• Tout commence par un meurtre.
    Sur une aire d'autoroute, à la lisière des villes et des forêts où se vend cruellement le corps des femmes, dans l'Est autrefois blessé par la guerre, on découvre un routier polonais. Au volant de son camion. Assassiné.
    C'est une région qui fut prospère mais qui ne l'est plus. Son nom est lumineux, l'Aube, ses villes autrefois glorieuses, de Troyes à Bar le Duc, pays de foires, de marchés, de fabliaux et de haute sagesse romane. Mais les forges et les verreries ont fermé. L'abbaye de Clairvaux, fondée par Saint-Bernard, devenue une prison célèbre, une « centrale », est en déshérence. Et une société chinoise rachète les industries verrières et convoite nos forêts. Le rayonnement spirituel d'autrefois n'est plus qu'un souvenir.
    C'est dans cette France, abandonnée de la capitale, légendaire, blessée, balzacienne, si peu racontée, que ce meurtre, ce fait-divers, va provoquer un véritable séisme et prendre dans une même toile des êtres que tout oppose.
    Ils se nomment Alicja, jeune journaliste solaire et libre qui aime raconter la vie des gens sans histoire; Smyrn producteur de musique fatigué de Paris qui, à 40 ans, veut prendre un nouveau départ, entre forêt et désirs ; Gassien, un ancien légionnaire solitaire et dangereux, croit-on, ou bien est-ce un ermite médiéval échappé là... Il y a aussi Inge, passionnée par Clairvaux ; son ami et amant le médecin de campagne, seul héritier de Saint-Bernard peut-être ; il y a Amandine, pauvre mais riche d'envies.
    Tous cherchent un horizon, une échappatoire, un peu de sens et de pureté dans un monde sali, chiffré, abaissé...
    Avec grâce, talent, et une infinie connaissance du coeur humain, Daniel Rondeau nous offre cette France dont on ne parle pas- rond-point ou cul-de-sac, aux paysages inoubliables et aux strates d'Histoire portées par la terre. A la suite de Mécaniques du chaos où il avait raconté les friches urbaines d'une France déboussolée, Arrière-pays est le grand roman d'une France oubliée.

  • Et si la fiction était le meilleur moyen pour raconter un monde où l'argent sale et le terrorisme mènent la danse ?... Ils s'appellent Sébastien, Habiba, Bruno, Rifat, Rim, Jeannette, Levent, Emma, Sami, Moussa, Harry. Ce sont nos contemporains. Otages du chaos général, comme nous. Dans un pays à bout de souffle, le nôtre, pressé de liquider à la fois le sacré et l'amour, ils errent dans leur existence et se comportent souvent comme s'ils avaient perdu le secret de la vie.Mécaniques du chaos est un roman polyphonique d'une extraordinaire maîtrise qui se lit comme un thriller. Il nous emporte des capitales de l'Orient compliqué aux friches urbaines d'une France déboussolée, des confins du désert libyen au coeur du pouvoir parisien, dans le mouvement d'une Histoire qui ne s'arrête jamais.Une fresque crépusculaire qui brasse l'histoire et l'actualité, interrogeant les dérèglements de notre société. Étienne de Montety, Le Figaro littéraire.Un thriller politique à la John le Carré. Marc Lambron, Le Point. GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

  • Malta Hanina

    Daniel Rondeau

    «Le destin m'a jeté dans une carrière qui n'était pas la mienne. Accroché au rocher maltais par mes lettres de créance, ouvrier de la diplomatie française sur une île perdue au milieu des eaux et du temps, j'ai vu tourner les saisons, et fleurir trois fois les orangers. Il y a longtemps que j'attendais d'avoir ma chaise au banquet méditerranéen. Jusqu'alors je n'étais qu'un oiseau de passage. Malte a tenu ses promesses. J'ai été accueilli, d'une certaine façon délivré, admis dans la confidence d'une vieille civilisation».

