s'inscrit dans la « légende d'Hiram » mais la IVème introduit l'adepte à une forme nouvelle de spiritualité.

    Il serait inopportun d'imaginer que les pères fondateurs du Rite ont conçu cette IIIème classe comme une sorte de « bouche-trou » formé de trois grades de contenus initiatiques très différents mais mis en place pour compléter l'Ancienne Maîtrise culminant au XIVème degré.

    Le Sublime Chevalier Élu a été composé à partir du Chevalier des Douze Tribus et a été nommé par les pères fondateurs « Illustre Chef des Douze Tribus ». Il s'agit d'un degré purement biblique, ésotérique et mystique.

    Les trois degrés des « grades dits de vengeance » sont susceptibles d'une lecture ésotérique très différente de la lecture exotérique usuelle. Ils forment alors les degrés d'une montée de l'adepte vers une certaine forme de mysticisme.

    Or ces degrés sont apparus en France alors que le chevalier de Ramsay, disciple de Fénelon et de Madame Guyon, était, depuis son fameux Discours, l'un des Frères les plus influents, sur le plan initiatique, des Francs-Maçons français.

    Notre interprétation est donc que ces degrés recèlent en eux un enseignement mystique proche du Quiétisme. Il n'est donc pas étonnant que leurs versions modernes aient été profondément édulcorées...

  • Trop souvent, il est fait allusion aux rituels anciens sans que ceux qui en parlent les aient véritablement vus.
    Trop souvent, ceux qui en disposent les gardent jalousement, ou bien encore, ils dorment au fond de bibliothèques, inaccessibles à ceux qui n'ont pas le temps de les y rechercher. Claude Guérillot indique en chaque occasion où l'on peut se procurer une copie de l'original. Ce livre permettra à chacun de se faire une idée personnelle. Les Rituels anciens étudiés ici ont une riche coloration spirituelle, mais celle-ci, pareille à un arc-en-ciel ou au cou d'une colombe, varie sans cesse.
    Souvent chrétienne, avec parfois un zeste de calvinisme, elle intègre aussi des éléments venus de la mystique juive ou de l'ésotérisme occidental, qu'il s'agisse de l'hermétisme ou de l'Alchimie. Les hommes qui conçurent ces rituels étaient tout à la fois chrétiens et ésotéristes, religieux et tolérants, fraternels et dévoués. Ceux qui les accusent d'avoir inventé les rituels pour pouvoir monnayer les Grades ne les connaissent pas ou instruisent un autre procès, pour une cause plus actuelle.
    "Le parfum dont l'argile, une fois, a été imprégnée, elle le gardera toujours", disait le vieil Horace. Le parfum de la rose, telle qu'elle fut dans sa splendeur naissante, imprègne toujours l'argile maçonnique et continuera de le faire tant qu'il y aura des Maçons, avides de connaître ce que cachent nos rituels, sous des formes parfois bien modifiées. C'est pour eux que ce livre a été écrit.

  • La rose maçonnique t.1

    Claude Guérillot

    • Vega
    • 1 Décembre 2010

    Entre les origines, la première moitié du XVIIIe siècle, et nos jours, la transmission initiatique s'est trouvée altérée par les très nombreuses modifications qu'ont subi les rituels maçonniques.
    Bien plus, l'instauration du Rite Ecossais Ancien et Accepté, en sélectionnant certains d'entre eux, a conduit à un oubli presque total de quelques-uns des plus significatifs d'entre les premiers rituels. Cet ouvrage est le résultat de l'étude de plus de deux cents cahiers anciens, des manuscrits post-opératifs anglais de la fin du XVIIe siècle aux rituels de la première promulgation faite par le Suprême Conseil de France en 1805.
    La "loi du silence" couvre les rituels actuels et il ne sera question dans ce livre que de cahiers antérieurs à 1810. Ainsi, l'indispensable élément de surprise, nécessaire à une bonne cérémonie d'initiation, sera conservé.

