• Semaine de 40 heures, retraite à 60 ans, drop-out scolaire, travail ménager contesté... : du temps libéré, pourquoi faire ? Le loisir est une de nos grandes obsessions et pourtant il reste mal connu : ses dimensions réelles sont cachées par la représentation dominante, stéréotypée, mythique de ses rapports avec le travail et les autres engagements sociaux. L'ignorance de ces relations dans la dynamique des mutations culturelles et sociales de notre temps, rend la réflexion théorique illusoire et la politique culturelle aveugle. Le loisir ne se réduit pas au temps libéré par le progrès économique et la revendication sociale. Il est aussi création historique, née du changement des contrôles institutionnels et des exigences individuelles. Tout en étant conditionné par la consommation de masse et la structure de classe, il est de plus en plus le centre d'élaboration de valeurs nouvelles, surtout dans les jeunes générations : mises en question des règles du travail professionnel et scolaire, de la vie familiale, socio-spirituelle et socio-politique. Il a donné naissance à un mouvement social qui va ébranler et modifier non seulement les structures de la société mais, plus radicalement, les orientations de la vie elle-même.




  • Travailler plus pour gagner plus, liberté d'entreprendre, réduction du temps de travail comme réponse au chômage, instauration d'un revenu universel sont autant de visions qui interrogent la place du loisir dans nos vies et le droit au délassement, au divertissement, au libre développement.
    Texte visionnaire publié en 1962, Vers une civilisation du loisir ? est d'une actualité bouillonnante. Il apporte des éléments de réflexion, comme par anticipation, à un grand nombre de questions qui nous animent aujourd'hui : la relation du temps libre et du temps travaillé, la place du loisir dans l'épanouissement personnel des femmes et des hommes (bricoler, cuisiner, jardiner, lire, aller au théâtre ou partir en vacances), les conditions et les limites d'accès à la culture...
    Son auteur, Joffre Dumazedier, a été un militant de l'éducation populaire, un penseur singulier, un homme d'action et de réflexion qui n'aura eu de cesse d'oeuvrer pour un droit au loisir toujours plus grand, car il croyait aux vertus du temps libre et à ce qu'il permet : se rencontrer, échanger, collaborer. Finalement : se cultiver et devenir meilleurs.
    Près de 60 ans après sa publication, le texte est réédité pour la première fois et accompagné d'un avant-propos d'Edgar Morin qui nous éclaire sur les enjeux de ce texte majeur.


  • La correspondance a cet étrange pouvoir de cogénérer des existences. Elle actualise et met en culture interpersonnelle des communautés de vie. Marie-Odile Gisors accepte de publier ses échanges de lettres avec le sociologue internationalement connu Joffre Dumazedier. A travers et au-delà de lui et de leur interaction, elle pointe avec génie et générosité un chemin de culture universelle pour convertir diversités et adversités en unité.

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