    Daniel Rondeau raconte ce pays qu'il a vécu : Malte la généreuse (Malta Hanina), la catholique, la sémitique, nombril de la mer entre Sicile et Libye, entre Orient et Occident. Mais il parle aussi de la France, de l'Europe tentée par l'oubli, de sa vie d'écrivain. Jamais il n'a taillé autant de facettes pour faire un portrait.

  • Istanbul

    Daniel Rondeau

    Après Tanger et Alexandrie, avec cet Istanbul, Daniel Rondeau arrive au terme d'un voyage en Méditerranée commencé il y aura bientôt vingt ans.
    Istanbul ou la Sublime Porte : le portrait d'une ville magique, une promenade dans ses mystères, et une autre façon d'interroger l'histoire et la littérature. De nombreux séjours ont conduit l'auteur à entrer dans l'intimité de la ville. À la manière de Pausanias, ce voyageur et géographe grec du IIe siècle, qui parcourut les villes de la Grèce, petites et grandes, pour en faire une description dans un style simple et sans prétention, Rondeau raconte ce qu'il voit là où ses pas le mènent : le long de la muraille, sur les rives du Bosphore, aux îles des Princes, dans les cimetières d'Europe et d'Asie.
    Choses vues, choses lues, choses vécues aussi, glanées en quelques années de fréquentation assidue d'une ville inoubliable : une invitation au voyage merveilleusement écrite, un souffle chargé de couleurs et de passions.

  • Capitale de la maurétanie, terminus des caravanes, antichambre de l'hégire, porte de l'afrique et de la méditerranée, puis partie de plaisir un peu mélancolique pour les demi-solde du monde moderne, tanger avec ses mystères, ses fumeurs de kif, sa médina, ses guirlandes d'arômes, ses étrangetés, ses ombres et ses façades blanches, exerça de tout temps sa puissante fascination sur les aventuriers, les voyageurs et les artistes.
    Paul morand, beckett, delacroix, matisse, truman capote, tennessee williams, les rolling stones, paul et jane bowles ont tous été citoyens de ses collines insouciantes.
    En 1987, daniel rondeau publiait un portrait de tanger oú il venait d'effectuer plusieurs séjours. dix ans après ce premier livre, il nous en offre une version augmentée d'impressions sur différentes villes marocaines (marrakech, fez, essaouira, taroudant) et de notes de voyage.
    Son récit s'achève par un retour à tanger, cette ville oú le climat est mauvais pour le coeur mais bon pour les passions.

  • Ce livre rassemble des textes politiques et littéraires (certains inédits) écrits par Daniel Rondeau depuis 1984 jusqu'à nos jours. Au début des années 70, l'auteur avait passé quatre années de sa vie à l'usine comme établi. Ayant quitté l'usine et le militantisme (après constat de mission impossible), il fait l'expérience du désenchantement, sans jamais renoncer à comprendre son temps. Accroché à la barre de son arche de papier, il  renoue avec la politique, la plume à la main, pour des causes (Pologne, Liban, Sarajevo - Belgrade,  boat people  de Méditerranée, chrétiens d'Orient, Tombouctou, indépendance de l'Europe, les banlieues abandonnés) menacées par l'indifférence ou le mensonge.
    L'obsession de l'Europe apparait dès les premiers textes (1984). Pas celle des quotas laitiers  : l'Europe des livres et des écrivains. La littérature et la culture, oubliées par les politiques, ont   fait de notre continent une terre de civilité, engloutie par un désastre qui dure et se renouvelle. L'Europe sans âme et sans histoire qu'ils nous ont faite et que nous avons laissé faire est vouée à la dislocation ou à la servitude.
    Tous ces textes parlent bien sûr de la globalisation. Nous sommes connectés avec le monde entier alors que notre passé, criblé au laser de l'anachronisme permanent, crédité de nombreux crimes, est déféré au tribunal du présent, qui en destitue les héros et ordonne le déboulonnage de nos statues. Ce double mouvement, connexion / déconstruction, fonctionne comme une machine à fabriquer des égarés. Sur tous les continents, mais principalement en Europe, des provinces démembrées de vieux pays, archipels intérieurs de pauvreté et de souffrance, nouveaux déserts pour l'esprit et le coeur, disparaissent des tableaux d'affichage de la mondialisation, en même temps que la remise en cause du passé nous ampute d'une part fondatrice de nous-mêmes. La planète rétrécie, banalisée, dépoétisée est laminée par les rouleaux compresseurs de l'uniformité.
      Rondeau écrit avec sa raison et avec son coeur. Cette alliance de la raison et du coeur n'a pas cessé d'exister, depuis Dom Mabillon, cet historien du XVIIème siècle qui, de sa bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés, fit rayonner dans toute l'Europe une façon française de penser et d'écrire l'histoire, jusqu'à Albert Camus.

