• Onze études sur la poésie moderne
    Pierre Reverdy, Saint-John Perse, René Char, Paul Éluard, Georges Schehadé, Francis Ponge, Guillevic, Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Philippe Jaccottet, Jacques Dupin.
    Quel est le projet de ces études ? Saisir la création littéraire à son origine, surprendre la conscience poétique au moment où elle se découvre à elle-même dans l'aventure d'un monde et d'un langage. Pour chacun des poètes considérés, l'auteur a tenté de dessiner les grandes lignes de son univers imaginaire : système de sensations favorites, de formes préférées, d'images récurrentes – paysage mental né du paysage réel, et l'inventant cependant, le réarticulant dans un espace neuf de mots et de choses.
    Jean-Pierre Richard
    Professeur, de 1969 à 1984, aux universités de Paris-Vincennes puis de Paris-Sorbonne, critique littéraire influencé par la phénoménologie et la psychanalyse, il a introduit la matière et la sensation dans les études littéraires.

  • Nul, au temps de Shakespeare, n'a su autant que lui transmuer l'obscénité verbale en énergie dramatique, jusqu'à produire sous l'intrigue officielle de ses pièces un tout autre spectacle, fait des péripéties salaces du langage lui-même.
    C'est à cette production parallèle, à cet autre théâtre, le plus souvent désopilant, que nous sommes invités à assister ici. On y découvre un pan méconnu du génie créateur de Shakespeare. Car ce montreur d'hommes est aussi un pornographe hors pair, assurément le plus doué de sa génération. De sa première à sa dernière (39e ?) pièce, il a cultivé systématiquement une double entente saturée d'obscénité, qui va bien au-delà de la trouvaille ponctuelle, dans le cadre d'une véritable stratégie dramaturgique de l'équivoque.
    Ce voyage d'exploration pourra éclairer les anglicistes, les traducteurs ou les gens de théâtre. Il se lit aussi comme un recueil des mille et un contes grivois qui composent, pourrait-on dire, le Décaméron de Shakespeare.

  • Personne n'a oublié ce 4 juin 2007, lorsque toutes les télévisions du monde interrompirent leurs programmes pour diffuser l'incroyable nouvelle : «L'avion du président de la République française vient de disparaître des écrans radar au-dessus de l'Afrique équatoriale.»
    Au bout de cinq semaines, on abandonna les recherches. Il était évident que le Président et sa suite de ministres, d'hommes d'affaires et de journalistes avaient été engloutis à jamais par la forêt primaire.
    On décréta un jour de deuil national et la vie reprit son cours.
    Nous sommes en mesure de vous révéler aujourd'hui les singuliers événements qui suivirent le crash de l'avion présidentiel.
    À travers le regard goguenard des habitants de la brousse, Le Président du Marigot raconte l'extravagante aventure de ces élites de la nation qui prétendent régir le monde et sont incapables de dépecer un singe...

  • Imaginez votre stupéfaction en découvrant un beau jour que vos enfants sont la réincarnation de votre grand-père et de votre grand-tante qui sont aux cieux depuis bien longtemps ! Et tout ça par la faute d'un ange stagiaire qui a interverti la mémoire des enfants et celle de leurs aïeux... Les bavures divines existent et cette étrange aventure survenue dans une paisible petite ville des bords de la Gironde en est la preuve...
    Avec ce récit original, drôle et tendre, Jean-Pierre Richard brosse un portrait décapant de notre société à travers le regard de deux enfants centenaires.

