• Comment faire entendre sa voix en ce XVIIIe siècle qui grouille de paroles alors que grandit le silence divin ? Quel langage trouver pour avoir le sentiment d'être soi ? Comment exister à ce moment où la politique devient un théâtre de l'idéal mais aussi de la cruauté ?
    Comment, en somme, faire en sorte que « si la femme a le droit de montrer sur l'échafaud », elle puisse aussi avoir le droit de « monter à la tribune » ? Voici quelques-unes des questions auxquelles tentent de répondre cette biographie de Marie Gouze, dite Olympe de Gouges (1748-1793), auteur d'une oeuvre essentielle comprenant pièces de théâtre et écrits politiques dont la célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

  • « La vie peut être libre et belle, mais nous nous sommes égarés. La cupidité a empoisonné l'âme humaine, elle a dressé dans le monde des barrières de haine, elle nous a fait marcher au pas de l'oie vers la misère et le massacre. » Pour beaucoup, Charles Spencer Chaplin (1889-1977) se confond avec le personnage de Charlot, surnommé aux États-Unis « The Tramp », le vagabond du Kid ou des Lumières de la ville. Pourtant, le petit homme à la canne et au chapeau melon est loin d'occuper toute la filmographie de Chaplin qui est aussi un grand réalisateur. Il n'est que de citer L'Opinion publique, Monsieur Verdoux ou La Comtesse de Hong-Kon,g. Charlot efface Chaplin du fait même de son succès précoce auprès du public, au cours des premières années du cinématographe. Mais le talent n'explique pas tout, il faut qu'un personnage rencontre son époque, en dise les vérités et les mensonges. Charlot-Chaplin fut cet homme, dont Cocteau affirmait qu'il était l'« arpenteur du Château de Kafka ».

  • «L'homme de l'Ouest [...] savait voir et entendre autour de lui ; il était à l'affût d'innombrables indices qui signifiaient pour lui la sécurité ou le danger, c'est-à-dire la vie ou la mort. Et ces longues chevauchées solitaires, qui, sans doute, auraient paru désespérément monotones à un homme de la ville, restent pour moi les moments les plus exaltants de ma vie».

    William Frederick Cody, dit Buffalo Bill (1846-1917), est la figure emblématique d'un monde, le Far West, dont il a célébré la nostalgie. Illustrant l'ambiguïté d'une société qui détruit ce qu'elle exhibe, il arpente la frontière entre plaines de l'Ouest et monde industrialisé mais aussi réalité et imaginaire. Éclaireur, chasseur de bisons engagé par la compagnie de chemin de fer du Kansas Pacific, Buffalo Bill est également le directeur d'une troupe théâtrale populaire qui compose la légende de l'Ouest. Figure contradictoire, passeur de frontière, centaure moderne immortalisé par la peintre Rosa Bonheur, il métamorphose l'univers de la Prairie en spectacle de cirque. Aventurier contradictoire qui traduit nos déchirures et nos revirements, il est l'une des figures mythiques, célébrée puis contestée, de l'histoire américaine.

  • Selon le propre aveu d'Auguste Lumière (1862-1954), c'est Louis (1864-1948), son frère qui, au cours d'une nuit de mauvais sommeil et avec une surprenante facilité, est l'inventeur du cinématographe.
    Mais tous deux nous font entrer de plain-pied dans la magie d'un monde industriel qui réinvente les choses. Fidèles à un pacte de jeunesse, emportés par « l'amusement continuel » d'une boulimie créatrice, ils cosigneront toujours leurs brevets d'invention, quel qu'en soit le véritable auteur. Auguste se tournera vers la médecine, Louis mettra au point, parmi bien d'autres, des inventions aussi déterminantes que la photographie instantanée ou en couleurs.
    Cependant, le nom des deux frères reste pour toujours attaché à l'invention du cinématographe, qui, par un tour de passe-passe, fait surgir de l'écran des images animées donnant l'illusion de la vie.

  • Essai spirituel sur l?intérêt de cultiver notre âme comme on cultive la terre

  • «Mon plus grand plaisir est de penser que je suis arrivé où j'en suis, sans bassesse, par mon travail uniquement et en sacrifiant toujours à la camaraderie beaucoup de petits intérêts personnels.» Dès son apparition, l'aviation possède ses saints et ses héros dont les aventures constituent une nouvelle légende dorée. Jean Mermoz (1901-1936), pilote pour l'Aéropostale, est le premier de tous. Tenté par l'art, auteur de poèmes, grand séducteur et fidèle en amitié, Mermoz revit à sa façon le mythe d'Icare qui, à trop vouloir se rapprocher du soleil, s'est noyé dans la mer. Sa vie a la fulgurance et la force d'un destin. La mort de Mermoz, aux commandes de son Latécoère, la Croix-du-Sud, s'est pour beaucoup de ses contemporains métamorphosée en ascension mystique. Car voler c'est devenir archange et annoncer l'avènement d'un être enfin délivré, par la machine, des pesanteurs de la vie. «Tu sais, je voudrais ne jamais descendre», confia-t-il un jour à Joseph Kessel.