  • Alexandrie

    Daniel Rondeau

    Alexandrie, c'est d'abord un souvenir.
    Celui du phare, le pharos, qui nous parle d'une cité-monde dessinée sur le sable d'afrique par alexandre, avant qu'il n'entre en asie comme un cyclone avec son escorte de savants et de mages. le phare nous parle d'une flamme qui brillait entre le ciel et la terre, des hommes et de leurs navigations, de la guerre, de la politique, du savoir et de la littérature, de la disparition de toutes choses, c'est-à-dire du destin.

    Plus de deux mille ans après alexandre, deux romanciers de passage, durrell et forster, et un poète grec qui vivait au-dessus d'un bordel, constantin cavafy, ont rendu à cette cité à la dérive sa grandeur d'imaginaire.
    Daniel rondeau fait le portrait de cette capitale de la mémoire et du savoir, charnière du monde entre l'orient et l'occident, mais qui est aussi cette cité spirituelle oú les hommes se sont toujours posé la question de savoir s'il y avait quelque chose ou quelqu'un entre eux et le très-haut.

  • Boxing club est une leçon de vie et de littérature. Daniel Rondeau a découvert la boxe il y a plus de dix ans dans un modeste club de province, riche d'un palmarès étonnant et où règne un esprit singulier. Dix ans de rendez-vous hebdomadaires avec la discipline, l'humilité, la force, la douleur. Dix ans aussi de combats contre des ombres ; la littérature n'est jamais loin de la boxe. Avec ce récit vif argent qui enchaîne portraits et réflexions sur le noble art, Rondeau nous surprend, une fois encore. Il a partagé avec ces boxeurs d'exception, pour la plupart ouvriers dans les caves de Champagne, des défaites et des victoires, le goût de l'effort et de l'accomplissement. Ce sont ces moments privilégiés qu'il nous livre ici. « Trois minutes, le temps du premier round, suffisent souvent à un boxeur pour savoir s'il a poussé la porte d'un rêve ou celle d'un cauchemar. Mais attention : les dernières secondes ne sont pas les moins dangereuses. La foudre peut toujours tomber quand on ne l'attend plus. Un ring est une boîte à surprises. »

  • Pierre Perrignon père est né en 1900 dans les tréfonds d'une forêt champenoise. Augustin, le fils, est né par hasard, dans le chaos du nazisme effondré. Pierre est un sans aïeux que deux guerres et l'utopie des révolutions se sont chargées de forger à coups de faucille et de marteau. Augustin ignore tout d'un père qu'il croit mort. Ce petit bourgeois recherche les brasiers. Gauchisme et rock n' roll. Pierre a connu la révolte et la trahison. Petit soldat de la guerre des titans, il a été tour à tour le rouage et la victime des deux totalitarismes. Augustin a rêvé de ces temps héroïques. Déception et simulacre. Dans les coeurs du père et du fils, les amours humaines ont déposé la mélancolie de l'inachevé. Le siècle se meurt. Deux voix qui se retrouvent tissent un récit traversé d'espoirs brisés mais aussi d'une autre espérance, ténue, à peine discernable