  • Après plus d'un demi-siècle d'exégèses, Mallarmé reste pour nous tout aussi énigmatique et fascinant. Cette énigme, cette fascination, Jean-Pierre Richard s'est proposé, non point de les expliquer, mais de les comprendre. Il a adopté pour cela une perspective assez nouvelle : tout en utilisant avec un soin minutieux les résultats de l'érudition mallarméenne, il a voulu, selon les procédés de la critique moderne, retrouver, en profondeur, les formes essentielles, les structures ou "motifs" dominants autour desquels Mallarmé a pu rêveusement constituer son univers.
    Ces motifs il les a recherchés dans les "en-dessous" de l'imagination et de la sensibilité ; ainsi, en même temps que se constitue un véritable musée imaginaire, s'esquisse une psychanalyse des matières favorites de Mallarmé : glaces, feux, gazes, écumes, eaux limpides... ou des ses formes préférées : jets d'eau, corolles, ongles, feux d'artifice... On saisira à travers les pages de cet essai l'intention poétique d'objets fétiches tels qu'éventail, miroir, danseuse, lustre, grotte, diamant, foule ou papillon ; on apercevra la signification des rythmes, des essences dynamiques : ainsi le fané, le déchu, le jaillissement, l'aller-retour, le suspens ; des modes d'expression : mot, vers, poème, livre, à travers lesquels se poursuit un même projet existentiel. Ce projet, à qui vise-t-il exactement ? Quels sont le but, le message final de la poésie mallarméenne ?
    Il a semblé à l'auteur de Poésie et Profondeur et Littérature et Sensation que Mallarmé était plus simple, plus ingénu qu'on ne le dit souvent, ou du moins qu'il tendait de tout son raffinement à la découverte d'une telle transparence : le vrai bonheur mallarméen n'étant pas celui d'un vide en lequel l'univers voudrait s'anéantir, ni celui d'une éternité sans forme ni saveur, mais celui d'une vie qui jouirait en toute conscience, en tout savoir, de la seule grâce qui lui soit évidemment accordée, celle de vivre.

  • La poésie moderne "enfonce" le monde et l'esprit pour y appréhender un sens enseveli. Elle naît de la profondeur multiple ; elle la mime, l'anime et l'opère, comme physiquement, par le jeu de son langage.
    Ces essais, consacrés aux œuvres de Nerval, Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, s'efforcent de saisir un moment originel de la création littéraire. Ils tentent d'analyser les quelques bonheurs d'expression à travers lesquels tout écrivain découvre sa voix et sa vérité d'homme.

  • Balzac, Hugo, Lamartine, Vigny, Musset, Guérin, Sainte-Beuve : pour chacun de ces grands écrivains romantiques, Jean-Pierre Richard a voulu dessiner le paysage qui lui était propre : ce monde singulier de sensation, de rêverie, d'écriture, où se retrouve, chaque fois différent, le plaisir de la lecture.
    Pour la phénoménologie, a-t-on dit, "les sens ont un sens" : si elle a raison, c'est bien ce "sens des sens" que ces études tentent de repérer, d'amener progressivement au jour.

  • On se représente souvent l'Iran comme un empire des Mille et une nuits qu'une révolution aurait fait sombrer dans le Moyen Âge. Cet ouvrage en donne une image moins simpliste, celle d'un pays qui a réussi à se libérer de la tutelle de l'Occident alors que ses richesses en pétrole en avaient fait l'objet de toutes les convoitises. Celle d'un pays à la civilisation plusieurs fois millénaire, mais à l'identité complexe puisque les non-Persans y forment près de la moitié de la population. Un pays, enfin, dont l'histoire, depuis la Seconde Guerre mondiale, n'a cessé d'avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières, et qui est parvenu à s'imposer comme puissance régionale.
    Tout au long du XXe siècle et jusqu'à nos jours, l'Iran a surmonté tant bien que mal de nombreuses crises qui, paradoxalement, lui ont permis de se construire une nouvelle identité. Les aspirations démocratiques sous les Qâjar, l'autoritarisme réformateur de Rezâ Shâh, le nationalisme intransigeant de Mosaddeq, les ambitions modernisatrices de Mohammad-Rezâ Shâh, l'obsession de revanche et les conceptions populistes de Khomeyni et de ses émules ont amené le pays à de douloureuses transitions dont certaines ont constitué de véritables révolutions : mouvement constitutionnaliste, nationalisation des pétroles, réforme agraire, urbanisation, soulèvement islamique.
    Loin d'être une survivance du passé, l'Iran apparaît aujourd'hui comme un laboratoire des évolutions du tiers-monde. Alors qu'il doit faire face à de nouvelles menaces à ses frontières, il affiche plus que jamais sa volonté de faire entendre sa voix sur la scène internationale, non sans mêler provocations inutiles et revendications légitimes.

  • Le livre qui a fait débuter des milliers de nouveaux utilisateurs avec Linux
    Linux est un système d'exploitation libre et gratuit ! Alors libre à vous d'essayer ce système stable et évolutif et pourquoi pas de l'adopter. Ce livre est le parfait manuel de survie de tout utilisateur néophyte de Linux. De la préparation d'un PC pour Linux, en passant par l'installation, la configuration des périphériques et des connexions Internet, vous découvrirez tout ce qui fait de Linux un système à part mais tellement performant dans le monde du PC. Vous apprendrez également à utiliser GNOME (qui n'est pas un petit être maléfique), la superbe interface graphique de Linux. Vous découvrirez dans ce livre les toute dernières distributions Mandriva et Fedora qui sont à ce jour les plus simples à implémenter mais aussi les plus fiables.