  • En 1762, muni de sa célèbre Patente, Étienne Morin quitta la France pour retourner à Saint-Domingue.
    Il était en possession des rituels de l'Ancienne Maîtrise, dans la forme que leur avait donnée le Grand Conseil des Grades Eminents que présidait alors Augustin-jean François Chaillon de Jonville. Quelques années plus tard, lassé des intrigues et des cabales, Morin se réfugia à Kingston, à la Jamaïque, près de son ami Henry Francken. Il y accomplit son oeuvre maçonnique majeure, l'élaboration du Rite de Perfection, en vingt-cinq degrés, qui regroupe tous les grades effectivement pratiqués du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
    Henry Francken, qui fut très certainement l'organisateur principal du Rite, a laissé plusieurs manuscrits dans lesquels se retrouvent tous les rituels et de nombreuses pièces réglementaires. Après avoir tout traduit en anglais, Francken dotait ses délégués, les Députés-Inspecteurs, d'une copie dont trois versions au moins sont venues jusqu'à nous. Claude Guérillot présente ici une restitution en français de ces rituels nés en France.
    Cet énorme travail, qui a demandé de minutieuses comparaisons avec les manuscrits encore existants, constitue un ouvrage de référence pour tous ceux qui désirent connaître la forme, et surtout l'esprit, des rituels maçonniques originaux. Les commentaires qu'il a écrits et le glossaire qu'il a élaboré permettent de mieux comprendre ces textes d'une importance essentielle pour tous ceux qui veulent mieux approfondir les rituels Ecossais.

  • La legende d'hiram

    Claude Guérillot

    David, Salomon, Hiram, autant de personnages à la fois historiques et légendaires.
    David et Salomon furent les souverains d'un petit peuple du Proche-Orient qui, à la faveur d'une "fenêtre historique", surent profiter de la faiblesse provisoire des grands Empires égyptien et babylonien. Ils construisirent une sorte de petit empire et s'assurèrent le contrôle des routes caravanières venant de Mésopotamie et de l'Orient profond. Ils s'allièrent avec les Phéniciens, qui dominaient le commerce maritime comme ils dominaient le commerce terrestre.
    Cela fit leur fortune. Hiram ne fut qu'un habile bronzier.
    David et Salomon devinrent des héros de légende. Au VIIème siècle, les rédacteurs du Livre des Rois les magnifièrent, affermissant ainsi le pouvoir royal de leur temps. La Bible abonde de textes qui leur furent attribués, les apocryphes surenchérirent.
    Si les légendes "opératives" ne parlent guère d'Hiram, David surtout Salomon y sont souvent évoqués.
    Mais c'est avec le grade de Maître qu'Hiram fit sa grande entrée dans la légende maçonnique.
    La "légende d'Hiram" n'est qu'esquissée au grade de Maître. Elle se développe ensuite, ordonnant ce que l'on appelait autrefois "l'Ancienne Maîtrise". Joabert, qui se substitue à Hiram, progresse de degré en degré et l'adepte, invité à s'assimiler à lui, avance lui aussi sur le chemin de l'initiation.
    Pourtant, ce sont les deux derniers degrés, le Chevalier de Royale Arche et le Grand Elu Sublime Maçon, qui donnent toute sa signification à cette "légende d'Hiram".
    C'est à ce niveau que l'on comprend le silence obstiné d'Hiram face à ses meurtriers : le secret qu'il détenait était celui du "Nom Ineffable", porteur de la Toute-Puissance divine.

  • Ce petit livre, le premier d'une série de monographies maçonniques, est, bien entendu, surtout destiné à ceux à qui son titre évoque leur propre vécu.
    Il traite du Chevalier Rose Croix, ce grade central du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
    Ceux qui ont le bonheur de le connaître savent que c'est en Souverain Chapitre que presque tous trouvent leur complet épanouissement. Tous ceux que j'ai interrogés l'ont, unanimement, confirmé.
    Le lecteur trouvera ici bien des citations des rituels, le plus souvent anciens, parfois plus récents. Selon nous, étendre ce que l'on appelle le " secret maçonnique " aux textes des rituels est une erreur coupable de bien des effets pervers.
    Certes, la sagesse la plus élémentaire conseille aux Frères de ne pas chercher à connaître les rituels des grades dont ils ne sont pas encore investis, ne serait-ce que pour en préserver l'impact initiatique. C'est pourquoi le rituel actuellement en usage n'est que fort peu cité. Mais ignorer ce qu'étaient les rituels anciens, c'est, d'une certaine façon, rompre la chaîne initiatique. Dès lors, les Frères ont le devoir d'étudier l'évolution des degrés qu'ils possèdent et le droit de juger du bien fondé des modifications que certains se croient autorisés à introduire.
    Sinon, ce que l'on appelle la " tradition maçonnique " aurait la mémoire bien courte et les " rénovateurs " la partie bien belle... Mais, que l'on se rassure, bon nombre des prétendues améliorations, qui n'avaient, en fait, que le but de " déchristianiser " le Chevalier Rose Croix, ont finalement été, ou abandonnées en raison de leurs excès, ou, par la force de " l'esprit du grade ", réintégrées dans la tradition originelle.
    Il reste que, pour ce degré comme pour d'autres, la vigilance des Frères demeure nécessaire.
    Fasse le Grand Architecte que ce petit livre y contribue.