  • En Mai 68, un petit bourgeois de 20 ans, étudiant en droit et fou de littérature, embrasse la révolte : « La joyeuse emphase et la nervosité du mouvement, sa violence, firent ma conquête. Sans peine. Mon âme était à ramasser. Les murs d'inscriptions révolutionnaires nous donnaient des leçons de vocabulaire. » Au début des années 1970, Daniel Rondeau part s'établir en usine dans l'est de la France. Il veut « disparaître pour renaître, autrement, dans la brutalité ouvrière ». Cet établissement en usine forme la matière incandescente de L'enthousiasme, littéralement un récit d'apprentissage, une éducation ouvrière sentimentale, où « l'embauche est une mise en ménage », une façon de « vivre ensemble ». C'est aussi une expérience de l'altérité. D'abord établi dans une usine de boîtes de conserve, le garçon s'épuise dans sa ronde de transpalettes avant d'être démasqué comme étudiant. Fraiseur dans « une usine vieillote, avec un toit en accordéon », le voilà en peine de chanfreiner. Embauché dans une usine de lampes, le titre de « manoeuvre de force » lui va comme un gant, mais c'est pour empiler des caisses. Et c'est comme emballeur qu'il rejoint l'usine Permali à Maxéville. Dans cette fabrique d'isolants électriques pourtant connue pour séquestrer les patrons, ses compagnons d'atelier se gaussent quand il leur dévoile, un peu gêné, qu'il est étudiant et « mao » : il ne sait même pas planter un clou ! Ses collègues en bourgeron bleu le surnomment gentiment « le Grand » et le patron, qui ne croit pas si bien dire, « Jésus »... A Permali, on ne croit pas trop à la révolution. Rondeau n'en continue pas moins à tirer des tracts et à rôder la nuit près de l'usine, une bombe de peinture à la main. Une grève de vingt jours débutée en « tragi-comédie » finira en licenciement pour l'établi, au moment où la Gauche Prolétarienne se dissout. Rondeau continue sa ronde d'ouvrier pendant un an, mais le coeur n'y est plus. Il est ailleurs, dans les livres, dont il a de nouveau faim. Expérience de l'échec ? Au plan de la révolution, sûrement. Mais l'essentiel est ailleurs. L'enthousiasme, le titre signale avant tout une éthique et une foi. Rondeau peut bien parfois douter du « troupeau » des ouvriers, « qui n'aspirait qu'à se débander et filait sans demander son reste vers le confort et les marchands », son livre est exempt de mépris, d'amertume, de condescendance, de vaine nostalgie. « Nous vénérions le peuple ». Le peuple est un secret. Rondeau s'applique à le déchiffer sur des visages, dans des tournures. Ce récit est aussi une ronde de portraits, une suite d'intimités, de folies singulières auxquelles l'auteur donne une forme d'éternité, au-delà des conditions historiques. Il y a Gus, il y a Mahmoud, il y a la « fine équipe » de Permali : Totor, le « Gabin en bleus de travail » avec sa « face de mâchefer porté au feu » ; le fin et dérangé Jean-Yves, « hanches de fille » et « cintre étriqué à la place des épaules » ; le menuisier Al Capone au « ventre d'otarie gonflé par la bière ». Rondeau couvre les hommes de mots, c'est sa manière de les réchauffer, d'approcher leur vérité. Il y a quelque chose de divinement humain dans ces pages où les hommes, mais aussi les villes, les rues, les cafés, les bois, les aubes et les couleurs du ciel sont comme remis au lecteur, dans le drapé, la sensualité de descriptions vives et célébrantes. En amour, comme en histoire, c'est toujours une question de présence. Rondeau fut là et là-bas. A s'établir, ils ne furent pas des milliers, et peu s'en souviennent comme lui. Lire L'enthousiasme, c'est comprendre pourquoi, pour certains garçons ardents et recueillis, changer le monde et la vie semblait être la moindre des choses, une voie naturelle et surnaturelle, il y a un peu plus de trente ans. « L'établissement était notre croix », mais c'était aussi « un point de vue unique sur le monde plutôt qu'un fardeau sur l'épaule ». C'est après que tout serait plus dur, plus morne, plus confus, plus vicieux... Rondeau, ce rêveur d'acier, n'a jamais oublié ni renié. S'il a perdu la révolution, il a serré sa fidélité, étoffé son savoir, creusé sa foi, musclé son âme. L'enthousiasme a paru pour la première fois en 1988. L'ouvrage offensait déjà une époque assise, oublieuse. Vingt ans plus tard, l'ouvrage brille davantage encore par sa vérité, sa beauté, son urgence à témoigner. Cet effet de contraste dialectique atteste que même si Rondeau et les autres établis habitaient une erreur, au fond, ils avaient raison.

