Sciences humaines & sociales

  • «L'homme de l'Ouest [...] savait voir et entendre autour de lui ; il était à l'affût d'innombrables indices qui signifiaient pour lui la sécurité ou le danger, c'est-à-dire la vie ou la mort. Et ces longues chevauchées solitaires, qui, sans doute, auraient paru désespérément monotones à un homme de la ville, restent pour moi les moments les plus exaltants de ma vie».

    William Frederick Cody, dit Buffalo Bill (1846-1917), est la figure emblématique d'un monde, le Far West, dont il a célébré la nostalgie. Illustrant l'ambiguïté d'une société qui détruit ce qu'elle exhibe, il arpente la frontière entre plaines de l'Ouest et monde industrialisé mais aussi réalité et imaginaire. Éclaireur, chasseur de bisons engagé par la compagnie de chemin de fer du Kansas Pacific, Buffalo Bill est également le directeur d'une troupe théâtrale populaire qui compose la légende de l'Ouest. Figure contradictoire, passeur de frontière, centaure moderne immortalisé par la peintre Rosa Bonheur, il métamorphose l'univers de la Prairie en spectacle de cirque. Aventurier contradictoire qui traduit nos déchirures et nos revirements, il est l'une des figures mythiques, célébrée puis contestée, de l'histoire américaine.

  • Essai spirituel sur l?intérêt de cultiver notre âme comme on cultive la terre

  • «Mon plus grand plaisir est de penser que je suis arrivé où j'en suis, sans bassesse, par mon travail uniquement et en sacrifiant toujours à la camaraderie beaucoup de petits intérêts personnels.» Dès son apparition, l'aviation possède ses saints et ses héros dont les aventures constituent une nouvelle légende dorée. Jean Mermoz (1901-1936), pilote pour l'Aéropostale, est le premier de tous. Tenté par l'art, auteur de poèmes, grand séducteur et fidèle en amitié, Mermoz revit à sa façon le mythe d'Icare qui, à trop vouloir se rapprocher du soleil, s'est noyé dans la mer. Sa vie a la fulgurance et la force d'un destin. La mort de Mermoz, aux commandes de son Latécoère, la Croix-du-Sud, s'est pour beaucoup de ses contemporains métamorphosée en ascension mystique. Car voler c'est devenir archange et annoncer l'avènement d'un être enfin délivré, par la machine, des pesanteurs de la vie. «Tu sais, je voudrais ne jamais descendre», confia-t-il un jour à Joseph Kessel.

  • Histoire du bonheur

    Michel Faucheux

    • Oxus
    • 1 Février 2007

    Qui ne cherche le bonheur et n'en possède une définition ? Aujourd'hui, dans les sociétés occidentales, le bonheur est d'abord une affaire personnelle. L'idée du bonheur, cependant, n'a pas toujours été la même. Elle a varié selon les siècles. Ainsi, la civilisation occidentale a été longtemps hantée par la nostalgie du paradis qu'elle a situé comme un jardin des délices quelque part aux confins de la terre. Les Grecs ont imaginé le bonheur comme le résultat d'une sagesse, alors que le Moyen Age l'a identifié au Salut en le situant dans un "au-delà de la vie". Alors même que l'homme pénètre dans un nouveau monde, le bonheur va insensiblement changer de sens. Il cesse d'être un sentiment métaphysique. Il s'éprouve, il se goûte, il devient une recherche de soi et une quête de plaisir. L'idée d'un bonheur collectif apparaît avec les Lumières et se poursuit sous la Révolution. Elle sera reprise par le marxisme. Depuis l'effondrement du communisme, une nouvelle vision du bonheur se fait jour. Sa seule référence est la satisfaction de l'individu, la recherche d'un plaisir matériel. Désormais le bonheur est à vendre. Une conclusion que Michel Faucheux ne se résigne pas à faire sienne. Il a la conviction que notre époque nous invite à une nouvelle conversion, à une autre aptitude au bonheur.

  • En créant la cybernétique, Norbert Wiener (1894-1964) ne met pas simplement à jour une nouvelle dimension du réel, l'information, commune aux machines et aux êtres vivants : il place sa découverte sous le signe du Golem, personnage légendaire de la tradition juive, et établit ainsi un fantastique technologique où se livre l'essence déstabilisante de notre réalité. Cette analogie traduit-elle la relation d'altérité qui lie l'homme et la machine ? N'exprime-t-elle pas aussi le sentiment d'étrangeté éprouvé par l'homme pris dans l'artifice ? Le recours au mythe du Golem ne suggère-t-il pas enfin les tours de passe-passe, la subversion du réel à laquelle procède la cybernétique ?

  • Si la science a été entravée au fil de l'Histoire par le pouvoir politique ou religieux, elle a aussi pu se ranger d'elle-même du côté du pouvoir jusqu'à trahir ses propres idéaux, se dévoyer.
    La science moderne n'a-t-elle pas changé ellemême de « voie », à partir de la révolution industrielle ? Devenue technoscience, elle s'est mise au service d'entreprises de destruction industrielle. En outre, ne vise-t-elle pas désormais à une réinvention artificielle du monde ? La technoscience, ingénierie sans limite de la réalité, s'édifie aujourd'hui sur une résignation implicite qui veut réinventer l'être humain.
    Ce livre, s'il se veut une mise en garde contre les dévoiements de la science, est aussi un acte de confiance en celle-ci. La science, parce qu'elle est « co-naissance », est le savoir qui nous permet de naître et de re-naître sans fin. Elle élève l'être humain plutôt qu'elle ne le nie. À travers deux grands thèmes : la science et le pouvoir, et la science et la puissance, l'auteur souhaite redonner à la science, un idéal humaniste.

  • La terre est une legende

    Michel Faucheux

    • Oxus
    • 27 Septembre 2007

    Newton croyait fermement que dieu avait livré ses secrets à quelques élus et que ce savoir primordial, perdu puis en partie retrouvé.
    Avait été incorporé aux fables et aux mythes. trois siècles plus tard se pose toujours la question de savoir quelle part de vérité contiennent les récits venus de l'imaginaire des hommes. la parenté qui parfois se tisse entre certains mythes et les découvertes scientifiques est-elle seulement de pure coïncidence ? faut-il penser que les mythes constituent, au-delà de leur vérité symbolique. un mode de connaissance de la réalité ? la science et le mythe sont-ils deux modes d'accès au mystère du monde ? et l'imagination ne stimule-t-elle pas la raison plutôt qu'elle ne la contredit ?.

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