  • Ce petit livre, le premier d'une série de monographies maçonniques, est, bien entendu, surtout destiné à ceux à qui son titre évoque leur propre vécu. Il traite du Chevalier Rose Croix, ce grade central du Rite Écossais Ancien et Accepté.

  • L'Eglise d'Antioche, fondée par saint Pierre en 37, bien avant Jérusalem, Alexandrie et Rome, fut l'un des trois patriarcats reconnus à Nicée en 325. Amputée autoritairement de ses trois diocèses méridionaux, y compris les Lieux Saints, elle rejeta les conclusions du concile de Chalcédoine en 451 et fut alors accusée de monophysisme par ses adversaires. Depuis cette date, l'Eglise d'Antioche a été persécutée par les Byzantins, par les Musulmans, puis par les Turcs et leurs supplétifs kurdes. Entre 1915 et 1918, les Syriaques furent victimes du "génocide oublié", tout aussi meurtrier que celui des Arméniens. Puis vint l'exil ; il y a plus de Syriaques hors du Moyen-Orient que dans leur région d'origine. N'ayant jamais été une "Eglise de pouvoir", l'Eglise d'Antioche, dont le clergé se considère comme "les serviteurs des serviteurs de Dieu"; accueille, hors du Moyen-Orient, de nombreux chrétiens sans pour autant se livrer à un prosélytisme excessif.

  • L'Eglise d'Antioche représente la racine araméenne du Christianisme, trop longtemps oubliée en Occident. Elle a su garder vivante la plus pure doctrine chrétienne, les Paroles du Christ, prononcées en Araméen lors de Son ministère. En parcourant les écrits des grands théologiens syriaque de saint 'Ephrem à Barhebraeus et aux contemporains, s'initiant à la liturgie syriaque, le lecteur constatera caractère foncièrement trinitaire de l'Église d'Antioche de chaque fidèle, lors de sa christianiser, " reçoit le Saint-Esprit " et est appelé à L'écouter. Les Occidentaux, souvent déçus par leurs propres Eglises peuvent trouver dans l'exemple antiochien de nouvelles raisons et de nouvelles manières de vivre leur foi.

  • Claude Guérillot nous décrit son parcours, nous livre son secret d'initi ati on, nous faisant découvrir, sous l'effl orescence des grades, l'extraordinaire cohérence du Rite Écossais Ancien et Accepté, affi rmant avec force sa vocati on spirituelle.
    Trois pas vers l'infi ni relate le voyage initi ati que de l'homme en quête d'initi ati on qui, homme de chair selon les termes de l'auteur, aspire à la conditi on d'homme spirituel.
    L'engagement personnel de l'auteur en tant que croyant, les parallèles qu'il établit avec les textes sacrés, ne portent pas att einte à sa lucidité et à son objecti vité d'historien. Au contraire, ils mett ent en lumière l'intérêt et la qualité des matériaux symboliques et légendaires ti rée des rituels du Rite. L'auteur corrige, ici et là, des altérati ons apparues au cours de l'histoire.