  • Johnny

    Daniel Rondeau

    • Nil
    • 11 Janvier 2018

    Écrivain tout récemment couronné du grand prix de l'Académie française, Daniel Rondeau connaît Johnny Hallyday depuis quarante ans. Il ouvre pour nous ses carnets de souvenirs et fait le portrait de cet homme qui incarne quelques mythologies de notre temps. En le présentant sous un jour nouveau, il analyse pourquoi et comment, tous âges et tous milieux confondus, la France entière a aimé, aime ou aimera Jean-Philippe Smet, dit Johnny Hallyday.
    Cet enfant de la balle gagna son premier cachet à treize ans, devint un phénomène de la scène et du disque quand il n'avait pas dix-huit ans. Depuis, il tient. Les événements, les modes, les succès, les échecs, les saisons glissent sur lui sans pouvoir lui arracher sa renommée. Johnny raconte aussi sa « vie de destroyance » : les accidents de voiture, la tentative de suicide, l'alcool, le cancer et la ronde des nuits où il a façonné son image d'icône.
    Cette icône en noir et blanc - le jeune homme et la mort - symbolisait une génération d'enfants gâtés, nés après la guerre, et qui avaient allumé un grand feu élégiaque pour nourrir leurs rêves de conquêtes et de liberté.

  • Carthage

    Daniel Rondeau

    Carthage a été l'une des plus grandes villes du monde antique. Sur ses rivages, l'Orient et l'Occident n'ont cessé pendant des siècles de dialoguer, de se combattre, de s'aimer. Hannibal fit sa gloire, saint Augustin prêcha entre ses murs, Flaubert la transfigura. Mais avant d'être une affaire d'hommes, Carthage est d'abord l'invention d'une femme, Didon, qui négocia son implantation avec les autorités numides. Et, lors de sa destruction, c'est une autre femme, celle d'Hasdrubal, qui lui rendra son honneur. Qui se souvient de ces héroïnes ? Et de la légendaire conversion de Saint Louis à l'islam, après qu'il eut rencontré Sidi Bou Saïd ? Daniel Rondeau est allé se promener dans les ruines de cette cité disparue. Son Carthage est une méditation sur la fuite du temps et les ambitions vaincues. Un écrivain rend à la ville sa grandeur disparue.

  • Le lundi 4 janvier 1960, Albert Camus est tué dans l'accident d'une Facel Vega que conduisait son ami Michel Gallimard. L'auteur de La Peste et de L'Étranger, prix Nobel de littérature, était alors en pleine gloire. Près d'un demi-siècle après, Camus n'a rien perdu de son actualité, au contraire : parce qu'il avait choisi la révolte plutôt que la révolution, parce qu'il n'entendait être ni victime ni bourreau, parce qu'il raisonnait avec son c?ur, parce qu'il croyait à la puissance de la vérité. Daniel Rondeau a relu ses livres et s'est penché sur sa vie. Il y avait chez lui, écrit-il, une noblesse, une ardeur serrée, une façon de voir l'éternité dans chaque instant, un mouvement naturel entre la prose et la parole qui l'ont fait grandir dans son c?ur et durer dans celui des hommes. " La vérité est toujours à construire, comme l'intelligence, comme l'amour " semble rappeler Camus à notre temps d'incertitudes et de questions. Une réflexion sur l'engagement, la liberté, la vérité; un plaidoyer pour l'homme dont l'enseignement demeure essentiel. Cet ouvrage a reçu le prix du Livre Algérianiste "Jean Pomier" en 2006.