  • Ce livre est un précis d'histoire agricole française. Il étudie l'évolution de l'agriculture en France depuis les origines jusqu'au vingtième siècle, les périodes pré et postrévolutionnaires, les progrès agricoles des dix-neuvième et vingtième siècles, la création de l'enseignement agricole et le rôle de la femme dans l'agriculture. Un "panthéon" des agriculteurs est aussi proposé.


  • L'enjeu des agricultures est aujourd'hui de produire en réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, sur des espaces agricoles limités où doivent être préservés la biodiversité, la qualité des ressources, les sols, les eaux, l'air... Cet ouvrage collectif, publié à l'occasion des vingt années d'existence du département Environnement et Agronomie de l'Inra, fait le point sur les avancées réalisées dans ce sens.


  • Et la voilà, l'étoile qui me guide en toutes circonstances : le rêve. Pour moi, la vie est un gros gâteau, avec des tranches de réalité et des tranches de rêve. Ce sont ces dernières que j'avale avec le plus d'appétit, et ça depuis l'enfance.
    Bien sûr, au fil des temps, j'ai abandonné l'idée d'être Tarzan ou Geronimo, et après quelques années de latence, j'ai trouvé, après avoir découvert Danny Kaye, le « truc » : devenir acteur. Ainsi, je pouvais continuer à poursuivre mes rêves d'enfance, jouer à être un autre. Vivre mille aventures à travers les personnages que j'interprétais. Je suis devenu publiciste, avocat, assistant social, psychanalyste, mais à ma façon. Seulement voilà, être comédien, c'est quoi ?
    Donner vie à des personnages que vous n'êtes pas, avec le plus de réalisme possible, de vérité surtout. Et paradoxalement, c'est toujours moi qu'on retrouve derrière ces personnages et non le contraire. C'est peut-être pourquoi j'ai toujours douté d'être un comédien. C'était toujours moi, confronté à des situations comiques : distrait, inadapté, malchanceux, timide.

  • Parlant d'un écrivain, qu'appellerons-nous son paysage ? D'abord l'ensemble des éléments sensibles qui foment la matière et comme le sol de son expérience créatrice. Ce décor peut, on le sait aujourd'hui, être interprété. Chez Chateaubriand par exemple, à travers la hantise du vide, le sentiment d'un objet inconsistant ou effrité, la recherche des écarts, des déhiscences, à travers aussi les images obsédantes du père, du roi, de la soeur, on lira les grandes lignes d'un projet : celui d'être, comme il l'écrit lui-même, un "homme de la mort" et "aimé d'elle", membre de ce "troupeau choisi qui renaît".
    Mais comment renaître d'un néant qu'on a dès l'abord élu pour sa demeure ? En se fabriquant certaines figures concrètes de réanimation du négatif (ici l'écho, la provocation sensible, l'effluence, le souvenir, l'histoire). Et surtout en écrivant. Car tout grand écrivain meurt et renaît par la littérature. Voici que s'offre alors un deuxième sens possible du mot paysage : le paysage d'un auteur c'est aussi peut-être cet auteur lui-même tel qu'il s'offre totalement à nous comme sujet et comme objet de sa propre écriture. C'est en somme cet espace de sens et de langage dont le critique essaie de manifester la cohérence unique, de fixer le système, - sans avoir pourtant jamais fini d'y cheminer.
    Jean-Pierre Richard

  • Pages, paysages : les divers essais ici rassemblés obéissent, comme ceux qui les ont précédés, à un désir double. On y tente une lecture qui se fonderait à la fois sur l'essence verbale des oeuvres littéraires (ce qui les constitue en pages), et sur les formes, thématico-pulsionnelles, par où s'y manifeste un univers singulier (ce qui les organise en paysages). Ajoutons que, dans leurs dispositifs littéraux, leurs reliefs ou pentes d'écriture, les pages peuvent se contempler comme des paysages; et les paysages à leur tour, à travers leurs configurations sensorielles, leur logique, leur ordre secret, se comprendre, se lire comme autant de pages.
    témoignent ici quelques pa(ysa)ges de Baudelaire, Corbière, Laforgue, Flaubert, Huysmans, Segalen, Perse, Colette, Giono, Gracq, Ponge et Barthes. Plus un dernier texte non moins subtil : celui que tracent, à même le sol, sous les platanes, la course et le choc de quelques boules en quête d'un même bouchon.

