• Procréation médicalement assistée ouverte à toutes les femmes, gestation pour autrui légalisée dans de nombreux pays, recherches actives sur l'ectogenèse (utérus artificiel, membrane cybernétique, etc.) sont autant de preuves d'une volonté d'enfanter en désexualisant la vie sexuelle et en déréalisant le corps. Pour en arriver à fabriquer des bébés comme des artefacts, il faut théoriser l'indistinction de la sexuation humaine. Or, la prolifération des transidentités?- transsexuels, transgenres, transhumains?- témoigne d'une véritable crise des appartenances sexuelles. Ni homme ni femme, et homme et femme, non-binaire, queer ou cyborg, les «?transidentitaires?» qui grossissent les rangs des groupes LGBTIQ entendent mettre fin à la domination du «?mâle blanc hétérosexuel?» par la «?négation mythifiante des deux sexes?» (Devereux). Les conséquences biopolitiques d'une déconstruction techno-médicale ou performative de l'altérité des sexes sont multiples. Elles posent le grave problème de la naissance et de l'avenir de la personne humaine.

  • Dans les sociétés technocapitalistes contemporaines, le corps humain subit de nombreuses mutilations. Il endure les effets destructeurs de l'exploitation marchande, de la mise en spectacle et de la numérisation du vivant. En retour, le corps n'a jamais été autant idolâtré qu'aujourd'hui. Les soins, les performances, les modifications, les prétendues augmentations, les imaginaires utopiques du corps sont au coeur de toutes les préoccupations. Il n'est même plus exagéré de parler d'obsession du corps. La philosophie, l'histoire, la sociologie, la psychanalyse, tout particulièrement au sein des STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), multiplient les spéculations à ce sujet. La valorisation du capital corporel génère en effet des profits réels et symboliques non négligeables. Qui sont les nouveaux chantres du corps?? De quels corps sont-ils les adeptes?? Quels sont leurs thèmes de recherche?? Et quelles conceptions du corps développent-ils??
    Ce livre élucide les diverses formes dominantes d'idéologisation du corps en sciences humaines.

  • Dans les coulisses du spectacle mondialisé du football, véritable poule aux oeufs d'or des capitalistes, s'enrichir est le premier mobile des multiples structures du business international associées à la FIFA.
    La dernière coupe du monde, diffusée à haute dose grâce aux innovations technologiques de pointe afin de faire participer et sombrer complètement le plus grand nombre d'« enfants du football » déjà « enfants de la télé », a pris des allures de ruée sauvage vers l'or.
    La compétition sportive la plus suivie au monde fut la face trop visible et l'écran dramaturgique d'un affairisme capitaliste impitoyable, sans états d'âme, froidement calculé, dont l'objectif principal est de « faire de l'or avec le sport ». Le héros souterrain de cette entreprise est Midas, le cupide. D'ailleurs, à bien y regarder, les chaussures dorées du mythifié Zidane ne disent rien d'autre aux masses fascinées par ses panenkas autant que par ses tacles trop appuyés, tous crampons dehors, qu'enrichissez-vous ! Voilà ce qui rend des idoles de masse de sa trempe aussi captivantes : quand leurs corps se performent sur terrain vert, chaque geste fait valeur marchande et rapporte son pesant d'or. Il y a de quoi rester baba devant sa bibine !




  • Second volet d'une critique de la volonté sportive du PCF, ce livre examine deux "économies communistes du plaisir sportif". L'une anti-sexuelle, dont la fonction principale est de dénier toute réalité au besoin sexuel en lui substituant le plaisir sportif, propédeutique du plaisir au travail. L'autre narrative, orientée vers le développement d'une mythologie sportive, qui vise à rendre acceptable les actes intolérables et les paroles totalitaires du sport.

  • Fabien Ollier propose un texte d'une rare intensité, mêlant réflexion philosophique, autobiographie et fiction littéraire. La maladie, puis la perte d'un enfant, amène l'auteur, à travers trois angles d'écriture, à porter son regard sur la confrontation de l'individu et de la société à la mort.
    La petite Lomé, 7 ans, est l'incarnation de la vie bouillonnante. En moins d'un an une tumeur la terrasse. Pour tenter de comprendre, faire face, survivre, son père puise dans les écrits de T. Adorno, V. Jankélévitch, M. Henry, E. Levinas, L.-V. Thomas.
    Dans le récit quotidien de la vie avec la maladie, se côtoient le courage de l'enfant, les luttes administratives, la surdité du monde hospitalier.
    Dans la fiction, la vie et la mort se confondent : le narrateur est si désincarné que «je» devient «il». Il est en quête de sa propre conscience, de cette chose essentielle que la vie pervertie par la maladie, la marchandisation et la technique lui a enlevée.