  • Jean Lhomme, garçon intrépide, regrettait que son époque le prive des aventures dont il rêvait. Un vieux colonel désenchanté, amateur de cigares et des Pères de l'Eglise, et une jeune Italienne aux yeux verts, Clawdia, conspiratrice par hasard et par goût du mensonge, s'étaient disputé la construction de son destin. Louis Bonaventure, homme tranquille, père de deux enfants, vit loin du monde, et n'a qu'une passion : les pigeons. Chaque dimanche, il scrute le ciel, avec une innocence suspecte, pour guetter ses "champions", et les voir s'abattre sur les génoises du Moulin des Petites Loges. Jean et Louis ne forment qu'une seule et même personne. {Les Tambours du monde} raconte leur histoire, celle de Jean Lhomme, alias Louis Bonaventure, qui s'est longtemps heurté aux fauteurs de trahison avant de s'abandonner aux joies les plus simples, les plus mélancoliques aussi.


  • le lundi 4 janvier 1960, albert camus est tué dans l'accident d'une facel vega que conduisait son ami michel gallimard.
    l'auteur de la peste et de l'etranger, prix nobel de littérature, était alors en
    pleine gloire. près d'un demi-siècle après, camus n'a rien perdu de son actualité, au contraire : parce qu'il avait choisi la révolte plutôt que la révolution, parce qu'il n'entendait être ni victime ni bourreau, parce qu'il raisonnait avec son coeur, parce qu'il croyait à la puissance de la vérité. daniel rondeau a relu ses livres et s'est penché sur sa vie.
    il y avait chez lui, écrit-il, une noblesse, une ardeur serrée, une façon de voir l'éternité dans chaque instant, un mouvement naturel entre la prose et la parole qui l'ont fait grandir dans son coeur et durer dans celui des hommes. " la vérité est toujours à construire, comme l'intelligence, comme l'amour " semble rappeler camus à notre temps d'incertitudes et de questions.

  • « Devenu un enfant coureur de prés et de bois, c'est à Congy, dans le village de mes grands-parents maternels, que je découvre les chiffres secrets de nos destinées. J'interroge les silences et les rares confidences des hommes de ma famille. Mon grand-père, vigneron, ancien combattant de 1914, injustement arrêté comme collaborateur en 1944. Mon père, instituteur idéaliste, a peine débourbé de sa forêt, prisonnier dans un stalag pendant plus de trois ans, résistant. Ils me cèdent presque malgré eux quelques bribes sorties de la nuit des humbles. Les guerres ont laissé trop de cicatrices sur leurs coeurs fermés ou trop transparents. Le silence et la résignation sont leur pain quotidien. Ce sont des gens sans aïeux et sans papiers de famille. Je comprends leur laconisme, et je ne peux m'empêcher de penser que leur pauvreté appartient de plein droit à la poésie du monde. Mais il n'y a pas que le monde d'hier qui fasse tourner mon âme de derviche champenois. J'ai comme un sismographe branché sur les tempes et qui me transmet les prouesses d'une époque où le pas du temps s'accélère comme jamais. Ainsi furent mon enfance et ma jeunesse, souvent solitaires, dilatées dans un temps qui n'était pas seulement celui de l'instant présent. J'avais la terre pour miel et j'étais impatient de prendre ma place dans une longue patience. La révolution et l'amour remplissent l'été de mes vingt ans. Le grand imprévu de 1968 décide de beaucoup de choses. Je quitte Paris (déjà) pour plus de dix années, dont quelques une passées comme ouvrier dans des usines des bords de la Moselle. Chaque homme avance dans sa propre vie avec à ses côtés cette servante évoquée dans une chronique ancienne, et dont le visage est tourné vers l'arrière : « mémoire tu l'appelleras ». J'ai l'impression d'avoir toujours connu cette femme à mes côtés. Comme j'ai toujours su qu'un jour, j'écrirai ce livre pour dire ma découverte du monde et le besoin que j'ai très tôt ressenti de le raconter ». D.R.