  • Voici un petit livre consacré à quatre écrivains d'aujourd'hui : deux d'entre eux, Pierre Michon, Pierre Bergounioux ont fait l'objet déjà d'une large reconnaissance. Deux sont encore à découvrir : Yves Bichet, Dominique Barbéris. Entre eux, bien des différences, certes, mais un aspect commun aussi : le lien original, singulier et comme fondateur que leur oeuvre réussit à établir entre invention verbale et saisie de ce que Merleau-Ponty nommait chair du monde. La pensée y vit au vent des choses. La littérature ne se contente pas de s'écrire : on dira, avec un philosophe moderne, qu'elle s'excrit.
    J.-P. R.

  • Pierre, impuissant face au temps qui passe, regarde l'amour que sa femme lui porte se dissoudre et s'échapper entre ses doigts, comme le sable poussé par le vent.
    Pourtant, la sensualité d'Adeline le subjugue toujours autant. Il n'est malheureusement pas taillé pour se battre contre les émotions qui le bouleversent et qu'il ne comprend pas.
    De plus, il y a ces nouveaux voisins qui arrivent, peut-être juste au mauvais moment, dans une période où, justement, Adeline doute. Naufrage des sentiments.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Avec son premier roman intitulé Le temps ne fait rien à l'affaire, Pierre-Michel Richard exprime tout l'amour qu'il a pour les humains et pour la littérature.

  • This book describes different theoretical models developed to identify the near and mid infrared (IR) spectra of diatomic molecules isolated in the gas phase or subjected to environmental constraints, useful for the study of environmental sciences, planetology and astrophysics. The applications presented show how molecular interactions modify the near and mid IR spectra of isolated diatomics under the effect of pressure, a nano-cage (substitution site, Clathrate, Fullerene, Zeolite) or surfaces, to identify the characteristics of the perturbing environment.

  • Je n'ai pas eu la chance d'avoir une enfance misérable et je ne peux pas me targuer de m'être fait à la force d'un poignet solide ; je suis aristocrate et j'ai vécu dans un château. Je peux seulement me vanter de m'être défait moi-même pendant longtemps. Mon premier grand-père était un immigré italien qui parlait à peine le français, et mon autre grand-père, un polytechnicien très à cheval sur les principes, alors que moi, en principe, je n'étais à cheval sur rien. J'errais tout simplement : dans les allées d'un parc trop grand, sur une pelouse au pied des corons, au milieu des dortoirs glacés, à l'intérieur des limousines ouatées, dans les jupes de dames altières et, pendant l'occupation, le long des gares en flammes. Je pratiquais en vrac le baisemain et le braconnage, le bridge et la trompette. J'errais surtout à la recherche d'un père toujours absent et d'autant plus magnifique. "Qu'est-ce qu'il a cet enfant ?" "Il est tout pâle." J'avais tout simplement le mal de Père. Pierre Richard

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De véritables histoires, avec une situation de départ, une action, des caractères, et un dénouement, celui-ci laissant toutefois du champ à l'imagination une fois le livre fermé : voilà ce que réclament souvent les lecteurs d'aujourd'hui. Exigences redoutables, mais qui ne peuvent que tenter un nouvelliste. Dans ce volume, Pierre-Maurice Richard présente dix récits de tonalités différentes, allant de la tension dramatique à la fantaisie humoristique, de la gravité de l'adagio, à l'enjouement de l'allegro. On passera ainsi du climat inquiet - ou angoissé - qui caractérise « La falaise », « L'affrontement », « Le visiteur » ou « La menace », à l'observation ironique qui domine dans « La tribu », « Ma Mère-Grand » ou « Le cigarillo » ; de la comédie moqueuse de « À sept heures pile », à la satire impassiblement délirante du « Gourou du ballon rond ». Dans toutes ces nouvelles, où l'emploi fréquent de la première personne ajoute à la force de conviction, sans qu'il s'agisse pour autant d'oeuvres autobiographiques, le dialogue joue un rôle essentiel. On découvre peu à peu les personnages, en les écoutant parler et, parfois aussi, en interprétant leurs hésitations ou leurs réticences. On sent que l'auteur a déjà écrit pour la scène et pour la radio.