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  • Dès le Moyen Age, le Tibet a cristallisé en Occident le rêve d'un espace magique et mystérieux né des récits des premiers voyageurs en Asie. Il apparaîtra bientôt dépositaire d'un idéal de sagesse, et comme le sanctuaire d'une religion fascinante et préservée : le bouddhisme. Durant des siècles, les Occidentaux se sont acharnés à atteindre un pays le plus souvent inaccessible qui semblait se dérober à ceux qui parvenaient à y pénétrer. Le Tibet, en effet, métamorphosait le voyageur. Parti à la découverte d'un territoire qu'il pressentait comme l'exotisme même, il découvrait un autre ordre du monde où le voyage n'avait de sens que s'il était intérieur, où le rêve était relancé par la quête du tout autre, celle d'un Tibet symbolique, véritable alternative au matérialisme occidental. C'est ce Tibet qui demeure, alors que la Chine s'efforce de faire disparaître insidieusement une civilisation unique au monde. Un Tibet reconstitué par Michel Faucheux qui, reprenant les récits des voyageurs, de Marco Polo à Alexandra David-Néel, montre bien que ce ne sont ni les paysages ni les architectures qui se sont imposés à eux, mais bien le sentiment d'atteindre l'autre versant du monde.

  • Histoire du bonheur

    Michel Faucheux

    • Oxus
    • 1 Février 2007

    Qui ne cherche le bonheur et n'en possède une définition ? Aujourd'hui, dans les sociétés occidentales, le bonheur est d'abord une affaire personnelle. L'idée du bonheur, cependant, n'a pas toujours été la même. Elle a varié selon les siècles. Ainsi, la civilisation occidentale a été longtemps hantée par la nostalgie du paradis qu'elle a situé comme un jardin des délices quelque part aux confins de la terre. Les Grecs ont imaginé le bonheur comme le résultat d'une sagesse, alors que le Moyen Age l'a identifié au Salut en le situant dans un "au-delà de la vie". Alors même que l'homme pénètre dans un nouveau monde, le bonheur va insensiblement changer de sens. Il cesse d'être un sentiment métaphysique. Il s'éprouve, il se goûte, il devient une recherche de soi et une quête de plaisir. L'idée d'un bonheur collectif apparaît avec les Lumières et se poursuit sous la Révolution. Elle sera reprise par le marxisme. Depuis l'effondrement du communisme, une nouvelle vision du bonheur se fait jour. Sa seule référence est la satisfaction de l'individu, la recherche d'un plaisir matériel. Désormais le bonheur est à vendre. Une conclusion que Michel Faucheux ne se résigne pas à faire sienne. Il a la conviction que notre époque nous invite à une nouvelle conversion, à une autre aptitude au bonheur.

  • les quêtes chimériques sont des aventures fabuleuses où l'histoire se confond avec la légende. elles ont suscité de véritables épopées où l'homme, sans le savoir vraiment, est parti à la recherche de lui-même.
    lorsqu'elles parviennent à la dimension du mythe, les chimères deviennent des histoires éternelles. ainsi la quête du graal commencée vers 1200 s'est -elle poursuivie avec les romantiques et jusqu'à nos jours, où elle a pris récemment la forme d'un thriller ésotérique.
    les récits des quêtes chimériques s'enchaînent pour composer une histoire passionnante qui réunit les thèmes les plus divers : quête du paradis perdu, de l'eldorado, de l'immortalité. quête de dieu, de l'amour absolu, du graal, de la pierre philosophale, des forces invisibles.
    parfois, les chimères consacrent les espérances. avec le clonage, le mythe du golem - la création de l'homme par l'homme - est prêt à se réaliser. quant au vol d'icare, il n'a été que les prémisses d'une folle et bien réelle prouesse : la conquête de l'espace.

  • En créant la cybernétique, Norbert Wiener (1894-1964) ne met pas simplement à jour une nouvelle dimension du réel, l'information, commune aux machines et aux êtres vivants : il place sa découverte sous le signe du Golem, personnage légendaire de la tradition juive, et établit ainsi un fantastique technologique où se livre l'essence déstabilisante de notre réalité. Cette analogie traduit-elle la relation d'altérité qui lie l'homme et la machine ? N'exprime-t-elle pas aussi le sentiment d'étrangeté éprouvé par l'homme pris dans l'artifice ? Le recours au mythe du Golem ne suggère-t-il pas enfin les tours de passe-passe, la subversion du réel à laquelle procède la cybernétique ?