  • Ce qui distingue le Christianisme des autres monothéismes, ce n'est pas seulement le dogme trinitaire, c'est, d'abord et surtout, l'Incarnation.
    Les trois Evangiles synoptiques sont des Evangiles de la messianité.
    La messianité n'est pas nécessairement l'Incarnation. D'abord conçue sur le modèle juif du Libérateur, elle est devenue, au cours des premiers siècles, Rédemption et Incarnation. Mais les Evangiles synoptiques, rédigés par des hommes qui n'avaient pas directement connu le Christ, insistent sur Ses pouvoirs divins et sur Ses miracles.
    Le IVème Evangile est, au contraire, un Evangile de l'Incarnation.
    Son auteur, qui ne se nomme pas mais qui est " le disciple que Jésus aimait " ; se présente comme un témoin. La tradition et ceux qui ont connu jean ou qui furent proches de lui dans le temps et dans l'espace nous affirment que cet auteur est Jean, fils de Zébédée.
    Pour essayer de comprendre et de se faire une opinion, il faut, d'abord, retracer les contextes historiques, politiques, économiques, culturels et théologiques du premier tiers du Ier siècle.
    Il faut aussi rappeler ce que l'on sait de Jean et le replacer dans ce contexte.
    Le point suivant est la véracité du témoignage. Le IVème Evangile comporte de nombreux détails géographiques, topographiques et architecturaux qui n'ont pas de signification théologique mais qui sont autant d'indices de sa véracité. Or chacun de ces détails est vérifiable et vérifié. De plus, la cohérence temporelle du IVème Evangile est parfaite, au point que l'on peut suivre complètement le Christ au cours de la dernière semaine de Sa vie terrestre.
    Ainsi donc, la véracité de l'Evangile selon Jean est assurée et l'existence du manuscrit Ryland permet de dater sa rédaction de la fin du Ier siècle.
    Jean, tous les témoignages le prouvent, a passé les dernières années de sa vie à Ephèse et il y a joué le rôle d'un évêque métropolite.
    A chacune des grandes fêtes, Pâques, la Pentecôte, la Théophanie, il a prêché et témoigné du Christ. Cela explique que ces très nombreuses homélies, tout en conservant une unité de style et de vocabulaire, présentent des reprises et des corrections. La conviction de l'auteur, après un examen minutieux, est que Jean le Théologien, le fils de Zébédée, est bien, comme l'affirment les Pères et les contemporains de l'oeuvre, l'auteur du IVème Evangile.
    Ainsi, le IVème Evangile est véridique.
    C'est l'Evangile de l'incarnation et celui du Message. Les hommes et les femmes du IIIème millénaire n'attachent guère d'importance aux nombreux miracles rapportés par les Synoptiques mais sont sensibles au Message du Christ.
    Encore faut-il le comprendre. Toute traduction est une trahison, à la fois réductrice et théologiquement orientée. Ici, l'auteur remonte au grec des manuscrits anciens pour signaler, à chaque fois que cela est nécessaire, l'aura sémantique du texte johannique.
    Ainsi met-il à jour bien des richesses occultées dans nos traductions et ouvre-t-il bien des pistes à la méditation du lecteur.
    Ceux qui ne croient pas en l'Incarnation trouveront ici des raisons de douter de leur opinion. Ceux qui y croient trouveront des raisons de conforter leur foi. Tel est l'objet de cet ouvrage qui réconcilie respect de la tradition et analyse rigoureuse, ardeur de la foi et exigence de la raison.