  • De véritables histoires, avec une situation de départ, une action, des caractères, et un dénouement, celui-ci laissant toutefois du champ à l'imagination une fois le livre fermé : voilà ce que réclament souvent les lecteurs d'aujourd'hui. Exigences redoutables, mais qui ne peuvent que tenter un nouvelliste. Dans ce volume, Pierre-Maurice Richard présente dix récits de tonalités différentes, allant de la tension dramatique à la fantaisie humoristique, de la gravité de l'adagio, à l'enjouement de l'allegro. On passera ainsi du climat inquiet - ou angoissé - qui caractérise « La falaise », « L'affrontement », « Le visiteur » ou « La menace », à l'observation ironique qui domine dans « La tribu », « Ma Mère-Grand » ou « Le cigarillo » ; de la comédie moqueuse de « À sept heures pile », à la satire impassiblement délirante du « Gourou du ballon rond ». Dans toutes ces nouvelles, où l'emploi fréquent de la première personne ajoute à la force de conviction, sans qu'il s'agisse pour autant d'oeuvres autobiographiques, le dialogue joue un rôle essentiel. On découvre peu à peu les personnages, en les écoutant parler et, parfois aussi, en interprétant leurs hésitations ou leurs réticences. On sent que l'auteur a déjà écrit pour la scène et pour la radio.

  • « Faire statue » : voici le thème qui inaugure le 30e anniversaire d'Espace art actuel. Il s'agit de mettre en lumière des actes performatifs s'appropriant certains aspects de la statuaire, des années 1960 aux oeuvres les plus contemporaines. Pourquoi cette fascination prégnante pour le corps immobile? Quels fantasmes révèle-t-elle? Quels rapports entre action et inaction? Sept auteurs s'emparent du sujet. Défis d'endurance de la statuaire, effet comique du corps-sculpture, réminiscences des mythes de Pygmalion et de Galatée, correspondances entre le corps humain et l'objet : autant de thèmes fouillés à travers l'analyse de corpus précis, d'hier à d'aujourd'hui. En entrevue avec Sylvie Tourangeau, les artistes Julie Laurin, Victoria Stanton et Nicole Panneton, qui déambulent et justement « font statue » dans l'espace public, s'expriment aussi sur leur pratique. Vous trouverez également dans ce numéro d'hiver d'Espace les habituels comptes rendus d'expositions ainsi que des recensions de livres.

  • La science moderne réalise de véritables prodiges en matière de procréation. Une grand-mère porte et met au monde les triplés de sa fille. À l'inverse, une jeune célibataire se charge de fabriquer le descendant que sa mère remariée ne peut donner à son second époux. Une femme sans ovaires parvient à concevoir. Grâce aux banques de sperme, un mort peut continuer à faire des enfants à sa veuve. Quant aux bébés, ils accomplissent, eux aussi, de sensationnels exploits. Certains viennent au monde sous l'eau et peuvent ensuite y évoluer ou dormir en flottant à sa surface. Au Better Baby Institute de Philadelphie, des bambins de moins de trois ans étudient les mathématiques, les langues étrangères, la musique. Voilà les cas incroyables, mais vrais, que la presse nous signale. Mais que se passe-t-il ensuite ? Le journaliste, qui doit s'en tenir aux faits, ne peut évidemment pas le dire. En revanche, le romancier peut l'inventer. C'est donc une véritable biographie imaginaire que Pierre-Maurice Richard entreprend ici d'écrire, lorsqu'une « fantaisie de la nature » fait naître Eugène Adam - un être hors-série, doté d'une programmation et de facultés à première vue inexplicables. Avec une lucidité volontiers moqueuse, l'auteur explore le mystère, puis relate toutes les étapes du fabuleux parcours de ce personnage d'exception, promis à un éminent destin, mais qui - malgré ses singularités et ses dons - demeure profondément humain et proche de nous. Pierre-Maurice Richard sait l'art de rendre crédible même « l'extra ordinaire » et entraînera le lecteur aux confins du réel et d'un fantastique qui garde toujours sa propre logique. Un roman, lui aussi « différent », où la drôlerie voisine avec le dramatique, l'humour avec la gravité, l'exubérance avec la sobriété et qui possède le secret de distraire, aussi bien que d'émouvoir.

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