  • À la fin du roman de Mary Shelley, le monstre disparaît, emporté par un radeau de glace. Il avait promis, ayant causé la mort de son créateur et de ses proches, de s'immoler sur un bûcher funéraire. Mais la fin ouverte du roman lui permet de s'émanciper de son créateur Frankenstein tout comme de la romancière Mary Shelley.
    Depuis, libéré de toute emprise, le monstre n'a cessé d'errer de roman en pièce de théâtre, de pièce de théâtre en adaptation cinématographique, d'adaptation cinématographique en bande dessinée ou en jeu vidéo.
    La créature de Frankenstein existe. Née des pouvoirs de la science, elle hante notre culture et pulvérise la séparation entre le réel et l'imaginaire. Jusque dans les avancées scientifiques les plus récentes, nous ne cessons de la rencontrer. Elle résume la tentation des temps actuels : dépasser les limites que nous assigne notre condition d'êtres humains.
    Une biographie qui raconte la prodigieuse métamorphose du monstre en son créateur, son évasion du domaine de la fiction et son errance dévastatrice dans notre quotidien.

  • Si la science a été entravée au fil de l'Histoire par le pouvoir politique ou religieux, elle a aussi pu se ranger d'elle-même du côté du pouvoir jusqu'à trahir ses propres idéaux, se dévoyer.
    La science moderne n'a-t-elle pas changé ellemême de « voie », à partir de la révolution industrielle ? Devenue technoscience, elle s'est mise au service d'entreprises de destruction industrielle. En outre, ne vise-t-elle pas désormais à une réinvention artificielle du monde ? La technoscience, ingénierie sans limite de la réalité, s'édifie aujourd'hui sur une résignation implicite qui veut réinventer l'être humain.
    Ce livre, s'il se veut une mise en garde contre les dévoiements de la science, est aussi un acte de confiance en celle-ci. La science, parce qu'elle est « co-naissance », est le savoir qui nous permet de naître et de re-naître sans fin. Elle élève l'être humain plutôt qu'elle ne le nie. À travers deux grands thèmes : la science et le pouvoir, et la science et la puissance, l'auteur souhaite redonner à la science, un idéal humaniste.

  • La terre est une legende

    Michel Faucheux

    • Oxus
    • 27 Septembre 2007

    Newton croyait fermement que dieu avait livré ses secrets à quelques élus et que ce savoir primordial, perdu puis en partie retrouvé.
    Avait été incorporé aux fables et aux mythes. trois siècles plus tard se pose toujours la question de savoir quelle part de vérité contiennent les récits venus de l'imaginaire des hommes. la parenté qui parfois se tisse entre certains mythes et les découvertes scientifiques est-elle seulement de pure coïncidence ? faut-il penser que les mythes constituent, au-delà de leur vérité symbolique. un mode de connaissance de la réalité ? la science et le mythe sont-ils deux modes d'accès au mystère du monde ? et l'imagination ne stimule-t-elle pas la raison plutôt qu'elle ne la contredit ?.

  • Fêtes de table

    Michel Faucheux

    • Oxus
    • 27 Septembre 2007

    Se nourrir n'est pas un acte physiologique pur et simple. Manger est une fête. Ceux qui ne sont pas d'accord avec cette définition ne doivent pas aller plus loin. Cc livre ne les concerne pas. Une fête, donc, qui brise le temps et l'espace profanes pour nous faire accéder à une autre dimension : qui, avant de devenir culturelle, a été, de Sumer au christianisme, associé au sacré. Recettes oubliées, recettes anciennes mises au goût du jour, grands moments d'histoire et de cuisine : Michel Faucheux, universitaire et gastronome, nous invite à remonter le temps. Pour, de siècle en siècle, nous initier aux rites et aux saveurs de jadis. Que la fête commence !

  • Cet ouvrage vise à parcourir l'espace des recherches en sciences humaines et sociales dans les écoles d'ingénieurs. En effet, si les voies d'entrée dans ce type de recherches sont variables ou multiples, pour autant, elles dessinent des champs de réflexion, les contours d'une épistémologie voire d'une rationalité semblables. Elles mettent également en oeuvre les éléments d'une méthodologie récurrente. Ce qui est en jeu dans la réflexion développée dans cet ouvrage, c'est bien, en effet, de déblayer le champ d'un espace de savoir encore largement inexploré qui constitue un enjeu nouveau de connaissance, celui des recherches en sciences humaines et sociales dans les écoles d'ingénieurs.

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