  • Il existe, dans le Rite Écossais Ancien et Accepté, trois degrés qui ne furent, sans doute depuis le tout début du XIXe siècle, que communiqués.
    Les récipiendaires n'entendaient que l'énoncé d'un bref résumé qui n'a eu, trop souvent, que peu de rapport avec la réalité des degrés. Il s'agit du XXIème degré de Chevalier Prussien, du XXIIème degré de Chevalier de Royale Hache et du XXVeme degré de Chevalier du Serpent d'Airain. Apparemment, ce sont des degrés bien ordinaires, construits autour de légendes tirées de l'Ancien Testament, la tour de Babel, les arbres coupés pour construire l'arche de Noé ou le temple de Salomon, les "serpents ardents" punissant les Hébreux de leurs péchés dans le désert du Sinaï...
    Pour certains Maçons du XIXe siècle, ces degrés semblaient si anodins et si quelconques qu'il leur a semblé légitime de substituer aux légendes originelles des sortes de romans plus ou moins moyenâgeux et de leur donner une signification politique... Il est clair que bien peu nombreux furent ceux qui, au cours des deux derniers siècles, se sont donné la peine d'étudier les rituels originaux et d'en comprendre le contenu initiatique.
    Et pourtant ! Ces rituels ont été conçus au milieu du XVIIIe siècle, à une époque où les pastorales, tant catholique que réformées, insistaient sur le péché et sur la damnation du plus grand nombre. Les Églises, tant catholique que réformées, tenaient pour certaine l'historicité des Livres de l'Ancien Testament, au point que l'on pouvait, par leur étude, fixer l'heure et la date de la création du monde.
    Les Églises, tant catholique que réformées, tenaient pour authentique une "image de Dieu" qui était celle d'un Juge implacable et vindicatif. Toutes "prêchaient l'enfer" avec son feu inextinguible torturant les damnés dans une éternité de souffrances. Or ces rituels nous disent d'abord, que les Sidoniens qui coupèrent les arbres dont le bois servit à construire l'arche de Noé eurent des descendants et qu'ainsi la destruction de la race humaine par le Déluge n'a pas eu lieu, ensuite que Phaleg, l'architecte de la tour de Babel, s'est "sauvé" par son expiation et son humilité, c'est-à-dire par "ses oeuvres", enfin que le serpent d'airain est une figure du Christ et que l'homme est sauvé s'il se tourne vers Lui.
    Finalement, les trois rituels contiennent une réfutation de la "pastorale de la terreur" qui retentissait alors dans les églises et dans les temples. Ils offraient aux récipiendaires une autre "image de Dieu ", celle d'un Père aimant et miséricordieux. Comme ils sont actuels, ces degrés oubliés !

  • Les degres de l'exil

    Claude Guérillot

    • Vega
    • 23 Décembre 2003

    Nous entendons ici par "degrés de l'Exil" les XVème et XVIème degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté, c'est-à-dire le Chevalier d'Orient ou de l'Épée et le Prince de Jérusalem.
    Historiquement, ces deux degrés furent conçus pour jouer un rôle directeur dans les Ateliers pratiquant l'Ancienne Maîtrise. Le Chevalier d'Orient, apparu peu avant 1748, fut très largement diffusé et nous disposons de nombreux manuscrits permettant de suivre son évolution. Au contraire, le Prince de Jérusalem, qui date des années 1760 et qui est, en quelque sorte, le "second point" du Chevalier d'Orient, fut surtout pratiqué dans la mouvance de Saint-Jean de Jérusalem de Paris.
    Leurs légendes sont tirées, fort librement, des Livres d'Esdras et de Néhémie.
    Lorsque le Rite Ecossais Ancien et Accepté succéda au Rite de Perfection, ces deux degrés cessèrent rapidement d'être réellement pratiqués et ne furent plus que communiqués à l'occasion de l'intronisation du XVIIIème degré de Chevalier Rose Croix. Psychologiquement, le " sentiment d'être exilé " est important. Il s'associe à l'échec qui est une sorte de petite mort quotidienne obérant le vécu.
    Il est souvent ressenti au cours des " crises de transition " qui jalonnent la vie humaine. L'être humain se ressent alors comme frappé d'exclusion ou de rejet. Il croit valoir bien plus que ce que les autres voient en lui et, comme l'a écrit Lamartine : " L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux. " L'initiation Ecossaise vise au perfectionnement de l'être en lui apprenant à se connaître et à connaître l'Autre, à s'accepter tel qu'il est et à s'aimer lui-même comme à aimer l'Autre, à agir, fort de ces connaissances et de ces amours.
    Or chacun passe inéluctablement par les " crises de transition " et connaît, à un moment ou à un autre, le " sentiment de l'Exil ". Les " degrés de l'Exil ", s'il les étudie bien, lui apprendront qu'un secours existe, qui vient d'un autre, d'un totalement Autre qui est " plus grand que nous ". L'Exil finit toujours par s'achever mais seulement parce que l'Espérance, qui vacille parfois, ne disparaît jamais.
    Le mythe du Messie exprime cette vérité. Tristan Bernard, lorsqu'il fut arrêté par les nazis, eut ce mot sublime : " Maintenant commence le temps de l'espérance ! ". Il faut, malgré tout ce qui peut arriver de terrible, être capable d'espérance, tel est l'enseignement initiatique des " degrés de l'Exil " et cet enseignement prépare l'adepte à recevoir et à comprendre le XVIIIème degré.

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