  • Depuis la débâcle électorale de 2002, le PCF débat de la possibilité de devenir une force d'extrême gauche radicalement anticapitaliste. Une des logiques de fonctionnement du PCF reste sa "volonté sportive". Dans quelle mesure cette sportivité du PCF qui s'exprime au travers ses implications au sein du milieu sportif, est-elle déterminante dans "l'identité révolutionnaire" qu'il revendiqueoe La généralisation du sport dans les pratiques physiques des prolétaires, des ouvriers a-t-elle fonctionné comme un catalyseur de leur libération ou comme un accélérateur de leur (dés-)intégration?

  • Qu'est-ce que le multiculturalisme exactement ? Le droit à la différence culturelle, la reconnaissance des cultures minoritaires, la protection de l'authenticité culturelle, la revendication des identités culturelles, le pluralisme culturel, la tribalisation, le communautarisme,. Le multiculturalisme en France n'est pas tant en fait un programme politique mais cette nébuleuse idéologique qui dépasse les clivages traditionnels. Tous les partis de l'extrême gauche à l'extrême droite s'y sont essayés. Une réflexion décapante.

  • Patrick Tort, qui sera cet automne le lauréat du prix de la fondation France Liberté pour la parution en 2019 de son livre "L'Intelligence des limites" (Gruppen, 2019), analyse dans ces trois entretiens les enjeux majeurs d'une crise de civilisation qui chaque jour frappe plus violemment notre humanité. Idéologie, technologie, écologie, capitalisme et transhumanisme sont autant de sujets qu'il s'attache ici à éclairer méthodiquement pour établir ce que pourrait être une nouvelle éthique du civilisé :
    "Le capitalisme ne guérira pas la misère du monde car il a besoin de la misère du monde. De cette évidence, les révoltes d'aujourd'hui doivent être ré-instruites. Arrêtons d'espérer. Commençons à vouloir."

  • Animal politique et corps de chair, la personne humaine va-t-elle être remplacée par le transhumain génétiquement modifié, le cyborg au métacorps augmenté, l'humanoïde branché sur des réseaux d'intelligence artificielle, le mutant hybride à très longue durée?? Sommes-nous à l'aube d'une rupture anthropologique majeure provoquée par l'application mercantile des biotechnologies et des neurosciences sur l'ensemble du vivant?? Avec l'expansion mondiale des marchés dérégulés de la naissance artificielle (FIV, PMA, GPA), des modifications corporelles profondes (transgenrisme, chirurgies de biodesign), des «?objets intelligents?» bioconnectés (implants de puces radio-identification) ou des médecines de dépassement de l'humain (dopage, sélection génétique, clonage), la transmutation posthumaine, largement financée par les géants de l'industrie cybernétique, sort des romans de science-fiction pour investir les corporéités singulières mais aussi les corps sociaux et politiques.
    Quatorze auteurs issus de différents champs disciplinaires mènent dans cet ouvrage des réflexions critiques sur l'anthropotechnie qui bouleverse le monde de la vie.

  • Ce saisissant roman d'anticipation nous plonge dans un univers où la vie humaine, frappée en plein coeur par l'expansion technique et marchande, renonce volontairement à soi-même.
    Au point que le " je", dans la bouche de l'homme, se conjugue désormais à la troisième personne, donnant la mesure de la mutilation intérieure. Au point que son existence virtuelle a pris le pas sur sa vie réelle !

  • Le choix de la chine pour l'organisation des jeux olympiques 2008 a provoqué un tumulte international.
    A juste titre ! l'attribution de ces jeux n'a pas le moins du monde incité le régime chinois à modifier son mépris pour les droits de l'homme. même si le comité international olympique et les sponsors voudraient faire croire le contraire afin de ne pas gâcher ce qui est devenu une gigantesque foire commerciale à destination du " marché chinois "... plus que jamais, c'est l'argent qui domine l'esprit et les valeurs olympiques.
    La dictature de pékin a démontré sa volonté de suivre l'exemple des états totalitaires à qui le cio a naguère confié l'organisation des jeux : les jeux de la croix gammée à berlin et les jeux du goulag à moscou... une situation insupportable qui devrait inciter tout pays démocratique à boycotter ces jeux de la honte !

empty