  • Daniel Rondeau a parcouru notre terre, de Berlin à Bahia en passant par Rome, Londres, Le Caire. Partout, il a rencontré des représentants d'une espèce étrange, pour qui la littérature est plus intense et plus belle que la vie même : des écrivains. Il les a interrogés sur leur travail, leurs amitiés, leurs admirations. Explorateur de la planète Livre, il a aussi mis ses pas dans les pas de quelques grands disparus.
    Pour notre plus grand plaisir, cet homme curieux des hommes, gourmand de littérature, nous entraîne dans son périple à la découverte des plus grands romanciers du xxe siècle.
    Dans Les Fêtes partagées, vous découvrirez, après une histoire de la lecture, la vie romanesque d'un éditeur allemand, Rowohlt, qui appartenait au cercle très fermé des hommes magiques. Il s'avance en éclaireur, à l'orée de ce livre, empanaché par la fumée de son cigare, précédant une petite troupe d'écrivains du xxe siècle, une quarantaine parmi les plus illustres (I. Kadaré, M. Vargas Llosa, D. Lodge, J. Amado.), les plus secrets (J. Gracq, J. D. Salinger, J. M. G. Le Clézio.), les plus chatoyants (V. Nabokov, E. Waugh, P. Morand.) ou les plus engagés dans les combats de leur époque (C. Péguy, A. Malraux.).
    La littérature est une fête que Daniel Rondeau sait faire partager, et personne n'était mieux placé que cet écrivain, romancier et journaliste, qui renouvela brillamment le genre de l'enquête littéraire en France, pour en mener le bal.

  • Johnny (édition 2009)

    Daniel Rondeau

    • Nil
    • 14 Mai 2009

    Alors que Johnny annonce sa dernière tournée en 2009, NiL fait paraître dans une édition revue et augmentée, le portrait intime et sensible du chanteur par Daniel Rondeau. On y découvre un Johnny Hallyday inconnu, drôle et touchant.

  • En librairie le 23 février 2010 Dans son recueil, Daniel Rondeau nous amène à la rencontre de personnages esseulés, qui, pour la plupart, ont abandonné la partie et se laissent porter par un courant de fond qui suffira parfois à les rendre sincèrement heureux. Derrière leur constat d'échec, sous cette épaisse couverture où ils s'isolent, se dessinent parfois des êtres dont la volonté de vivre dépasse des blessures aussi cruelles que banales.
    Au travers de ces rencontres, se révèlent également les amours à la fois tranquilles et tumultueuses d'un narrateur que la dive bouteille finit par consoler, jusqu'à ce que le soleil se lève à nouveau.
    Malgré le tragique des thèmes abordés, l'univers de l'auteur n'est jamais lourd. Son écriture est portée par une belle et grande sensibilité toute masculine. J'écris parce que je chante mal est un recueil de nouvelles saisissant, à la fois touchant et drôle.

    Daniel Rondeau aime manier les mots de la langue française comme d'autres aiment savourer le chocolat. Détenteur d'une maîtrise en linguistique appliquée, il tente de propager sa passion à ses étudiants durant ses cours de français et de linguistique. Certains d'entre eux ne lui en tiennent pas rigueur. L'auteur a publié des textes ici et là. Il a remporté le prix Paulette-Chevrier 2006 pour sa nouvelle intitulée Graine de sésame. J'écris parce que je chante mal est son premier recueil de nouvelles.

  • Ce livre n'est pas un pamphlet, pas davantage un texte de commentaire politique mais un livre de raison et de sentiment. Il raconte une affaire intime, presque familiale. Les Français et François Mitterrand ont vécu sous un même toit pendant 14 ans ; toute une époque. Le président de la République, de 7 ans en 7 ans, a imprimé sa marque sur nos habitudes, sur nos moeurs, sur nos ambitions, sur nos pensées. D'une certaine façon, c'est lui qui a appris à nos enfants ce qu'étaient l'histoire et la politique. François Mitterrand le sait et ne s'est pas privé de le dire après le défilé du dernier 14 Juillet : "Ils n'auront jamais connu que moi." "J'y avais pensé depuis longtemps, écrit Daniel Rondeau, qu'ils n'auraient jamais connu que lui, et je le regrettais".

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